Le sommet de Bruxelles a-t-il sauvé l’Europe et l’euro ?

Retour sur le Sommet de Bruxelles de vendredi dernier qui n'a pas su tenir ses promesses de sauver l’Europe et l’euro ? Il a déjà eu beaucoup de mal à sauver les apparences.
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Le sommet de Bruxelles a-t-il sauvé l’Europe et l’euro ?

Publié le 6 juillet 2012
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Retour sur le Sommet de Bruxelles de vendredi dernier qui n’a pas su tenir ses promesses de sauver l’Europe et l’euro ? Il a déjà eu beaucoup de mal à sauver les apparences.

Un article de l’aleps.

On est déjà parti sur une mauvaise base : celle de la fuite en avant. Les institutions européennes de l’Europe ont-elles prouvé leur inefficacité ? Allons plus loin et plus vite dans la construction européenne. L’euro a-t-il été un échec ? Sauvons-le.

En fait, sous la pression des Italiens et des Espagnols, ce 20ème sommet s’est cantonné dans des discussions sur des problèmes d’urgence. Monti et Rajoy ont obtenu une rallonge de 120 milliards d’euros que le Fonds Européen de Stabilisation Financière pourra débloquer en secours immédiat. Comme l’Europe est riche (des contributions allemandes), on a même ratifié un « pacte de croissance », cher à François Hollande, qui pourrait permettre d’ouvrir des crédits pour de grands travaux européens. Il est difficile à l’heure présente de savoir si tant de milliards vont permettre tout à la fois de sauver les banques espagnoles, d’épargner à l’Italie des taux d’emprunt usuraires pour gérer sa dette souveraine, de lancer un programme de réseaux autoroutiers ou ferroviaires. Et les Grecs enfin ?

Du côté de l’avancée vers une union européenne renforcée, on a admis la possibilité pour la Banque Centrale Européenne d’exercer une surveillance sur les politiques budgétaires et financières nationales, mais prétendre pour autant que la crise européenne est résolue est très audacieux ! Les « Européistes » continuent à rêver d’une Europe intégrée, mais les souverainistes, dont les Anglais, n’ont pas désarmé. Quant aux fédéralistes, comme Angela Merkel, qui veulent une Europe disciplinée, disposant d’un contrôle sur le secteur public de chaque État européen, ils se trouvent pour l’instant affaiblis.

On connaît la position libérale : celle d’un espace de libre et totale circulation, soumis à la concurrence entre États. La crise, c’est bien celle de l’Europe intégrée et harmonisée : l’intégration est devenue solidarité forcée, l’harmonisation nous a valu le surdéveloppement de Bruxelles, et l’alignement théorique sur des normes qui sont tantôt conformes à la concurrence et à la rigueur – mais elles ne sont jamais respectées – tantôt au service d’un dirigisme dévastateur. Le vrai danger est que la cacophonie européenne débouche sur un protectionnisme suicidaire.

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