Impossible n’est pas français

N’est-il pas temps pour la France de s’inspirer de l’Allemagne, et notamment du programme de Bad Godesberg adopté en 1959 par le SPD ?

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Impossible n’est pas français

Publié le 18 juillet 2012
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N’est-il pas temps pour la France de s’inspirer de l’Allemagne, et notamment du programme de Bad Godesberg adopté en 1959 par le SPD ?

Par Philippe Robert.

Si l’Allemagne est aujourd’hui leader incontesté en Europe, elle le doit, entre autres, au programme de Bad Godesberg adopté en 1959 par le SPD : “Pour la première fois, le SPD abandonne formellement les idées d’inspiration marxiste. Il reconnaît l’économie de marché et se dit lié au peuple entier, non aux seuls travailleurs”.

Ce programme de Bad Godesberg, devenu en 1989 le programme de Berlin, est sans nul doute à l’origine de l’action courageuse du chancelier social-démocrate Gerhard Schröder faisant adopter l’agenda 2010, un paquet de réformes libérales de l’État-providence. Ce faisant, Gerhard Schröder s’est comporté en véritable homme d’État.

Un tel constat, qui fait aujourd’hui cruellement ressortir le retard accumulé depuis des décennies par la France, montre à quel point l’élection de François Hollande et la chambre écarlate qui en a découlé représentent, pour notre pays en voie de régression accélérée, un mauvais coup de plus dont il risque de ne pas se remettre.

Dans un article du 8 juin dernier intitulé « 2007-2012, le devoir d’inventaire des libéraux », j’avais traité de l’urgente nécessité pour les libéraux, spécialement inaudibles en France, de saisir par les cheveux la « chance » de cette nouvelle alternance pour émerger et surtout pour exister politiquement face à l’obscurantisme assumé d’une gauche française en plein déni des réalités.

En politique, la pensée libérale est douée d’une force extraordinaire qu’elle puise à la source même de la Liberté ; ainsi, le libéralisme politique peut-il s’honorer, grâce à Margaret Thatcher et à Ronald Reagan, d’avoir anobli la pratique du pouvoir par la puissance de la liberté.

Puis-je alors réitérer une idée qui n’est pas la mienne, certes, mais qui me paraît aujourd’hui fondamentale pour permettre aux libéraux de briser le mur du politiquement correct qui les enferme à l’instar d’un mur de Berlin : le “shadow cabinet”, en français le cabinet fantôme.

Qu’est-ce donc que ce cabinet fantôme et à quoi sert-il vraiment ? Selon Wikipedia, il s’agit d’ « un gouvernement virtuel formé par le principal parti d’opposition (opposition officielle) dénué de pouvoirs réels (…) Les membres du cabinet fantôme (…) doublent chaque poste ministériel du gouvernement. »

Dans notre pays, le principal parti d’opposition, la (fausse) droite depuis toujours agitée de pulsions d’essence socialiste, me paraît avoir perdu toute légitimité tant elle a failli, plus particulièrement à partir de 2007, à sa promesse sacrée de relever la France et, ipso facto, permis aux socialistes de revenir en force aux affaires avec leurs vieilles lunes en bandoulière !

Et justement, la terrible commotion provoquée par l’annonce de la restructuration à marche forcée de PSA dans laquelle l’État socialiste, jamais en reste, veut intervenir au risque d’aggraver la situation présente, va finalement se révéler le juge de paix d’une méchante politique clientéliste menée sans discontinuer depuis bientôt 40 ans.

Pour le malheur de la France, après avoir tout essayé sans succès hormis la philosophie libérale, le temps n’est-il pas venu pour les libéraux d’entrer véritablement en action pour faire connaître, et surtout pour faire appliquer, les bienfaits du libéralisme adopté avec succès par de nombreux autres gouvernements lucides et courageux de par le monde ?

Le désespoir des gens de PSA, imbécilement attisé et entretenu par un État et des syndicats incompétents, ces derniers continuant imperturbablement à prôner la lutte des classes à l’aube d’un 21ème siècle émancipateur, fait peine à voir en faisant aussi montre de la scandaleuse ignorance des bouleversements du monde dans laquelle sont maintenus les Français.

Le moment n’est-il alors pas venu, me semble-t-il, de réaliser un Bad Godesberg à l’envers, c’est-à-dire libéral à la française, dont nous pourrions enfin attendre le meilleur tant notre pays et ceux qui l’habitent, pris au piège d’une idéologie mortifère, ne cessent de subir sans pouvoir se défendre les effets d’une fausse fatalité imposée par de pseudo-“élites” de longue date cooptées ?

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  • il n’ya qu’une seule lutte des classes pour les libéraux : la lutte entre la classe qui veut vivre de son travail et celle qui veut vivre du travail des autres. Autrement dit, la luttre entre ceux qui payent des impots et ceux qui en vivent sans en payer

  • Un Shadow Cabinet, excellente idée, le problème est que je ne sais pas si il y a autant de libéraux en France que de ministres socialistes.

  • Il y a une expression qu’on rencontre beaucoup dans les commentaires de libéraux « On a les dirigeants qu’on mérite »
    Pour ensuite avouer avoir comme dirigeants mentors, Thatcher et Reagan !
    C’est là où je suis impréssionné par la pertinence de cette expression !

  • C’est justement parce que le SPD était de gauche qu’ils avaient la crédibilité pour indiquer que le libéralisme était la solution. Des libéraux qui disent qu’ils faut privatiser et réduire le gouvernement -> Aucune chance d’être élu dans ce pays d’assistés !

  • Les commentaires sont fermés.

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Pascal Salin est économiste, professeur émérite de l’université Paris-Dauphine, et fut président de la société du Mont-Pèlerin de 1994 à 1996.

Parmi les ouvrages qu’il a publiés, citons notamment La Vérité sur la monnaie (Paris, Odile Jacob, 1990), Libéralisme (Paris, Odile Jacob, 2000), Français, n’ayez pas peur du libéralisme (Paris, Odile Jacob, 2007), Revenir au capitalisme pour éviter les crises (Paris, Odile Jacob, 2010), La T... Poursuivre la lecture

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