Falaise fiscale : la « séquestration » n’est que le premier pas

Qu’est ce que la falaise fiscale qui menace les Etats-Unis ? Comment l’éviter ? Avis d’experts à lire dans notre dossier spécial.

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Falaise fiscale : la « séquestration » n’est que le premier pas

Publié le 31 décembre 2012
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Qu’est-ce que la falaise fiscale qui menace les États-Unis ? Comment l’éviter ? Avis d’experts à lire dans notre dossier spécial publié en collaboration avec le magazine américain Reason.

Par Véronique de Rugy(*), depuis les États-Unis.
Article paru initialement sur Reason.com sous le titre The Fiscal Cliff.

Évolution de la dette fédérale américaine

Dès qu’il s’agit de résoudre nos problèmes de dette, il n’y a plus d’adultes dans la salle. Les Démocrates ne veulent pas de coupes dans les dépenses, mais ils veulent augmenter l’impôt sur les plus gros revenus. Les Républicains veulent diminuer les dépenses hors défense, mais veulent augmenter les dépenses de défense en gardant les impôts à leurs niveaux actuels pendant au moins un an. Mais, après quatre ans d’un déficit dépassant les 1 000 milliards de dollars, une dette qui vaut 100% du PIB, et des transferts sociaux qui consommeront bientôt la moitié du budget, ne pas tailler dans la dépense n’est plus une option.

C’est pourquoi les coupes de « séquestration » ne sont qu’un début. En fait, ce ne sont même pas du tout des « coupes ». Selon le CBO, sans la séquestration, les dépenses discrétionnaires croîtraient de 1 050 milliards à 1 230 milliards entre 2013 et 2021. Avec la séquestration, elles croîtraient de 1 050 milliards à 1 150 milliards.

Ce qui veut dire que passer par la « séquestration » n’est que le début. Ça n’entaillera même pas la taille de notre dette. Davantage de coupes seront nécessaires dans un avenir proche.

Et pourtant les deux partis s’opposent à la séquestration sur laquelle ils s’étaient mis d’accord. Les Républicains, en particulier, affirment que réduire la dépense militaire supprimerait un million d’emplois et contracterait significativement l’économie. Il faut prendre ces assertions avec un grain de sel. Des emplois seraient perdus comme conséquence de ces coupes, mais certainement pas autant que le chiffre qu’avance l’industrie militaire. Qui plus est, certains de ces emplois perdus seront compensés par une production accrue dans d’autres secteurs à mesure que les ressources se réallouent. Et quoiqu’il en soit, le ministère de la Défense n’est pas un programme d’aide aux chômeurs, et ne devrait pas être traité comme tel.

De l’autre côté, l’appel des Démocrates pour davantage d’impôt, mais uniquement sur les riches, devrait être compris davantage comme une posture politique que comme une proposition sérieuse. Même si l’impôt sur le revenu sur toutes les tranches de revenus pouvait remonter à ses niveaux de l’ère Clinton sans faire de mal à l’économie, les rentrées fiscales en seraient insuffisantes pour résoudre notre futur problème de dette.

Toutefois, une autre prolongation temporaire des baisses d’impôt ne feraient qu’ajouter de l’incertitude à une situation économique déjà lugubre. Plus encore, des politiques fiscales temporairement arrangeantes sont précisément le genre de décisions politiquement opportunistes qui ont mis le pays dans cet état de falaises fiscales perpétuelles.

Alors, que devrait faire le Congrès ? Les États-Unis ont un problème de dette. Des économistes ont enquêté sur les différentes manières dont d’autres pays ont tenté de résoudre des crises de la dette similaires. Une revue de la littérature révèle que la façon la plus prometteuse de réduire la dette sans tuer l’économie est de baisser les dépenses sans augmenter les impôts.

La bonne nouvelle, c’est que le Congrès a déjà passé une loi qui diminuerait la hausse des dépenses. Ça s’appelle la séquestration. Et lui permettre de prendre effet est bien le moins que le Congrès puisse faire.

(*) Véronique de Rugy, éditorialiste pour Reason, est senior research fellow au Mercatus Center de l’Université George Mason.

Traduction : Benjamin Guyot/Contrepoints.org

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