Lutte contre le chômage : encore des mesures gadgets !

En matière de bêtises dans sa lutte contre le chômage, la gauche française s’accroche à ses errements comme la moule à son rocher.

« La bêtise insiste toujours », écrivit Albert Camus dans « La Peste ». En matière de bêtises dans sa lutte contre le chômage, la gauche française insiste en effet lourdement. 

Par Frédéric-Georges Tudo.

Evolution du taux de chômage sur les 10 dernières années en France

Extrait. Article intégral en ligne sur le Plus Nouvel Obs.

« D’accord, l’extrême gravité de la crise ne facilite pas la tâche du Premier ministre. Mais de là à miser sur l’aspirine (les contrats d’avenir) et le paracétamol (les contrats de génération) pour éradiquer le cancer du chômage… Nos dirigeants démontrent là leur atterrante ignorance des mécanismes régissant l’emploi. Car, si ce n’est par incompétence, comment peut-on encore sortir de son chapeau de tels gadgets au moment où le cap des trois millions de chômeurs est à nouveau franchi ? »

« Commençons par ces illusoires « contrats d’avenir ». Réservés aux 16-25 ans, non diplômés et issus des zones difficiles, ils seront créés en quasi totalité dans le secteur non-marchand. Quoi que l’on puisse penser d’un tel dispositif sur le plan de l’insertion des jeunes, celui ci ne lutte donc en rien contre le chômage. Financés à grand frais par un État en quasi faillite, ces vrais faux emplois s’apparentent plutôt à un RSA pour les moins de 26 ans. Le coût de cette gabegie ? Environ 2,3 milliards d’euros en 2013 pour 100.000 jeunes, soit 23.000 euros par personne subventionnée. C’est-à-dire une somme démesurée par rapport aux effets qu’il faut en attendre, mais qui s’avérerait presque dérisoire si elle permettait de régler le problème. 23.000 euros pour transformer un chômeur en actif ? Dans ce cas, il n’y a plus à hésiter. Au sein de ses quelques 1.500 milliards de dépenses publiques engagées chaque année, la France doit certainement pouvoir en attribuer une soixantaine à l’éradication totale du chômage.

Raisonnement par l’absurde qui n’a qu’un objectif : démontrer qu’un nouvel emploi créé n’a d’existence véritable que s’il sert l’économie réelle. »

« Que fait François Hollande face à cette évidence ? Il sanctionne fiscalement la prise de risque des entrepreneurs à titre individuel, il décourage les employeurs d’embaucher en leur refusant la possibilité de licencier aisément lorsque les commandes se font plus rares, il ne veut pas entendre parler de la baisse d’un coût du travail étranglé par les charges sociales, il défavorise la libre concurrence en s’arc-boutant sur le maintien de professions protégées telles que les chauffeurs de taxi, il désenchante les salariés en inventant de nouveaux impôts sur la participation aux bénéfices, il obère les capacités de financement des start-up en durcissant la loi ISF-Tepa, il encourage les grands groupes à délocaliser leur siège social, etc. »

Extrait. Article intégral en ligne sur le Plus Nouvel Obs.