Bienvenue au royaume du million d’éléphants, M. le Président

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François Hollande s’est comporté comme un touriste politique en photographiant les éléphants rouges de Vientiane. De quoi s’indigner.

François Hollande s’est comporté comme un touriste politique en photographiant les éléphants rouges de Vientiane. De quoi s’indigner.

Un billet d’humeur de René Le Honzec.

Bienvenue au royaume du million d’éléphants, M. le Président.

Le royaume du million d’éléphants est le doux surnom historique du Laos, petit pays de cinq et quelques millions d’habitants, divisé en une cinquantaine d’ethnies dont essentiellement les Los, dominants, à la langue apparentée au thaï voisin. À la suite de la tourmente des guerres d’Indochine, le royaume du Laos est devenu la République  populaire démocratique du Laos, c’est-à-dire une dictature marxiste-léniniste tendance tropicale, avec son goulag copié sur le grand-frère vietnamien qui forme les cadres du parti, son parti unique Pathet Lao parfaitement corrompu (2,6 Transparency), ses guerres internes, ses incompétences récurrentes, son économie tiers-mondiste, etc.

Mais, il y a un an, le 27 octobre 2011, le colonel en retraite Robert Jambon, 86 ans, se tirait une balle dans la tête devant la pagode-mémorial de Dinan (22), dernier acte de guerre pour protester contre le sort réservé aux Hmongs du Laos. Ces peuplades montagnardes, aussi appelées Méos furent les farouches ennemis des Vietnamiens et des Laotiens, surtout communistes. 250 000 ont réussi à s’expatrier aux États-Unis, quelques milliers en France (Guyanne), après avoir mené une guérilla  désespérée, abandonnés de tous  depuis 1975.

En 2009, 4500 Hmongs sont extirpés par les militaires Thaïlandais de leurs camps de réfugiés pour être livrés aux communistes laotiens, « la communauté internationale indignée a protesté ». Le colonel Jambon aussi, a sa façon. Heureux anniversaire, M. le Président, pour votre visite en cette charmante verrue rouge.

Parangon de vertu, le Président normal qui a embrassé les roitelets de la Françafrique après avoir dénoncé les complaisances de son prédécesseur s’est comporté comme le touriste politique qu’il est en photographiant les éléphants rouges de Vientiane en pensant à ceux, roses, du Parti Socialiste. Lequel  aime tant se draper dans les Droits de l’Homme pour s’en approprier l’exclusivité, quitte à se torcher avec à l’occasion. Ainsi Tatie se pâmait pour les Kurdes, pas pour les Karens de Birmanie ou les Mosquitos du Nicaragua.

Indignez-vous ! Mais pas avec Hessel qui vient d’être nommé citoyen d’honneur de la Palestine, avec Jack Ralite, ancien ministre communiste. Comme ses cousins du Laos, la boucle est bouclée.