Taux de criminalité plus élevés en Europe qu’aux USA

Tandis qu’aux USA, la criminalité s’est effondrée, en Europe, elle ne cesse d’augmenter

Il est dommage que les médias de communication européens ne transmettent pas la réalité des chiffres et ne cessent de montrer les USA comme un pays de délinquants et de criminels, quand la réalité nous montre que c’est justement l’inverse. Depuis les années ’90, c’est nous, Européens, qui sommes en pole position. Pire encore, chaque année s’accentue plus le fossé.

Par Jorge Valín, Espagne

Intéressant « papier » sur l’évolution de la criminalité entre l’Europe et les USA que nous livrent les auteurs italiens Paolo Buonanno, Francesco Drago, Roberto Galbiati et Giulio Zanella : Crime in Europe and the US: Dissecting the “Reversal of Misfortunes”. Voici le résumé :

Contrairement à la perception commune, les crimes aujourd’hui , aussi bien contre la propriété que les violents (à l’exception des homicides) sont plus courants en Europe qu’aux USA […] Nous appelons ce fait « revers d’infortunes ». Dans l’étude, nous étudions l’impact des changements démographiques, de l’emprisonnement, de l’avortement, du chômage et de l’immigration sur la délinquance.

Pour ce faire, sont utilisées les données de séries temporelles (1970-2008) de sept pays européens et des États-Unis. Nous voyons que la structure démographique et de la population et le taux d’emprisonnement sont déterminants quant à l’incitation à la délinquance. Nos résultats suggèrent qu’une politique de réclusion plus dure peut être efficace pour combattre la délinquance en Europe. L’analyse ne fournit pas d’informations sur comment devrait être la politique carcérale pas plus qu’elle ne donne une réponse à la question de savoir si telle politique serait efficace du point de vue coût-bénéfice. Nous laissons cela pour d’autres recherches.

Je suis d’accord avec les données, mais je diverge substantiellement à l’heure de chercher les causes. Dans l’étude, on ne fait aucune mention au processus en cours de désarmement civil de certains pays d’Europe comme le Royaume-Uni et l’Allemagne. Dans le pays anglo-saxon, par exemple, il y a une relation évidente entre l’augmentation de la criminalité et le processus de désarmement qui est mené depuis les années ’90. À ce sujet, lire Los enemigos de los ciudadanos ingleses: Saqueadores, Gobierno y Policía [Les ennemis des citoyens anglais : détrousseurs, gouvernement et police].

Indépendamment de l’étude, il est un fait que tous les chiffres officiels concordent dans cette tendance inverse entre les deux continents. Tandis qu’aux USA, la criminalité s’est effondrée, en Europe, elle ne cesse d’augmenter. Malheureusement, l’échantillon de l’étude s’arrête en 2008. Ici, je note quelques points. Depuis lors, la criminalité aux USA a accentué sa tendance à la baisse et ne semble pas avoir réellement de plancher. Voir El FBI lo vuelve a confirmar: Más armas, significa menos crímenes [Le FBI le confirme à nouveau : plus d’armes signifie moins de crimes]. En Europe, il s’est passé juste le contraire, un an après les données de l’étude (2009), les crimes sur le Vieux Continent ont augmenté de manière très significative, spécialement au Royaume-Uni (où ils sont un véritable problème), en Allemagne et dans les pays nordiques. […] Mais ce qui est réellement préoccupant en Europe, c’est que les chiffres de la criminalité commencent à être élevés (cas de l’Allemagne) et leur évolution, c’est là le plus préoccupant, n’abandonne pas la tendance à la hausse.

Les données sont irréfutables. Tous les criminologues acceptent cette diminution de la criminalité aux USA et l’augmentation en Europe, bien qu’il y ait une énorme divergence sur les causes. À tel point que certains auteurs se sont retrouvés devant le juge pour régler leur différend (cas de Lott vs. Levitt). Il est dommage que les médias de communication d’Europe […] ne transmettent pas la réalité des chiffres et ne cessent de montrer les USA, avec leur presse à sensation et de faits divers, comme un pays de délinquants et de criminels, quand la réalité nous montre que c’est justement l’inverse. Depuis les années ’90, c’est nous, Européens, qui sommes en pole position. Pire encore, chaque année le fossé se creuse.

Pour revenir à l’étude des Italiens, je laisse quelques graphiques impressionnants où l’on indique l’augmentation du fossé entre la criminalité en Europe (à la hausse) et celle des USA (à la baisse). La comparaison montre l’Europe comme agrégée et différents pays, Autriche, France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Espagne, Royaume-Uni ; face à l’agrégat des USA.

Crimes – Europe vs. USA
Crimes contre la propriété – Europe vs. USA
Crimes violents – Europe vs. USA

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Traduit de l’espagnol.