La crise de l’euro ne se limite pas à la Grèce

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Pendant que tout le monde a les yeux rivés sur la Grèce, des informations alarmantes émergent d’autres pays de l’eurozone : Espagne, Portugal, Chypre, Irlande…

Pendant que tout le monde a les yeux rivés sur la Grèce, des informations alarmantes émergent d’autres pays de l’eurozone : Espagne, Portugal, Chypre, Irlande…

Un article d’Open Europe.

Cela peut sembler totalement évident, mais la crise de l’eurozone ne s’arrête pas à la Grèce. Oui, Athènes fait peut-être face à sa « dernière chance » (dixit Juncker) de rester membre de l’eurozone. Et oui, l’offensive diplomatique lancée par Antonis Samaras pour obtenir une extension de deux ans du programme d’ajustement UE-FMI mérite attention.

Cependant, pendant que tout le monde parle de la Grèce, des informations plutôt importantes émergent d’autres pays de l’eurozone, à propos desquelles, comme toujours, nous vous offrons une revue complète dans notre daily press summary.

En particulier :

– Selon certaines sources recueillies par Reuters, le gouvernement espagnol est en discussion avec ses partenaires de l’eurozone pour que le FESF, le fonds de sauvetage temporaire, achète des obligations espagnoles – mais aucune décision ferme quant à l’opportunité de demander cette aide n’a été prise. Sans surprise, la commission européenne a déclaré qu’aucune négociation n’était en cours, et qu’une demande de renflouement de l’Espagne n’était pas à attendre « sous peu ». Très bien

– Selon un responsable très haut-placé du ministère des finances portugais, cité par le Jornal de Negócios, le Portugal (« l’homme oublié » de la crise de l’euro) ne sera pas en mesure de coller à l’objectif d’un déficit de 4,5% du PIB réclamé par l’Union Européenne cette année à moins que de nouvelles mesures d’austérité ne soient adoptées. La principale raison à cet état de fait est surtout le déclin prononcé des revenus fiscaux : – 3,6% pendant les 7 premiers mois de cette année, au lieu des 2,6% de hausse que le gouvernement comptait atteindre en 2012. L’alternative, suggère la presse portugaise, serait de demander à la Troïka (UE-FMI-BCE) de réduire cet objectif. Boa sorte [NdT : Bonne chance] pour ça, surtout étant donné que le Portugal sera en septembre à moins d’un an de revenir sur les marchés. Or, rappellez vous ce qu’est devenue l’exigence du FMI (un pays devrait être prêt à rejoindre les marchés en moins de douze mois) en Grèce

– Un porte-parole du gouvernement chypriote a avoué à la presse jeudi dernier que le déficit public de l’île atteindra environ 4,5% du PIB cette année ; bien plus élevé donc que les 3,5% prévus initialement. Certainement pas une bonne nouvelle, dans la mesure où cela va certainement accroître le sauvetage que Chypre est actuellement en train de négocier avec l’UE et le FMI. Un autre mal de tête pour la Troïka qui est censée se rendre sur l’île à nouveau sous peu (sans qu’une date précise n’ait pour l’instant été spécifiée).

– De nouvelles données publiées par la Banque Centrale Irlandaise ont montré que 30,5 milliards soit 27,2% des 112 milliards de prêts immobiliers actuels des banques irlandaises étaient en arriérés ou avaient été restructurés à la fin du moins de juin, soit plus que les 29,5 milliards (26%) déjà atteints au mois de mars. En outre, le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble a confié à l’Irish Times qu’il s’opposerait à tout plan de soutien à l’Irlande qui « générerait de nouvelles incertitudes sur les marchés financiers et ferait perdre à l’Irlande la confiance qu’elle est juste sur le point de regagner ».

Ajoutons à cela les décisions de la Cour constitutionnelle allemande à propos du traité concernant le MES et les élections générales néerlandaises (où le parti socialiste mené par Emile Roemer, critique de l’UE, mène dans les sondages) et on sent qu’on ne va pas s’ennuyer en septembre.

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Sur le web.
Traduction YB pour Contrepoints.