Des emplois d’avenir sans avenir

Les emplois d’avenir relèvent de l’urgence et du refus de prendre en compte les vraies raisons du chômage de masse.
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Des emplois d’avenir sans avenir

Publié le 3 septembre 2012
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Les emplois d’avenir relèvent de l’urgence et du refus de prendre en compte les vraies raisons du chômage de masse.

Par Guy Sorman.

Des jeunes visiblement heureux que l’État leur réserve des « emplois d’avenir » (Photo du site du ministère).

Créer cent mille emplois d’avenir pour des jeunes de 16 à 25 ans, sans éducation, habitant des zones défavorisées ainsi que le gouvernement l’envisage pour 2013, relève de bons sentiments. Mais ce n’est pas une politique ni une réponse au manque de formation de ces jeunes, à leur concentration dans des quartiers à risque ni une garantie d’emploi durable.

Ce mode d’intervention appartient à la panoplie historique de la gauche française depuis les Ateliers Nationaux de 1848 et relève d’une incompréhension durable des mécanismes de l’économie normale. Dans notre pays, les emplois véritables soit appartiennent à la fonction publique après recrutement par concours, soit aux entreprises privées : actuellement, celles-ci ne recrutent pas parce que l’économie européenne souffre de l’indécision de ses gouvernants, et parce qu’en France, les projets de fiscalité et de réglementation paralysent les employeurs tandis que le Code du travail dissuade de recruter des jeunes non qualifiés.

Les emplois d’avenir relèvent donc de l’urgence et du refus de prendre en compte les raisons vraies du chômage de masse. Il est à craindre aussi que ces emplois d’avenir aggraveront les maux qu’ils sont supposés atténuer. Qui recrutera ces jeunes ? Pour l’essentiel, les associations mal équipées et sans grandes ressources. Il reviendra donc à l’État de financer à 75% ces emplois alors que par ailleurs le déficit public doit être colmaté.

Emploi d’avenir ? La préférence accordée aux filières vertes et aide à la personne sont sympathiques mais ces métiers ne perdureront que si leur économie devient solvable. Or les jeunes seront affectés au secteur non marchand.

Le gouvernement qui n’aime pas trop ni les entreprises ni le profit, rêve-t-il de créer de toute pièce un troisième secteur ni étatique ni capitaliste ? Cela existe en Scandinavie et surtout aux États-Unis mais ce troisième secteur (non-profit) y est indépendant de l’État, financé par des dons privés et animé par des volontaires.

Ce qui est avancé par le gouvernement n’est donc ni clair ni cohérent : la doctrine qui l’anime n’est pas formulée, le financement est aléatoire. Mieux vaudrait scolariser ces jeunes si l’on souhaite leur accorder un avenir et faciliter leur recrutement dans des entreprises véritables.

—-
Sur le web.

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  • Deux points:

    1) Si des jeunes sortent de l’école sans qualification, sans diplômes ni formation c’est donc un échec de notre système d’enseignements et de formations… Donc vous avez raison de dire qu’il vaudrait mieux scolariser ces jeunes. Mais encore faudrait-il aussi revoir notre système de fond en comble et surtout les formations professionnalisantes dès la troisième au collège.

    2) Vous écrivez « Le gouvernement qui n’aime pas trop ni les entreprises ni le profit, rêve-t-il de créer de toute pièce un troisième secteur ni étatique ni capitaliste ? Cela existe en Scandinavie et surtout aux États-Unis mais ce troisième secteur (non-profit) y est indépendant de l’État, financé par des dons privés et animé par des volontaires. »
    Ce secteur n’a rien d’un secteur économique (puisqu’il ne crée rien) et comme il dépend des dons, il dépend donc indirectement du secteur d’activité qui crée de la richesse. Au final on a rien résolu du problème.

    • « Ce secteur n’a rien d’un secteur économique (puisqu’il ne crée rien) »

      Non:
      – s’il ne créait rien il n’existerait pas puisqu’il ne servirait à rien
      – ce n’est pas parce-qu’il n’y a pas de profit que ça ne fait pas partie de l’économie, bien au contraire. Et c’est d’ailleurs très intéressant à étudier pour un économiste.

      • Il y a une quantité énorme d’association qui ne serve à rien, ne font rien (juste exister) et qui sont sous subsides de dons (privés ou public)…
        L’économie comme le dise les Chinois (qui on toujours été de grands marchands) : c’est quand l’argent circule et crée du travail !!!

        Ce secteur n’est pas « économique », c’est un système parasite qui court-circuite l’économie réelle…

        • « Il y a une quantité énorme d’association qui ne serve à rien, ne font rien (juste exister) et qui sont sous subsides de dons (privés ou public)… »

          Ce que je veux dire, c’est qu’il y a toujours création de valeur, subjective (dans la définition autrichienne), même si cette valeur n’est pas pécuniaire, et même si ça représente de la valeur que pour 3 pelés et 2 tondus.

          « L’économie comme le dise les Chinois (qui on toujours été de grands marchands) : c’est quand l’argent circule et crée du travail !!! »

          Non, l’économie c’est l’étude de l’action humaine, comme dirait Von Mises, ou plus simplement l’étude de l’échange. Même si cet échange est sans profit pécuniaire.

          Ce sont plutôt les socialistes qui ramène l’économie systématiquement à l’argent.

  • les emplois d’avenir ne sont pas pour ceux qui sont sur la photo

  • « Dans notre pays, les emplois véritables soit appartiennent à la fonction publique… » non ce ne sont pas non plus des emplois véritables, il procèdent de la même démarche intellectuelle que les « emplois d’avenir » : imposer par la force des avantages à certain au détriment des autres.

  • « le Code du travail dissuade de recruter des jeunes non qualifiés. »
    ah bon? et pour les seniors quelle est la raison svp?

    • Je ne me rappelle plus des détails mais les séniors sont plus « protégés » par la loi. Du coup, les entreprises y regardent à deux fois avant de les embaucher…

    • channy: « ah bon? et pour les seniors quelle est la raison svp? »

      Quasiment la même, le code du travail fait des employés un risque puisqu’il est très difficile de s’en passer si il s’avèrent mauvais ou si la conjoncture ne permet plus leurs emploi. La fiscalité elle diminue leurs rentabilité et exclu mathématiquement les employés les moins rentable.

      Les jeunes sont donc exclu car pas encore formé et performant et les vieux le sont car moins performants et trop cher. D’où la fameuse productivité exceptionnelle de la France; seul la population la plus performante (dans la fleur de l’age) travaille.

      Le code du travail Suisse fait 10 pages (contre 3200 en France) et c’est le pleins emploi (2.8% de chômage et moins de 3.5% chez les jeunes contre 11% et 25% en France)

      Hollande propose encore plus de lois et de fiscalité…. Taré ! 🙂

  • Bravo pour cet article Mr Sorman,

    Je souhaiterais cependant savoir si, dans un marché totalement libre (dont le travail et l’éducation), l’apprentissage pourrait être plus dynamique que maintenant?

    Je connais mal l’histoire de l’apprentissage, mais il me semble que les relation apprentit-tuteur dans un secteur ou un métier ne date pas d’hier.
    Aurait-on des exemples récents (Nouvelle-Zélande, Hong Kong, Singapour…)?

    Merci bien

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