Un camerounais voit sa peine de prison pour homosexualité confirmée

Le président camerounais Paul Biya, avec l'ambassadeur américain R. Niels Marquards (US Embassy Yaounde, libre de droits)

L’homosexualité continue à être condamnée dans de nombreux pays, certains comme le Cameroun allant jusqu’à condamner à trois ans de prison pour un SMS.

L’homosexualité continue à être condamnée dans de nombreux pays, certains comme le Cameroun allant jusqu’à condamner à trois ans de prison pour un SMS.

Par la rédaction de Contrepoints.

La cour d’appel de Yaoundé au Cameroun a confirmé aujourd’hui la peine de Jean-Claude Roger Mbédé, condamné à trois ans de détention pour « homosexualité » par la justice camerounaise. Âgé de 33 ans, il a déjà passé plus d’un an en prison. L’étudiant avait été arrêté en mars 2011 par les autorités camerounaises sur dénonciation de l’un de ses compagnons, à qui il avait envoyé des SMS dont un « je suis très amoureux de toi ». La loi camerounaise criminalise aujourd’hui encore les « comportements homosexuels ».

Si le jeune homme avait été libéré à l’été 2012 pendant la durée de son jugement en appel, il devra désormais retourner en prison afin de purger le reste de sa peine. La confirmation de la condamnation pour homosexualité a choqué, d’autant plus qu’elle venait après les propos d’un magistrat camerounais qui avait déclaré que les charges retenues contre Jean-Claude Roger Mbédé étaient « incohérentes » et « sans fondement ».  « Cette nouvelle est tragique pour Roger, et une honte pour l’ensemble du système judiciaire camerounais, a affirmé Michel Togué un de ses avocats, qui a également annoncé porter l’affaire en cassation.

Son traitement judiciaire a déclenché de nombreuses réactions internationales depuis les débuts de l’affaire. Human Rights Watch ou Amnesty International ont en particulier condamné dès 2011 les poursuites dont il est victime. Amnesty considère que c’est un prisonnier d’opinion. D’autres organisations, dont All Out, continuent à demander au président camerounais Paul Biya de lever les charges retenues dans ce procès et d’abroger les lois homophobes en vigueur au Cameroun. « Désormais, il revient à M. Biya de mettre fin aux lois homophobes et de faire relâcher les détenus condamnés pour homosexualité » a ainsi déclaré Andre Banks, Directeur exécutif d’All Out dans un communiqué.

Avant l’audience, les avocats de Jean-Claude Roger Mbédé (Alice Nkom et Michel Togué) ont déclaré avoir reçu des menaces de mort : « J’ai été menacée de mort par SMS et par mail uniquement parce que je m’obstine à vouloir faire respecter les droits humains, a expliqué Alice N’Kom. Mais je ne baisserai pas les bras. Les lois homophobes permettent de poursuivre des innocents au lieu de les protéger. Nous ne pouvons accepter cela. »

L’homosexualité continue à être condamnée dans plus de 70 pays à travers le monde.