Lettre ouverte des jeunes libéraux-radicaux suisses à Gérard Depardieu

Gérard Depardieu en 2010 au festival de Cannes

M. Depardieu, si d’aventure votre séjour belge devait vous déplaire, sachez que nous nous battrons toujours pour que la Suisse défende sa pleine souveraineté fiscale.

M. Depardieu, si d’aventure votre séjour belge devait vous déplaire, sachez que nous nous battrons toujours pour que la Suisse défende sa pleine souveraineté fiscale.

Par Philippe Nantermod et Maurus Zeier, depuis la Suisse.

Gérard Depardieu en 2010 au festival de Cannes

Monsieur Gérard Depardieu
Artmédia
20, Av. Rapp
75007 Paris
France

Berne, le 22 décembre 2012

Monsieur Depardieu,

Les récentes insultes dont vous avez fait l’objet suite à votre décision de quitter votre pays natal ont provoqué au sein de notre mouvement politique une profonde indignation. De manière constante, les jeunes libéraux-radicaux suisses se sont toujours engagés pour rejeter les ingérences incessantes du gouvernement français à l’encontre de la fiscalité de ses voisins ; en qualifiant de minable l’exercice de votre droit inaliénable à l’exil, le gouvernement hexagonal a gravement dérapé.

Ce n’est pas seulement votre droit au départ qui est remis en question par les remarques déplacées des ministres, mais aussi la souveraineté fiscale d’États tiers qui ont su gérer correctement leurs finances publiques contrairement à la France qui, depuis 1976, n’a plus connu un seul exercice bénéficiaire.

Depuis plusieurs mois, le nouveau Président Hollande et son équipe ministérielle tentent par tous les moyens possibles d’obtenir l’application du droit français à l’étranger, de faire les fonds de tiroir plutôt que d’entreprendre les vraies mesures d’économies que le bon sens impose. L’été dernier, il a même été question d’un accord prévoyant l’application indirecte des taux d’imposition des successions français en Suisse.

Les jeunes libéraux-radicaux suisses s’emploient à soutenir un État svelte qui permette l’épanouissement personnel et le droit de profiter de son travail. La France a choisi la voie de l’asservissement à un État vorace et pléthorique, nous préférons les libertés individuelles et la sobriété des collectivités. Ne pas devenir un enfer fiscal, pour reprendre une métaphore usée par les tenants du tout à l’État.

Aux yeux des jeunes libéraux-radicaux, les nouveaux taux d’imposition français, bien que démocratiquement adoptés, n’en demeurent pas moins spoliateurs et légitiment pleinement votre exil comme celui d’autres grands noms de la culture et de l’économie.

Si d’aventure votre séjour belge devait vous déplaire, sachez que nous nous battrons toujours pour que la Suisse défende sa pleine souveraineté fiscale. Ce que vous gagneriez en impôt, vous pourriez même l’apporter au cinéma suisse. La libre-circulation des personnes permet – et c’est une chance – une concurrence fiscale qui vous donne droit de choisir le lieu où vous voulez vivre, faire votre vie et payer vos impôts.

Face au nouvel impérialisme du gouvernement Ayrault qui réclame désormais une uniformisation fiscale et d’un fisc qui s’appuie sur des preuves obtenues illégalement (comme l’achat de listes de données bancaires volées), nous voulons que la Suisse reste une terre d’accueil pour celles et ceux qui défendent les valeurs de liberté, de protection de la sphère privée et l’État de droit.

En nous réjouissant de vous rencontrer sous nos latitudes, nous vous prions de croire, Monsieur Depardieu, à l’expression de nos salutations distinguées.

Philippe Nantermod
Co-président des jeunes libéraux-radicaux suisses

Maurus Zeier
Co-président des jeunes libéraux-radicaux suisses

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