Le droit à la vie, fondement des droits de l’homme

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.

Deux générations de droits de l’homme ont donné des droits à tous puis des devoirs à certains. Le « droit à la vie » restaure la liberté.

Deux générations de droits de l’homme ont donné des droits à tous puis des devoirs à certains. Le « droit à la vie » restaure la liberté.

Par Baptiste Créteur.

Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789

Les Droits de l’Homme sont considérés comme les fondements inaliénables de la liberté des individus. Les droits initialement reconnus comme fondements de la liberté individuelle sont régulièrement bafoués au titre de « droits à » introduits plus récemment ; Ayn Rand, par sa définition du droit à la vie comme unique droit fondamental de l’homme, apporte une réponse permettant à l’homme d’être réellement libre.

La première génération de Droits de l’Homme englobe les droits reconnus à l’issue des révolutions américaine et française et confère aux individus un certain nombre de libertés individuelles : liberté physique, sûreté, liberté de s’unir sur la base du libre consentement, propriété privée. Ces droits sont opposables à l’État ; sont également reconnus à ce titre le droit de réunion pacifique et le droit de résistance à l’oppression.

Par essence, les libertés individuelles sont incompatibles avec des droits ultérieurement reconnus comme droits de l’homme qui nécessitent l’intervention de l’État. Tout individu aurait un droit au travail, à une couverture sociale, à l’éducation… Issus des luttes socialistes, ces droits introduisent en réalité une dichotomie entre les individus qui ont une créance et ceux qui ont une dette vis-à-vis de l’État. La position d’un individu est déterminée par son besoin : la couverture sociale de ceux qui ne peuvent pas la financer eux-mêmes doit être financée par les autres. Contrairement aux droits de l’homme originels, les droits à requièrent la contribution d’une partie des citoyens au financement des droits des autres. Cette contribution, rendue obligatoire par le caractère universel et inaliénable conféré aux « droits à », est incompatible avec les libertés individuelles : quel est le sens de la propriété privée si un « droit au logement » instaure la possibilité d’une réquisition légale ?

Il faut revenir aux fondements des libertés individuelles pour comprendre que les « droits à » ne peuvent être légitime :

Un « droit » est un principe moral qui définit et sanctionne la liberté d’action de l’homme dans un contexte social. […] Le concept de « droit » s’applique uniquement à l’action – plus spécifiquement, la liberté d’agir. Cela signifie être libre de toute contrainte physique, de toute coercition ou immixtion par d’autres hommes. (Ayn Rand, « The Virtue of Selfishness« )

Ainsi, un droit ne saurait sanctionner autre chose que la liberté d’action d’un individu ; accorder légalement un certain nombre de prestations à chaque individu ne relève pas de leur liberté d’action et interfère avec la liberté d’action de ceux qui seront amenés à travailler pour leur permettre l’accès ces prestations.

Il n’y a qu’un droit fondamental (tous les autres sont ses conséquences ou corollaires) : le droit de chaque homme sur sa propre vie. La vie est un processus d’action auto-générée et auto-entretenue ; le droit à la vie signifie le droit de s’engager dans un processus d’action auto-générée et auto-entretenue – ce qui signifie : la liberté [pour chaque homme] de mener toutes les actions que requiert sa nature d’être rationnel pour la préservation, le développement, la réalisation et la jouissance de sa propre vie. (Tel est le sens du droit à la vie, la liberté et la poursuite du bonheur.)

[…] Le droit à la vie signifie qu’un homme a le droit de vivre de son travail (à tous les niveaux de l’économie, aussi haut que sa compétence lui permettra d’aller) ; cela ne signifie pas que les autres doivent lui fournir ce dont il a besoin pour vivre.

[…] Donc, pour chaque individu, un droit est la sanction morale positive – de sa liberté d’agir selon son propre jugement, pour poursuivre ses propres buts, par son choix libre et non contraint. En ce qui concerne son prochain, ses droits ne lui confèrent aucune obligation à son égard si ce n’est une obligation négative : s’abstenir de violer ses droits. » (Ayn Rand, « The Virtue of Selfishness« )

C’est sur la base des fondements des libertés individuelles, posés par le droit à la vie, que se déclinent les droits de l’homme. Ces droits ne confèrent aucune obligation aux hommes les uns vis-à-vis des autres, si ce n’est s’abstenir de violer leurs droits. Les droits de l’homme dans leur acception originelle ont permis de mettre fin à l’esclavage ; la reconnaissance postérieure d’autres droits comme Droits de l’Homme l’a réintroduit et lui a donné ses lettres de noblesse :

Le droit à la vie est la source de tous les droits – et le droit de propriété est leur seule application possible. Sans droit de propriété, aucun autre droit n’est possible. Dans la mesure où l’homme doit vivre de son propre effort, l’homme qui n’a aucun droit sur le produit de son effort n’a aucun moyen de vivre. L’homme qui produit alors que d’autres disposent de ce qu’il produit, celui-là est un esclave. (Ayn Rand, « The Virtue of Selfishness« )