Gallois, FMI : des rapports comme s’il en pleuvait

Au même moment sortent deux rapports de qualités bien différentes : les rapports Gallois et FMI. L’un sera oublié par le gouvernement et l’autre même pas évoqué.

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Gallois, FMI : des rapports comme s’il en pleuvait

Publié le 8 novembre 2012
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Au même moment sortent deux rapports de qualités bien différentes : le rapport de Louis Gallois et celui du FMI. L’un sera oublié par le gouvernement et l’autre même pas évoqué.

Par PA. Berryer.

Nous le savons la technique du gouvernement actuel est d’allumer des contre-feux afin de ne pas parler des choses sérieuses. Après le mariage gay, les élections américaines et une tournée à l’étranger viennent étouffer l’intérêt pour l’état délabré de notre pays. Voici pourtant l’occasion de revenir sur les rapports Gallois et FMI.

Une nouvelle concession au cimetière des rapports oubliés

Il est à peine paru que déjà le Rapport Gallois, officiellement « Pacte pour la Compétitivité de l’Industrie Française », semble promis au même sort que ses prédécesseurs Pébereau, Attali ou Perruchot : le plion ou plus simplement l’oubli programmé. Vous pouvez le consulter ici. Cependant j’ai retenu trois propositions qui me semblent tout de même pas trop mauvaises.

Tout d’abord la première proposition : le maintien, sans y toucher, d’un certain nombre de mécanismes : le crédit impôt recherche, les dispositifs dits « Dutreil » favorisant la détention et les transmissions d’entreprises, la contribution économique territoriale, les incitations « sociales » aux jeunes entreprises innovantes, rétablies à leur niveau de 2010, les dispositifs en faveur de l’investissement dans les PME, notamment « l’IR PME » et « l’ISF PME ».

Cela revient à maintenir des usines à gaz. Cependant quand on connaît l’incroyable instabilité du système fiscal français, la moindre pérennité d’une structure pour un temps donné (ici 4 ans) est en soi un progrès majeur. Cela facilitera, on l’espère, le travail des entrepreneurs. Si l’on pouvait rajouter à cela ne serait-ce que le gel de la fiscalité alors beaucoup d’espoirs naîtraient.

Ensuite la cinquième proposition sur les gaz de schiste, là c’est simple on revient sur l’interdiction idiote et politicienne de ne même pas tester des méthodes fiables d’exploitations. N’ayez aucun espoir le comité central de la minorité verte (2% des voix, même le PLD fait mieux) l’a déjà fusillée.

Enfin la seizième proposition sur le compte individuel de formation. Ce que je remarque est que l’on passe d’un compte lié au statut à un compte lié à l’individu. Rien que sémantiquement cela représente, à mon sens, une vraie évolution.

Bref rien de vraiment libéral, mais c’est le moins pire de ce que j’ai pu trouver. Cela dit le même jour sortait un rapport du FMI sur le même sujet.

Des rapports comme s’il en pleuvait

Régulièrement cette institution rend des rapports sur la situation des pays membres, vous trouverez le dernier sur la France ici. C’est déjà plus encourageant que le rapport Gallois. Après avoir douché l’optimisme de nos gouvernements sur les prévisions de croissance, le rapport propose trois axes : budget, marché du travail et stabilité financière.

Sur le premier j’avoue avoir été heureux : « 5. La qualité de l’ajustement budgétaire serait améliorée si l’effort entrepris reposait davantage sur une réduction des dépenses publiques. » et paf ; « 6. L’effort de réduction des dépenses publiques doit être entrepris à tous les niveaux (État, collectivités locales et administrations de sécurité sociale), en reposant sur une rationalisation des fonctions. » et re-paf.

Ce double combo m’a mis du baume au cœur : assister à cette remise en cause directe de la politique suivie depuis six mois en si peu de mot c’est tout même fort sympathique. Par la suite c’est moins heureux avec l’éloge de l’intégration de la « règle d’or », je pense que c’était pour faire passer la pilule de ce qui précède. On peut aussi envisager un éloge en mode off de la proposition de Sarkozy de « règle d’or » dont Lagarde a pendant longtemps été la ministre de l’Économie et des Finances.

Sur le marché du travail on va retrouver les bonnes recettes qui ont fonctionné ailleurs : renforcement de la concurrence, modération du SMIC, amélioration de la sécurité juridique (licenciement), etc. Pas de quoi casser trois pattes à un canard mais c’est une leçon d’économie de base que devrait écouter notre cher gouvernement. Un bémol : la baisse des cotisations pour renforcer la compétitivité, la proposition revient à instaurer la TVA sociale, ils n’ont décidément pas l’idée de simplement baisser au lieu de s’obstiner à vouloir « financer ».

Quand au dernier axe je dois avouer que je ne suis pas très compétent en la matière pour le juger. Cela me semble être un tissu de lieux communs mais je ne m’avancerai pas plus.

Conclusion : Ô rapport, mon beau rapport

Au même moment sortent deux rapports de qualités bien différentes. Bien que ni l’un ni l’autre ne soient parfaits, il faut reconnaître que celui du FMI est tout de même bien plus sérieux. Cela montre sans aucun doute que ne pas avoir fait l’ENA préserve la lucidité du sujet. À choisir je serai ravi de l‘application de celui de Madame Lagarde. Rassurez-vous, l’un sera oublié et l’autre même pas évoqué.

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  • Le rapport Gallois et le dispositif de crédit d’impôt ont fait avouer à Ayrault que la réduction des charges pour les entreprises avait pour but de créer 300 000 emplois (on peut discuter du nombre mais ce n’est pas le plus important).

    Désormais, grâce à Ayrault, l’Etat socialiste reconnaît officiellement que toute hausse des charges publiques d’un montant équivalent à 20 milliards d’euros revient à détruire sciemment, volontairement, sans aucune empathie pour les chômeurs victime du socialisme, bref haineusement, 300 000 emplois privés. Je vous laisse faire les calculs pour savoir combien de dépenses publiques sont nécessaires pour créer un peu plus de 5 millions de chômeurs (ou plutôt 8 millions si on compte les inactifs involontaires).

    Eh bien, enfin, nous y voilà ! C’est la première fois que les socialistes reconnaissent officiellement que les dépenses publiques détruisent des emplois, créent le chômage, contribuent au développement de la pauvreté.

    Venons-nous d’assister au début de la fin de l’Etat providence ?

    • Oui. Empiriquement j’ai l’impression que de plus en plus de français se rendent comptes que l’état providence est fondamentalement mauvais.

      Tant mieux.

  • Les commentaires sont fermés.

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