Pourquoi je suis contre le contrôle des armes

Le contrôle des armes n’a pas d’effet sur les taux de violence et de crime.

Le contrôle des armes n’a pas d’effet sur les taux de violence et de crime.

Par Peter Tucci (*), depuis les États-Unis.

Je viens de Californie. Je ne soutiens pas la NRA (National Rifle Association). Je ne possède pas d’armes, tout comme les membres de ma famille. Je n’ai jamais chassé. Je n’ai usé d’une arme à feu qu’une seule fois dans ma vie (accidentellement). Par principe, je ne suis pas contre les lois sur le contrôle des armes. Et, sincèrement, j’apprécie le maire de New York, Michael Bloomberg.

Tous ces faits font de moi un opposant improbable au contrôle des armes. Et pourtant c’est ce que je suis.

Le principal problème avec ces lois, c’est qu’elles ne fonctionnent pas. Le criminologue Gary Kleck de l’université d’État de Floride, politiquement orienté à gauche et ex-partisan des réglementations susdites, a étudié les armes et leur effet sur la violence et le crime depuis 1976. Il a découvert au cour de ses recherches que les règles n’ont pas d’effet sur les taux de violence et de crime, puisque les avantages de la détention d’armes généralisée annulent ses coûts.

Il y a plusieurs bénéfices à la légalisation du port d’armes. Premièrement, elles dissuadent les criminels. Les cambrioleurs sont moins enclins à voler des maisons ou des bureaux occupés dans des pays aux taux de possession d’armes élevés, probablement parce ce qu’ils ne veulent pas se faire tirer dessus. Les armes à feu permettent également d’équilibrer le rapport de force entre agresseurs et victimes, qui sont souvent plus vulnérables. Comme le dit Kleck, « on dénombre entre 600 000 et 1 million de cas d’usage d’armes à feu dans un but défensif chaque année, approximativement le même nombre que celui des crimes commis avec des armes. » Et contrairement à une croyance populaire, les personnes se défendant avec une arme ont moins de chance d’être blessées que des personnes désarmées.

La théorie de Kleck selon laquelle les lois ne permettent pas de réduire le crime – qui fut corroborée par d’autres universitaires – est cohérente avec le fait que le taux de crime violent aux États-Unis n’a pas cessé de diminuer depuis les années 90 même si les obligations comme celles sur l’interdiction des armes d’assaut et l’interdiction des armes de poing de Chicago ont expiré ou ont été abrogées. Aujourd’hui, les crimes et délits sont plus répandus en Europe Occidentale qu’aux États-Unis.

Les contraintes légales vaudraient la peine d’être appliquées si elles permettaient de destituer les criminels de leurs moyens, ou au moins de les obliger à utiliser des armes moins dangereuses. Mais elles n’y parviennent pas pour deux raisons.

Tout d’abord, les criminels obéissent rarement à la loi. Des études montrent que la plupart des malfaiteurs acquièrent leurs armes grâce à leurs contacts ou par le vol, ce qui signifie qu’ils sont capables de contourner les homologations et autres restrictions bien intentionnées. Adam Lanza, le « tireur de Sandy Hook », avait volé à sa mère les armes qu’il a utilisées.

Ensuite, il y a près de 300 millions d’armes à feu privées aux E.U. Même si le Congrès passait une loi bannissant la vente de toute arme à feu dès demain – ce qui violerait le second amendement – il faudrait des siècles pour que la quantité d’armes décroisse significativement, particulièrement en ce qui concerne les armes toujours opérationnelles 100 ans ou plus après qu’elles aient été produites. Il faudrait que le gouvernement soit en mesure d’éliminer cet immense stock d’armes, en sachant qu’un programme de rachat n’irait pas bien loin et que la confiscation pure et simple est interdite par le quatrième amendement. Entre-temps, les armes illégales d’origines étrangères pulluleraient sur le territoire.

Les fidèles de la cause anti-arme évoquent les lois adoptées en Australie en 1996 comme une preuve que celles-ci fonctionnent. En fait, il est difficile d’affirmer si ces directives marchent en Australie. Les études aboutissent à des résultats différents, et tandis que le taux d’homicide en Australie a baissé depuis les années 90, il en va de même aux E.U. De toute façon, la comparaison n’est pas valable : le taux de possession d’armes personnelles était de 7% en Australie en 1996 contre 34% de nos jours aux États-Unis.

Je ne suis pas opposé à toute législation relative au port d’arme. Je pense seulement qu’il n’existe que quelques mesures qui ont du sens. La presse à scandale fait sans doute plus de mal que de bien. En général, le contrôle des armes ne garantit pas la sécurité des individus. Ce qu’il engendre, c’est d’envoyer inutilement des gens en prison et de voler aux citoyens respectueux des lois la dignité et la paix d’esprit que procure la détention d’armes.

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Article original publié par le Daily Caller le 17.12.2012. Reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur.
Traduction :Barem/Contrepoints.

(*) Peter Tucci est chroniqueur pour le Daily Caller.

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