La connaissance inutile

Dans les domaines de l’économie et de l’ingénierie sociale, c’est le règne de la « connaissance inutile » clairement dénoncée par J.F. Revel.

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La connaissance inutile

Publié le 17 novembre 2012
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Dans les domaines de l’économie et de l’ingénierie sociale, c’est le règne de la « connaissance inutile » clairement dénoncée par J.F. Revel.

Par Jean-Louis Caccomo.

Lorsque Marconi veut exploiter les ondes pour réaliser la première communication sans câble transatlantique, on utilisait le phénomène naturel des ondes pour transporter des points et des tirets (langage Morse). Aujourd’hui, en quelques clics, on envoie des SMS, des photos, du son et des vidéos.

Pour utiliser les premiers téléphones portables, il fallait transporter une batterie de 3 kg qui avait une autonomie de moins de 2 heures. Aujourd’hui, la batterie a la taille d’une carte SIM et assure plusieurs heures d’autonomie. Pareillement, les premiers lave-vaisselles brisaient les verres et rayaient les plats et ils étaient extrêmement bruyants. En quelques années, l’innovation incessante est passée par là.

Des encyclopédies ne suffiraient pas à faire le point des améliorations techniques qui ont transformé les ordinateurs, les téléphones portables, les automobiles, l’électroménager ou les avions [1]. J’y ai pourtant consacré une partie de ma thèse.

À chaque fois, les ingénieurs ont résolu des problèmes techniques que les scientifiques considéraient comme insolubles, ce qui nous permet d’utiliser tous les jours ces produits et services sans que nous soyons nous-mêmes des ingénieurs. C’est l’apport fondamental de la connaissance utile et du génie humain qui est sans limite.

Par contre, quand le génie humain s’engouffre dans les sciences humaines et sociales, c’est une toute autre histoire. Ainsi, les économistes officiels et les ingénieurs sociaux construisent des modèles toujours plus sophistiqués sur lesquels s’appuient les gouvernements pour mettre en œuvre des lois et des réglementations anti-économiques.

Là, c’est le règne de la « connaissance inutile » clairement dénoncée par J.F. Revel [2]. Elle est non seulement inutile mais fondamentalement nuisible. Car, parfois, il vaut mieux ne pas savoir du tout que mal savoir car le mauvais médecin achève toujours le patient qu’il prétend soigner.

—-
Sur le web.

Notes :

  1. Gille B. (1978), Histoire des techniques, Encyclopédie de la pléiade, Paris.
  2. Revel J.F. (1988), La connaissance inutile, Éditions Grasset, Paris.
Voir les commentaires (9)

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Créer un compte Tous les commentaires (9)
  • « génie humain qui est sans limite. »… à condition qu’il soit libre.
    Admettons que nous ayons eu un Bill franchouille manipant des trucs dans la garage à Papa, qu’est ce que nous aurions aujourd’hui ? Un président directeur général de Bull, tout au plus.

  • les économistes connaissent leurs modèles, ils ne connaissent pas la réalité

  • Un signe corroborant la déglingue de société liée à la connaissance inutile ?
    Il se constate par la proportion de jeunes en quête d’études Sup qui optent pour les « sciences dites humaines » … aux débouchés professionnels fortement bouchés ! Machine à fabriquer du chömage de masse parmi leurs diplômés ? Or que, dans le même temps, la proportion d’entre eux (européens) choisissant les sciences « dures » va décroissant : moins d’ingénieurs, sciences rigoureuses, sciences appliquées au sens large … c-à-d celle dont nos industries en déglingue ont un criant besoin !
    Dans le même temps, en Asie, en Russie, ailleurs ce sont là où se marquent l’option pour ces disciplines directement utiles. Paradoxal ? Quand nos politicards et nos jeunes comprendront, peut-être sera-t-il trop tard !

    • @Wolff

      C’est pas faux, d’autant plus que 20% des élèves des meilleures écoles d’ingé se tournent vers la finance; attirés par les établissements financier qui leur déroulent le tapis rouge dès la première année en promettant des salaires mirobolants et faciles

      • Facile ? Non, loin de la. La finance obéit aux lois du marché, y compris pour ses salaires : un quant ou un assistant trader jeune diplomé est mieux payé que son équivalent dans l’industrie car il sait que ses 8 semaines de congés ne sont qu’une vue de l’esprit car il ne pourra en poser que 3, qu’il sera à son desk tous les matins à 8h30 pour ne pas souvent partir avant 21h30. La même journée, son collègue chez Areva est arrivé une heure après lui et repart tranquillement à 18h.
        Ce sont des contraintes différentes qui entrainent donc un salaire différent. Il faut arrêter d’y voir un quelconque mystère

    • @The Wolff
      C’est faux de dire que « la proportion de jeunes choisissant les sciences dures va décroissant », vu que la proportion de bacheliers des filières scientifiques par rapport au total reste inchangée depuis toujours.

      Mais bon, il faut voir aussi la dégradation catastrophique du niveau en sciences de nos jours, il suffit de compter le nombre d’heures de maths enseignés dans les filières scientifiques.

      La science ayant toujours autant de prestige, les pédagogogistes n’ayant pas pu l’abattre de front, alors ils dénaturent son enseignement jusqu’à la caricature, en introduisant la développitude durable, un maximum de SVT et autres sciences molles.
      Depuis des années, on a fabriqué des fourneaux entiers de crétins, on ne fait qu’en subir les conséquences, maintenant et dans le futur.

      • Et ça vous étonne ? Nos politiques n’ont aucune formation scientifique. On va se retrouver avec des fournées de littéraires. Et pas des bons, hein. Non, non, des profs de latin ou de grec ancien. Des types qui ne connaissent pas le terme rentabilité. Pauvre France !

      • @miniTAX : Le bac S est de moins en moins scientifique lui même, et de moins en moins (en fraction, au moins) de bachelier S vont effectivement faire des études de sciences. La majorité ira sur les même rangs des facs de socio, psyco, pypeau et trolololo que ses camarades en ES ou L.
        Il est actuellement conseillé de faire S pour intégrer Science Po, par exemple.

  • Les sciences humaines et sociales ont adopté, à tort selon le philosophe H.G. Gadamer (Vérité et méthode, 1960), le modèle des sciences exactes triomphantes, à partir de Galilée. Or, elles sont d’essence herméneutique, l’homme réinterprétant sans fin la réalité qui l’entoure pour pouvoir s’y situer la comprendre en se l’appropriant, c’est à dire en en faisant sa propriété en regard de son expérience unique de la vie.
    On ne peut échapper à l’emprise de la perspective historique d’où l’on construit le modèle du monde qui se rapproche pour chacun de nous de la « réalité » et si certains parviennent à varier les lignes de perspectives (dont l’acceptation de la pluralité forme le socle du libéralisme), d’autres se refusent à envisager d’autres points de vue que celui de leur propre perspective et assignent à la vérité leur propre certitude.
    Oui, mais « qu’est-ce que la Vérité? » disait Ponce Pilate (voir la réponse de Nietzsche dans L’Antéchrist §46).

    Par ailleurs j’apprécie tout particulièrement votre référence à JF Revel, dont l’actualité est plus incisive que jamais, notamment Le Regain démocratique, et ses éblouissantes dernières pages.

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