Pourquoi le libéralisme est une solution à la crise

Pourquoi le libéralisme est-il la solution à la crise demandait Pierre Chappaz à quelques blogueurs libéraux. Voici ma réponse.

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Pourquoi le libéralisme est une solution à la crise

Publié le 11 octobre 2012
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Pourquoi le libéralisme est-il la solution à la crise? C’est la question que posait récemment le blogueur Pierre Chappaz à quelques blogueurs libéraux. Voici ma réponse.

Par Le Minarchiste, depuis le Québec

Illustration tirée de Pulp Libéralisme, par Daniel Tourre

Premièrement, il incombe de spécifier que la crise dont Pierre Chappaz parle est la crise de la zone Euro et de ses PIIGS. Résumons d’abord les choses d’un œil objectif :

  • Lors de la création de l’Euro, certains pays qui devaient assumer des taux d’intérêt très élevés sur leur dette en raison de l’irresponsabilité fiscale de leur gouvernement se sont retrouvés à bénéficier d’un taux d’emprunt similaire à celui de l’Allemagne (i.e. beaucoup plus bas).
  • Un boum de crédit s’en est suivi. La consommation et l’immobilier ont été dopés à l’endettement.
  • Le gouvernement aussi a profité de la manne. Ses revenus de taxation ont augmenté en raison de cette activité économique accrue et il en a profité pour augmenter ses dépenses. Les déficits n’étaient pas un problème puisque les taux d’emprunt étaient attrayants.
  • Les autres pays, comme l’Allemagne, en ont eux aussi bénéficié car ceux-ci ont vu leurs exportations augmenter en raison de la demande provenant de ces pays dépensiers.
  • Les flux financiers entre ces pays ne pouvaient pas se rééquilibrer puisqu’ils partageaient la même monnaie. Donc l’Allemagne pouvait engendrer un surplus de sa balance commercial sans voir son taux de change augmenter et réduire sa compétitivité.

Puis, les choses ont mal tourné :

  • La bulle de crédit a fini par se dégonfler (comme elles le font toujours), emportant avec elle le marché immobilier et la consommation.
  • Les revenus de taxation des gouvernements ont chuté, amenant ces pays profondément en déficit.
  • Ces déficits ont été exacerbés par les sommes octroyées en secours au système bancaires défaillants.
  • Les investisseurs ont alors tourné le dos aux titres de dettes de ces pays, doutant de leur capacité à les rembourser.
  • Les PIIGS se sont alors retrouvés dans l’impossibilité de financer leurs déficits ni leurs échéances de dettes, les amenant en situation d’insolvabilité.
  • Les dépenses des gouvernements ont alors augmenté fortement en raison de la récession (en raison du filet social) et en raison de la charge d’intérêt plus élevée sur la dette.
  • Les gouvernements se sont alors mis à couper certaines de leurs dépenses et à augmenter les taxes et impôts (a.k.a. « mesures d’austérité ») pour tenter de rééquilibrer leur budget.
  • Ces dépenses ont largement affecté les transferts sociaux et les services publics, sans toutefois réduire la bureaucratie ou alléger les barrières structurelles de l’économie.
  • Par conséquent, ces coupures de dépenses et hausses de taxes ont eut comme effet de nuire encore plus à la situation économique déjà précaire.

Quelles sont les solutions libérales ?

Le meilleur moyen pour les PIGS d’améliorer leur niveau de vie est de créer de la richesse. C’est ça la seule solution durable à la crise. Les politiciens Européens doivent d’abord réaliser que leur conception de la richesse est erronée. La richesse ne résulte pas de la consommation financée à crédit. La richesse résulte de la production et pour produire, il faut des gens compétents et du capital productif (voir ceci absolument). Déployer du capital productif pour mettre les chômeurs au travail serait très bénéfique pour ces économies décimées.

Ceci dit, les Grecs, les Italiens, les Portugais et les Espagnols ne sont présentement pas en position d’accumuler du capital. Beaucoup de gens sont au chômage et les marchés financiers sont en perdition. Et ceux qui ont du capital inutilisé font face à un environnement trop incertain pour le déployer et à une économie paralysée. Il est important de comprendre qu’il est très difficile de faire des affaires dans ces pays très bureaucratisés et règlementés. Démarrer une nouvelle entreprise y est un vrai casse-tête (voir cette histoire extraordinaire par exemple). Il est presque impossible d’y renvoyer quelqu’un, donc les entreprises sont très hésitantes à embaucher. Que faire ?

Si le capital ne vient pas de l’intérieur, il devra venir de l’extérieur. C’est le cas en Irlande, qui s’en tire mieux que ses consœurs en raison de son environnement favorable aux investissements étrangers. Comment arriver à attirer ce capital? En réformant la structure de l’économie comme suit :

1) Réduction drastique de la bureaucratie étatique résultant en une baisse du nombre de fonctionnaires et de la paperasse (et des dépenses de l’État).

2) Facilitation du processus de création et d’exploitation d’une entreprise, incluant un allègement significatif de la réglementation et une ouverture tout-azimut au libre-échange.

3) Réduction du fardeau fiscal des entreprises.

4) Privatisation des sociétés d’État et des actifs de l’État et utilisation des recettes pour réduire la dette.

5) Libéralisation du marché du travail de façon à rendre les congédiement plus faciles (comme la flexi-sécurité du Danemark).

6) Sortie de la zone Euro (ce qui résulterait en un ajustement à la baisse des salaires réels).

Quelles seraient les conséquences ? Les PIGS se retrouveraient alors avec des salaires concurrentiels, un marché du travail flexible et un climat favorable au commerce international. Il serait alors facile pour les PIGS d’attirer des entreprises à investir chez eux. Ces investissements engendreraient des emplois durables qui feraient augmenter les recettes de l’État tout en faisant diminuer ses dépenses (parce qu’il y aurait moins de chômeurs et de dépendants de l’État) ; d’autant plus que la charge d’intérêt sur la dette diminuerait aussi (tant en raison d’une baisse du taux d’intérêt que d’une baisse du montant de la dette). Ces pays se retrouveraient alors sur une trajectoire de reprise économique soutenable.

—-

Sur le web.

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  • 1) Réduction drastique de la bureaucratie étatique résultant en une baisse du nombre de fonctionnaires et de la paperasse (et des dépenses de l’État).

    Je ne pense pas que la reprise sera immédiate; Si les entrerises s’installent dans ses pays ce ne sera pas instantanément. Il va donc y avoir plus de chomeurs qui devront être indemnisés (dépense suplémentaire) et consommeront moins (recettes qui baissent). L’Etat ne fera pas vraiment d’économies avec ça.

    2) Facilitation du processus de création et d’exploitation d’une entreprise, incluant un allègement significatif de la réglementation et une ouverture tout-azimut au libre-échange.
    Pourquoi pas? Mais d’où viennent ces réglementations. Du seul bon plaisir de l’Etat?
    3) Réduction du fardeau fiscal des entreprises.
    Entrainant un moins disant fiscal. Si un pays le fait ça va, sinon c’est la course. Donc finalement le taux d’imposition moyen va baisser sans qu’un pays en profite plus que les autres. C’est ce qu’à fait l’Irlande. C’est enfoncer les autres pour essayer de surnager.

    4) Privatisation des sociétés d’État et des actifs de l’État et utilisation des recettes pour réduire la dette.
    Vente à un prix forcément plus faible que le prix normal à cause de l’urgence. C’est une vision court termiste;

    5) Libéralisation du marché du travail de façon à rendre les congédiement plus faciles (comme la flexi-sécurité du Danemark).

    La flexi sécurité ça a aussi cout (enfin c’est un investissement). d’où va sortir l’argent pour la reformation et les couts du chomage? Ces etats n’ont déjà pas d’argent.

    6) Sortie de la zone Euro (ce qui résulterait en un ajustement à la baisse des salaires réels).
    Effet devastateur pour la population (pire que l’austérité peut-être) et donc recettes de l’Etat inférieur.

    La seule bonne solution pronée c’est réduire la complexité de la legislation mais question de bon sens: quelle complexité de la legislation: l’état a t-il décidé de lui même de saborder son pays?

    Le reste des solutions suppose des investissements. Mais pour des investissements il faut de l’argent ce que n’ont pas ces pays et ils ne l’auront pas seuls.

    • Vous avez bien raison. En fait, il manque d’Etat et d’Euro. Il en faut donc toujours davantage. Merci de nous avoir récité, en attendant, le petit manifeste du Parti Socialiste Français, tissus de crétineries qui n’ont pu jamais être vérifiées.

      • Où ai-je dit ça? Répondez à mes arguments plutôt.

        Ce que je dis c’est que c’est facile de dire que le libéralisme est une solution à la crise alors que pour l’appliquer il ne faudrait pas être dans la position des PIGS.
        Le libéralisme est vu comme une solution à long terme (pourquoi pas?) mais il se heurte à la réalité des marchés de la dette qui est ultra court termiste (à qui la faute d’ailleurs?)

  • Je suis d’accord sur tout l’article sauf :

    – sur le libre-échange total, pour moi il est clair que ces pays et le notre doivent prendre des mesures protectionnistes ciblées et mesurées sur l’import du monde entier qui noie notre économie, tuent nos emplois. (Quitte à enlever ses mesures quand ça va mieux, ce qui peut vite devenir le cas avec les mesures que vous énoncez dans l’article).

    – Sortir de l’euro, oui, mais pas seulement les PIGS, tous. L’euro doit être supprimé, chaque pays doit retrouver le contrôle de sa propre monnaie. (Quitte a garder un espace de coordination européen pour ajuster les monnaies).

    Pour tout le reste, je suis d’accord.
    Pour moi il faut être beaucoup plus libéral à l’intérieur, et faire l’inverse au frontières pendant un temps pour protéger les emplois. Cette combinaison me parait être la meilleure pour relancer la machine a court terme.

  • Les commentaires sont fermés.

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Un entretien mené par Matthieu Creson pour la la Revue Politique et Parlementaire. 

 

Pascal Salin est économiste, professeur émérite de l’université Paris-Dauphine, et fut président de la société du Mont-Pèlerin de 1994 à 1996.

Parmi les ouvrages qu’il a publiés, citons notamment La Vérité sur la monnaie (Paris, Odile Jacob, 1990), Libéralisme (Paris, Odile Jacob, 2000), Français, n’ayez pas peur du libéralisme (Paris, Odile Jacob, 2007), Revenir au capitalisme pour éviter les crises (Paris, Odile Jacob, 2010), La T... Poursuivre la lecture

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