Armes à feu : cette bien pratique prohibition

Note du dessinateur : pour ceux qui croiraient à une blague, les opinels à virole sont assimilés à des armes de 6 ème catégorie et interdits de port !

L’infantilisation de la société passe aussi par le fait de retirer les armes des mains des hommes responsables de ce pays.

L’infantilisation de la société passe aussi par le fait de retirer les armes des mains des hommes responsables de ce pays.

Par h16.

Les récentes affaires de fusillades dans le Nord du pays et les règlements de comptes quasi-quotidiens dans le Sud ont provoqué la montée immédiate de sève journalistique au sujet des armes à feu. Il n’aura pas fallu longtemps pour que le nouveau ministre de l’intérieur, titillé par un gros micro mou, s’exprime sur le sujet avec toute la fermeté qui sied aux cuistres et aux naïfs.

Manuel, il a bien tout compris du problème : à peine certains malfrats, condamnés pour des faits de violence incluant l’usage d’armes prohibées, sont-ils sortis de prisons que ceux-ci vont à l’armurerie du coin s’acheter une paire d’armes de guerre pour récidiver. Il faut donc, selon le ferme ministre de l’intérieur, un registre dans lequel seront inscrites toutes les personnes condamnées pour violence pour leur interdire enfin l’accès à ces armes.

Eh oui : ce n’est pas comme si ces vilains tireurs se procuraient leurs armes illégalement dans le pool mal estimé à plusieurs milliers d’armes de guerre entrées en France illégalement ! Il sera donc facile de pister les méchants !

De façon plus générale, la France recense 4000 décès sur ses routes tous les ans, plus de 600 noyades accidentelles principalement dans des piscines privées et une trentaine d’accidents de chasse, alors qu’elle est le second pays européen le plus armé. Il était donc urgent, au vu de la recrudescence des articles de journaux impliquant des armes à feu, de légiférer, d’autant qu’aucune loi n’existait déjà pour baliser l’utilisation et la détention d’armes dans le pays, véritable enfer ultra-néo-libéral peuplé de cowboys prêts à dégainer à la moindre difficulté de dialogue interpersonnel.

Au passage, on pourra tiquer de ne voir aucun journaliste faire le parallèle entre ces tireurs fous et la prolifération d’armes en France. Pourtant, à chaque « événement Colombine » sur le sol américain, l’intelligentsia qui s’épanche dans la presse française ne peut s’empêcher de trouver des liens (évidents, ma brave dame !) entre l’esprit cowboy et le résultat observé (que de morts, ma brave dame !). Quand la même chose arrive en France, stupeur passée, personne ne note que le pays dispose de tant d’armes, de tant de jeux vidéos violents, de tant d’individus sous anti-dépresseurs qu’il n’était que logique que ce drame arrivât. Personne n’explique non plus que, exactement comme dans les universités américaines, les tirs et les homicides perpétrés ont lieu sur des zones où personne d’autre que les meurtriers n’a d’armes à feu.

Gun Free Zone

Et puis, à bien y regarder, comme on se rend compte que la définition même d’arme de guerre est floue, que le nombre précis de leur nombre en circulation aussi, que la réalité du banditisme armé semble elle aussi nimbée de brumes épaisses que le discours politique, bardé d’une langue de bois cotonneuse et approximative, ne permet en rien d’éclaircir, on comprend à demi-mots qu’on se retrouve ici bien plus en face d’un gros épouvantail que d’une dérive sociétale catastrophique, avec des vrais morceaux de série hollywoodienne dedans…

À la réflexion, c’est un syndrome étonnant que celui des politiciens qui, lorsqu’une fusillade éclate, veulent toujours enlever les armes des mains de ceux qui n’y sont pour rien, à l’instar de parents incompétents qui fileraient des claques à l’enfant le plus sage parce qu’ils ne peuvent pas attraper celui qui a fait la bêtise et qui court trop vite ou se planque trop bien…

D’un autre côté, il faut bien comprendre qu’encore une fois, nos « élites » gouvernementales réagissent de façon prévisibles car elles ont été soigneusement triées par les nombreuses occurrences d’un procédé de sélection démocratique bien efficace pour être les plus sensibles aux médias et les plus imperméables à la logique la plus élémentaire, qu’elle soit économique ou sociale. Autrement dit, ceux qui prétendent nous représenter (j’insiste sur prétendre, les faits montrent qu’il n’en est rien) ont une envie régulière de retirer toute velléité de se défendre des mains d’une population qui a pourtant montré sa totale obéissance à l’État et une résignation quasi-morbide devant la ponction fiscale et les avanies administratives quotidiennes.

1911 - Hardballer .45

Il est piquant de constater la place qu’occupe la stigmatisation des armes à feu dans la panoplie de l’étatiste moyen : pour lui, un citoyen est assez responsable pour imposer sa volonté à d’autres (qu’il le fasse indirectement par le vote ou directement lorsqu’il choisit d’être élu), il est assez responsable pour conduire une voiture de deux tonnes à plus de 100 km/h (encore qu’à bien y réfléchir, ceci soit en passe d’être interdit), il est assez grand et assez intelligent pour pouvoir acheter de l’essence, des briquets, du savon liquide, des bouteilles et des bouchons, mais on lui interdira progressivement la possession de toute arme qui pourrait ressembler de près ou de loin à quelque chose que les forces de police et d’armée de l’État emploient elles-mêmes pour maintenir l’ordre et le bon débit d’impôts.

Note du dessinateur : pour ceux qui croiraient à une blague, les opinels à virole sont assimilés à des armes de 6ème catégorie et interdits de port !

Pourtant, dans un État qui serait soucieux à la fois de la sécurité de ses assujettis et d’une saine gestion de ses finances, armer les citoyens est une réelle opportunité : celui-ci ayant les moyens de se défendre, la nécessité d’une police omniprésente diminue d’autant, et, partant, tous les grands débats sur l’utilité d’armer la police locale.

Et statistiquement, il n’y a pas de corrélation entre les endroits où les citoyens sont les plus armés et ceux qui sont les plus dangereux, contrairement aux mythes réguliers dont Michael Moore, le millionnaire anti-capitaliste, est très friand. Inversement, d’ailleurs, aux articles enflammés d’une presse très acquise à la protection complète, ultime et monopolistique de l’État, on a bien du mal à trouver les articles relatant tous ces cas, bien plus nombreux qu’il y paraît, où l’assaillant se retrouve en face d’une victime qui sait lui répliquer. Différentes études montrent que les armes à feu servent en réalité bien plus souvent à protéger des biens que pour les soustraire à leur possesseur légitime, et, surtout, que la tendance générale des agressions par armes à feu est bel et bien en diminution.

Mais les études posées et construites ne sont d’aucun secours : ici, on se bat contre une presse qui part du principe que la détention d’arme n’est l’apanage que d’hommes grossiers et soumis à leurs hormones, et contre des politiciens qui ont bien compris tout le risque d’avoir des citoyens capables de se défendre contre un État qu’ils veulent toujours plus puissant…

Le biais contre les armes à feu et leur détention est à ce point évident qu’il percole dans toute la société, appuyé par le politiquement correct et la bien-pensance distillée à la truelle par la presse et même par certaines compagnies privées, à l’instar de Google qui filtre éhontément ses résultats pour en faire disparaître les articles gênants.

Tout ceci n’est pas fortuit : historiquement, l’interdiction pure et simple des armes à feu pour les citoyens a toujours précédé l’avènement de sociétés nettement moins bisounours… La sociale-démocratie a besoin de citoyens dociles et dépendants. L’infantilisation, déjà présente à tous les étages de communication gouvernementale, passe aussi par le fait de retirer les objets contondants, piquants, trop chauds, trop pointus, trop froids, etc. des mains des hommes et femmes adultes et responsables de ce pays.

Les armes sont, évidemment, tout en haut sur la liste.

Fascism : do you think it'll be this obvious ?
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