Fiscal cliff : Ces millionnaires épargnés

Certains gagnants de la saga du « mur budgétaire » ont encore une fois passé sous le radar : les lobbyistes.
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Fiscal cliff : Ces millionnaires épargnés

Publié le 4 janvier 2013
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Certains gagnants de la saga du « mur budgétaire » ont encore une fois passé sous le radar : les lobbyistes.

Par David Descôteaux, depuis Montréal, Québec.

Tous les millionnaires américains ne vont pas souffrir suite à la récente entente entre démocrates et républicains. Certains gagnants de la saga du « mur budgétaire » ont encore une fois passé sous le radar : les lobbyistes.

Ceux-ci ont réussi, encore une fois, à soutirer un paquet de cadeaux pour leurs clients du big business. Le Wall Street Journal déballait jeudi le sac de cadeaux des pères Noël de Washington. En tout : près de 40 milliards $ en avantages fiscaux de toute sorte à des entreprises. Tout ça, bien sûr, en catimini. Les sénateurs — à majorité démocrate — ont même voté contre un amendement qui aurait permis d’afficher ces largesses et leurs bénéficiaires sur un site web du gouvernement, note l’article.

Hollywood en profite

Des millions pour les propriétaires de pistes de course Nascar — au grand plaisir des bonzes de l’International Speedway Corporation, entreprise propriétaire des courses de Nascar, qui a généré plus de 600 millions de revenus en 2010. Un rabais de taxe de 222 millions $ pour les fabricants de rhum. Des crédits de taxes pour entreprises dans des régions bien précises (qui ont souvent une importance politique pour un sénateur), dont profitent parfois des filiales de multinationales.

Le Wall Street Journal mentionne aussi le cas de Chris Dodd, cet ancien sénateur devenu lobbyiste à Hollywood. L’entente de cette semaine prolonge pour deux ans la provision permettant aux producteurs de télévision et de cinéma (des gens très pauvres, c’est sûr) de déduire leurs premiers 15 millions $ de dépenses, si ces coûts sont réalisés dans certaines régions aux États-Unis, cite le journal. Une belle victoire pour cet ancien politicien, aux dépens des contribuables américains.

Et bien sûr, les subventions et crédits d’impôt de toute sorte liés aux « énergies vertes ». Qui sont rapidement devenus, comme le souligne le Wall Street Journal, ce qu’on appellerait ici des « droits acquis ». Cette entente les reconduit. Ces largesses fiscales profitent notamment à des grosses entreprises comme General Electric ou Whirlpool.

Un bon investissement!

Ainsi va Washington. Que les élus soient démocrates ou républicains ne change rien à cette réalité. Dans la plupart des cas, c’est donnant-donnant. Les grandes entreprises contribuent énormément aux caisses électorales des candidats présidentiels, et des sénateurs. Et les retours d’ascenseurs sont fréquents.

Malheureusement, là-bas comme ici, on semble oublier une leçon fondamentale. Quand on laisse l’État intervenir toujours plus dans l’économie, on encourage la multiplication des lobbyistes. Plus l’État donne des subventions et impose des réglementations, plus le succès d’une entreprise dépend du gouvernement. L’entreprise va donc embaucher des lobbyistes pour assurer son succès. Surtout si son concurrent le fait déjà.

Pas pour rien que les dépenses en lobbying par les entreprises, syndicats et groupes d’intérêt aux États-Unis ont doublé depuis 1998. Et totalisent aujourd’hui quelque 3,5 milliards de dollars. Même en temps de crise — surtout en temps de crise! —, c’est payant d’avoir son homme dans les couloirs du Congrès…


Sur le web.

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