Les effets de la déflation sur l’épargne : l’exemple du Japon

La situation de l’épargne au Japon contredit totalement le fait que la déflation conduit à une hausse de l’épargne et à une baisse de la consommation.

La situation de l’épargne au Japon contredit totalement le fait que la déflation conduit à une hausse de l’épargne et à une baisse de la consommation.

Par Vladimir Vodarevski.

Le quotidien Les Échos a publié ce lundi 20 août 2012 un article traitant du Japon, intitulé Japon : après vingt ans de marasme, le gouvernement entrevoit la fin de la déflation.

Dans cet article, Yann Rousseau, correspondant des Échos à Tokyo, écrit :

Depuis que ses bulles immobilières et boursières ont éclaté au début des années 1990, le Japon a vu ses prix à la consommation stagner ou reculer et s’est retrouvé enlisé dans une déflation qui incite ménages et entreprises à épargner plutôt qu’à dépenser. La baisse des prix pousse en effet mathématiquement à la hausse la valeur réelle des dettes et, dans un même temps, gonfle automatiquement les taux d’intérêt réels.

Ce qui est totalement dans la ligne des théories keynésiennes ou néo-keynésienne dominante. Pourtant la situation de l’épargne au Japon contredit totalement le fait que la déflation conduit à une hausse de l’épargne et à une baisse de la consommation. C’est ainsi qu’il est écrit dans cet article de Project Syndicate, La crise de l’épargne au Japon :

Au début des années 1980, les ménages japonais épargnaient près de 15 % de leur revenu après impôt. (…) Quand bien même le taux d’épargne a diminué progressivement durant les années 1980, il était toujours de 10 % en 1990. (…) Ainsi, le taux d’épargne des foyers a continué de chuter pour passer en dessous des 5 % à la fin des années 1990. En 2009, il était à peine supérieur à 2 %.

Le plus savoureux, c’est que cet article de Project Syndicate a été repris par Les Échos !

Le Japon est un pays qui pourrait être intéressant pour les adeptes de l’endettement public, car c’est le pays développé le plus endetté. Cependant, les différents plans de relance n’ont pas eu d’effets sur l’économie. Et la baisse de l’épargne laisse penser que le pays vit sur ses réserves.

La plupart du temps, la situation du Japon est vue dans la presse selon la vision keynésienne : une lutte contre une déflation néfaste pour l’économie car elle incite à l’épargne plutôt qu’à la consommation. C’est la vision dominante en économie. Illustrée par l’article du correspondant à Tokyo des Échos. Malgré la contradiction flagrante des faits, que personne ne songe à regarder.

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