Le printemps arabe ne fait que commencer

La rue arabe présente un risque d’embrasement. Mais les islamistes sont réfrénés par toute une série de contraintes.

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Le printemps arabe ne fait que commencer

Publié le 18 septembre 2012
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La rue arabe présente un risque d’embrasement. Mais les islamistes sont réfrénés par toute une série de contraintes.

Par Marc Crapez.

Manifestations contre le film américain «Innocence of Muslims».

Les manifestations qui secouent le monde arabo-musulman, de la Malaisie au Soudan, ne remettent pas en cause le bien-fondé et le bon déroulement de la sortie de la dictature, et de la longue marche vers la démocratie, qui ont débuté voici un an et demi, sous l’appellation de printemps arabe.

En dépit de l’irruption prévisible de partis islamistes, il y a lieu d’être raisonnablement optimiste. La sortie de la dictature s’effectue sans chaos. Le scénario pessimiste de la poudrière égyptienne se trouve démenti et pourrait le demeurer car c’est l’inattendu qui surgit dans l’Histoire.

Il n’existe pas véritablement d’islamistes modérés. Mais il y a des islamistes réfrénés. Par toute une série de contraintes. Aucune entité étatique ne semble sur le point de tomber dans l’escarcelle de l’islamisme. Celui-ci ne s’empare que de zones sahéliennes allant du Mali au Yémen. Le salafisme wahhabite ne parvient à fonder que d’éphémères émirats islamistes dans des contrées désertiques ou escarpées. Il ne représente donc pas une menace totalitaire. Même si l’islam en général et l’Iran chiite en particulier demeurent belligènes.

Distinguer la rue arabe de l’opinion publique

Une nouvelle fois, la rue arabe brûle des drapeaux américains et montre le poing à l’Occident chrétien. Cette rue arabe doit toutefois être distinguée de l’opinion publique ou du corps électoral, auxquels une dominante de bons pères de familles ou de jeunes femmes confère davantage de modération.

Ces attroupements d’émeutiers, composés notamment de jeunes hommes désœuvrés et de vieux fanatiques, ne sont pas représentatifs de l’opinion publique arabe qui aspire à la démocratie. Mais, a contrario, l’opinion publique arabe est travaillée par cet islam fondamentaliste qui, à la faveur d’un processus démocratique, peut s’emparer du pouvoir, à l’image de ce qui s’est passé dans les territoires palestiniens. Le risque est donc permanent que la rue arabe ne mette un pays à feu et à sang.

Face à cette situation, la majorité des élites occidentales renvoient dos-à-dos l’islamisme et une menace chrétienne-fondamentaliste, en commençant par déplorer la nullité du film en question. Cela exprime un lâche soulagement. Ces élites sont non seulement effrayées (comme tout le monde) par la rue arabe, mais sont même prêtes à lui offrir une victime expiatoire, en la personne d’une idéologie islamophobe que sécréterait l’Occident.

Ce parallélisme est captieux car les fondamentalistes chrétiens ne sont pas belliqueux. Ce ne sont pas eux qui cherchent à déclencher des lynchages ou des guerres. Ils cherchent à démontrer, au besoin par des provocations, que la rue arabe est redoutable, ce qui n’est pas faux, et qu’il ne peut y avoir de coexistence pacifique avec l’islam car il représenterait un danger de type totalitaire, ce qui est une opinion.

Il importe donc de dire, avant toute chose, non pas que le film en question est nul, mais qu’il est et doit demeurer sous la protection tutélaire du premier amendement de la Constitution américaine. Contrairement à ce qu’exigent la rue arabe, et même une partie de l’opinion publique arabe, les auteurs de ce film n’ont pas à être réprimés.

La seule chose qui fait du tort à l’islam, ce sont les musulmans qui montrent le poing à l’Occident. C’est en acceptant mentalement que la liberté d’expression comporte des atteintes blessantes à sa conception du sacré que l’opinion publique arabe fera un pas supplémentaire vers la démocratie.

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  • Article de bon sens, plein de mesure et de raison.

  • Y a-t-il besoin de contrepoints.org pour lire tant de poncifs largement véhiculés par les médias mainstream ?

    Analyse facile qui calque l’apprentissage de la démocratie arabe sur l’apprentissage occidental de cette même démocratie.

    Reste à savoir si cette grille de lecture est la bonne. C’est tout le débat

  • En effet, ce n’est que le début. L’Occident est parvenu à mettre au pouvoir des Islamistes, les provoque maintenant afin qu’ils attaquent partout dans le monde des ambassades américaines, pour confirmer le choc des civilisations. L’Occident face à la décadence économique répète exactement le processus des deux guerres mondiales : se créer un ennemi, (On sait aujourd’hui qu’Hitler était financé par Wall Street) entraîner la population dans la guerre. (on fait ainsi baisser la population, détruit le territoire ce qui induit une reprise économique rapide)
    Bref, la troisième guerre mondiale approche, les tensions entre la Chine et le Japon sont dans le même genre, Israël qui veut bombarder l’Iran…

    • Woah, vous croyez vraiment tout ça ?

      Comme le dit justement Marc, ce n’est pas « la civilisation arabe » qui proteste dans la rue, mais juste la frange frustrée et sans avenir que représente certains islamistes incapables d’accepter leur rôle secondaire dans l’Histoire. Ils lèvent le poing comme un petit enfant se roulerait par terre, et protestent seulement pour protester et se croire importants sur l’échiquier mondial. Ils n’ont aucun avenir. Voir en eux la graine du prochain conflit mondial c’est ne rien comprendre à la marche de l’Histoire.

      Je ne dis pas qu’un embrasement mondial est impossible, je dis juste que s’il se produit, il n’aura pas lieu là où vous semblez le croire. Regardez plutôt du côté de la Chine, en interne.

      • C’est plutôt toi qui n’a rien compris au sens de l’histoire. Le choc des civilisations aura lieu tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. L’immigration massive, c’est le jeu des sionistes qui veulent balkaniser les États nations comme la France en provoquant un conflit entre les communautés. Ensuite, tu me dis que les extrémistes n’ont rien à voir avec les musulmans authentiques, ce en quoi je suis d’accord, mais il faut alors se demander d’où ils viennent ces extrémistes, qui les a armer, mis au pouvoir et dans quel but ? Quant tu comprendras tout ça, t’auras saisi le sens de l’histoire.

        • Quelqu’un qui croit qu’une personne, qu’un groupe de personne ou qu’un réseau de groupes, puisse influencer consciemment la marche de l’Histoire, ça c’est risible, et je vous l’affirme en tant qu’Illuminati.

          Ces histoires d’islamistes qui seraient ‘civilisation’ par leur seule capacité de nuisance, c’est un leurre, une diversion, je le répète. Demandez-vous un peu à qui ces diversions profitent, mais au niveau inidividuel – ou à défaut, au niveau des intérêts de classe.

        • « L’immigration massive, c’est le jeu des sionistes »

          Ah ouais, des Juifs qui vont murmurer à l’oreille des émigrants musulmans la nuit j’en ai entendu parler. Le matin comme hypnotisé ils laissent tout tomber et partent sur les routes.

          Tout le long de la route y a des lutins sioniste invisible qui les piquent si ils ralentissent.

          C’est terrible ! Eux qui n’auraient jamais eu l’idée de troquer de mauvaises conditions contre de meilleurs les voila déracinés.

          • Tout cela est issu de cercles franc-maçon, héritage du Kabbalisme, qui tend parfois au Satanisme. Renseigne-toi toi aussi car tu as des faiblesses sur l’essence des concepts et l’Histoire des idées.

    • « On sait aujourd’hui qu’Hitler était financé par Wall Street »

      mince je croyais que c’était les mormons…

  • Merci pour cette réflexion. Un article qui aide à y voir clair. Distinction entre rue arabe et opinion très instructive.

    • Plus généralement il faut se poser la question des rapports de force.
      Et se garder de croire que les plus nombreux l’emportent – ce n’est vrai qu’en démocratie (et encore…).
      Les islamistes ont pour eux la peur et la cohérence de leurs arguments, totalement enracinés dans l’islam et ses textes; leurs adversaires sont obligés de puiser leurs arguments hors de l’islam, ce qui n’est pas rationnel, puisqu’une religion est par définition autonome.

  • le plus grand terroriste dans cette affaire est Obama qui fait arrêter le producteur du film et dévoile son identité à la presse

    • Attention, c’est pour un autre délit.

      Mais Oblabla est coupable du discours de 2008, qui est une capitulation devant la pensée islamiste, prononcée là même où avait été confirmé peu avant que l’apostasie de l’islam doit être punie de mort…

      Apaisement: Nourrir le crocodile en espérant être mangé le dernier (Churchill)

  • L’islam est effectivement un totalitarisme et les islamistes ont le dessus parmi les musulmans non seulement parce qu’ils inspirent la peur (à juste titre) mais parce que leurs arguments sont solides et « purs », endogènes, alors que ceux qu’on leur oppose son exogènes, ce qui est incohérent avec la notion même de religion (une religion est autonome).

    Sur la nullité du film: Elle accuse l’islam, puisque sur tout autre sujet d’importance comparable il y aurait déjà pléthore de films à gros budget. Cette nullité est en fait l’exacte mesure de la peur qu’inspire l’islam. Il ne mérite donc pas mieux.

    Au-delà du respect pour le sacré, l’islam agresse notre liberté de conscience, chrétiens ou non, en nous imposant un modèle humain qui est, selon notre morale, un monstre: Génocide des Banu Qurayza, lapidation de la femme adultère, pédophilie, viols, assassinats, tyrannie…

    Il n’y a pas d’intolérance, ni de racisme, ni de rejet de qui que ce soit, ni de dénigrement gratuit, mais une réaction face à une agression contre ce que nous avons de plus profond, de plus sacré: Notre vision du Bien et du Mal.
    Tout le problème est là.

  • La provocation islamique, symbole du renoncement de l’Occident

    Des musulmans se plaignent une fois encore d’une provocation qui leur aurait été faite. Cette fois c’est une série Z diffusée sur Youtube, la dernière fois, un Coran brûlé, la fois d’encore des caricatures de leur prophète… Mais la logique de la provocation aurait plutôt tendance à désigner l’islam comme LA provocation majeure actuellement.

    Burqas, voiles, minarets, halal dans les cantines, prières dans la rue, etc. : autant de provocations orchestrées par des musulmans, modérés ou non, si tant est que les musulmans modérés existent. S’ils existaient, ils manifesteraient massivement pour dénoncer les agissements insupportables d’autres musulmans moins modérés. Ils financeraient les gardes du corps d’apostats de l’islam. Ils militeraient pour la liberté de conscience, le droit à l’apostasie de l’islam. Ils se chargeraient de réformer l’islam en profondeur. On voit bien que les musulmans modérés n’existent pas. Pourtant, des musulmans et les grands médias veulent nous faire croire que ce sont les musulmans qu’on provoquerait, et non l’inverse.

    Voici une preuve de plus que l’Occident a perdu cette volonté de défendre son modèle civilisationnel, tandis que l’islam l’affirme de plus en plus. Imaginez : un minaret de 20 mètres est en train d’être construit à Poitiers, mais aucun kouffar ne se sent provoqué ? Des burqas se balladent encore à Paris et ailleurs en France malgré la loi l’interdisant, mais aucun Français non-musulman pour se sentir provoqué ? Des voiles, indiquant que des femmes sont réservées aux musulmans, et que l’islam est de plus en plus présent et décomplexé dans notre pays, se multiplient un peu partout sur le territoire, mais aucune association féministe ou antiraciste n’y trouve rien à redire ? On crie dans Paris qu’il faut s’en prendre aux juifs, et on prie dans la rue sur les Champs-Elysées, après une manifestation non-autorisée et appelant à la haine, mais cela ne provoque personne, même pas la police française, ou ce qu’il en reste ? Des banlieues entières sont inaccessibles aux policiers, aux pompiers, et il faut désormais que des « grands frères » accompagnent les médecins lors des visites de nuit dans les quartiers sensibles : “Et si des « grands frères » accompagnaient les médecins lors des visites de nuit dans les quartiers sensibles? C’est l’idée de deux habitants de Mantes-la-Jolie, Khalid Balfoul et Majid Eddaikhane, qui ont grandi au Val-Fourré. En s’inspirant d’associations telles que SOS Médecins, ces deux habitants de Mantes-la-Jolie ont voulu faire revenir dans leur quartier des médecins qui ont déserté la cité, victimes la nuit d’incivilités et de problèmes de sécurité.” Le Parisien, 13 septembre 2012

    Je propose une chose : jouons ce jeu du qui est le plus provoqué par l’autre, et l’islam se retrouvera rapidement perdant. Que se passera-t-il quand les voiles créeront des troubles à l’ordre public à cause de réactions plus ou moins légitimes ? Ou qu’une manifestation devant la mosquée de Poitiers pour dire stop à la provocation sera organisée ? Ou que des burqas seront localisables par tous sur une application Iphone et visualisables par tous ? Qui provoquera qui ? Et ces manifestations contre un film de série Z, ne sont-elles pas des provocations ? On voit bien qu’il s’agit de prétextes pour faire reculer un peu plus la République, ou ce qu’il en reste… La tester, encore et toujours, pour valider que les élites en place se couchent bien, comme en 38 à Munich devant Hitler. Mais qu’on ne s’y trompe pas, les premières victimes de l’islam, ce sont les musulmans.

  • Nos autorités sont plus émues par les provocations à l’égard des musulmans qu’à l’égard des catholiques

    Nous pouvons désapprouver les idioties de Charlie Hebdo tout en n’étant pas dupes de la servilité de nos autorités, comme l’explique Yves Daoudal :

    « Charlie Hebdo publie de nouvelles caricatures de Mahomet. La classe politique est en émoi. On parle de « provocation inutile ». Le Premier ministre « désapprouve ». Le ministre de l’Intérieur reçoit les représentants de l’islam, et déclare que « chacun doit faire preuve de responsabilité : chaque acte, déclaration, écrits peut attiser la violence ».

    Quand Charlie Hebdo publie d’ignobles caricatures du Christ ou du pape, non seulement cela ne suscite aucune émotion dans la classe politique, le ministre de l’Intérieur ne reçoit pas de représentants de l’épiscopat, mais les catholiques qui osent se dire choqués sont traités comme de pitoyables survivants du moyen âge, et on leur rappelle qu’il n’y a plus de délit de blasphème et que la liberté d’expression ne se divise pas. Et la justice balaie d’un revers de main les plaintes de l’Agrif.

    Les ambassades de France vont être fermées dans une vingtaine de pays vendredi, le « jour de la prière ».

    On n’a jamais entendu dire que l’ambassade de France en Pologne ou en Irlande aurait été fermée après des caricatures du Christ ou du pape, par peur de manifestations d’intégristes catholiques… »

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