Présidentielle US : Pourquoi Romney va gagner

Les choses semblent très mal engagées pour le Président Obama. Il est très probable que le parti Républicain inflige une déroute sans précèdent à ses adversaires Démocrates.

Les choses semblent très mal engagées pour le Président Obama. Il est très probable que le parti Républicain inflige une déroute sans précédent à ses adversaires Démocrates.

Par Charles Gave.
Publié en collaboration avec l’Institut des libertés.

Mitt Romney

Aujourd’hui, environ 42% des Américains se reconnaissent comme conservateurs tandis que 35% se disent « indépendants » alors que seulement 20% se disent « liberals », ce qui en terminologie politique locale veut dire « de gauche ».

Ces 20% ont une influence tout a fait anormale par rapport à leur nombre en raison du fait qu’ils dominent complètement le monde de la culture, des media et des grandes universités, mais cette influence commence à être battue en brèche par l’émergence des réseaux sociaux, de Fox News et des radios (talk shows), tous totalement sous le contrôle des forces conservatrices.

Le combat électoral va donc se produire pour les votes des « indépendants », tant il est certain que le Président sortant n’a convaincu aucun conservateur de changer d’idées. Et c’est là que les choses semblent très mal engagées pour le Président Obama. Quand on interroge ces indépendants sur ce qui les inquiète, les mêmes réponses reviennent comme une antienne.

1. Quand on parle du passé les « Indépendants » sont tous déçus par les résultats des politiques keynésiennes suivies par l’Administration Obama : chômage persistant, croissance molle, hausse inimaginable des réglementations en tout sens qui brident l’économie, stupidité incompréhensible de la réforme de la santé qui va faire exploser les déficits publics déjà calamiteux et qui de plus risque d’être déclarée inconstitutionnelle par la Cour Suprême, ce qui montre bien l’extraordinaire amateurisme de cette Administration.

2. Quand on parle du futur, le principal sujet d’inquiétude pour la masse des citoyens, c’est bien entendu l’explosion inimaginable de la dette et des dépenses publiques sous le président sortant qui a toujours refusé d’exercer le moindre leadership dans les efforts nécessaires pour remettre de l’ordre dans les dépenses de l’État.

3. Nos « indépendants » trouvent un autre sujet d’inquiétude dans la détérioration constante des systèmes éducatifs aux USA, complètement contrôlés par les syndicats d’enseignants qui gèrent les écoles non pas en fonction des besoins des enfants mais en fonction des demandes syndicales. Ces syndicats sont la première source de financement du parti Démocrate et ils viennent de subir une défaite invraisemblable dans l’État du Wisconsin où ils avaient demandé le rappel du Gouverneur local qui voulait mettre de l’ordre dans les écoles et les services publics. Leur effort a échoué et du coup leurs effectifs s’écroulent puisque l’une des lois qu’avait fait passer ce Gouverneur prévoyait que les professeurs n’avaient plus besoin d’être syndiqués pour exercer leur métier. Partout naissent des mouvements pour que les écoles puissent être gérées directement par les parents au travers de « vouchers » que les parents présentent à l’école de leur choix et le pouvoir du parti Démocrate sur les systèmes d’éducation et leurs financements est en train de s’écrouler à vive allure.

4. Enfin, le Président sortant et ses thuriféraires incompétents du style Krugman, au moment de la précédente élection, avaient poussé l’idée qu’il était temps pour les USA de suivre l’exemple des pays Européens et de transformer donc les États-Unis en sociale-démocratie. Compte tenu des résultats remarquables obtenus par les pays du vieux continent depuis quatre ans, voilà une perspective qui n’attire guère les citoyens US.

5. Le désenchantement vis-a-vis de Washington atteint des sommets et une demande de plus en plus forte se fait jour pour que les pouvoirs exercés à tort et à travers par l’État Fédéral soient renvoyés au niveau des États, or cette revendication n’est portée que par le parti républicain.

L’élection de novembre va donc se faire sur deux thèmes très simples :

  • Faut-il augmenter les impôts ou diminuer les dépenses de l’ État pour combler le déficit budgétaire ?
  • Faut-il augmenter les pouvoirs de Washington et centraliser plus, ou au contraire faut-il décentraliser comme le prévoit d’ailleurs la Constitution américaine ?

Seul le parti républicain porte ces deux revendications qui sont soutenues par la quasi totalité des « indépendants ». Il est donc très probable que le parti Républicain inflige une déroute sans précédent à ses adversaires Démocrates et que le parti dominant s’attelle immédiatement aux reformes fiscales et sociales dont les USA ont bien besoin pour libérer le système économique, comme l’avait fait le Président Reagan en son temps.

Prenons une vue à 4 ans.

Les États-Unis d’ici-là seront sur le bon chemin dans le domaine fiscal.

Ils sont et resteront dominants financièrement compte tenu de la prépondérance de Wall Street. Ils sont dominants et le resteront dans les domaines scientifiques et culturels. Soixante dix des 100 meilleures universités dans le monde sont aux USA (classement dit de Shanghai), ce qui dans l’économie de la connaissance dans laquelle nous sommes est absolument primordial. Enfin ils sont et resteront dominants militairement et technologiquement puisque les USA dépensent plus dans leurs armées que les 14 nations suivantes toutes ensemble.

Quand le second mandat de monsieur Romney commencera, les USA domineront donc le monde comme jamais aucune nation ne l’a dominé.

Le XXe siècle a été le siècle américain. Le XXIe le sera encore plus, et j’en suis désolé pour certains.

J’ose espérer que ce n’est pas le moment qu’ils choisiront pour retirer la protection militaire qu’ils offrent gratuitement à l’Europe contre les dangers qui existent au Moyen-Orient puisqu’à ce moment-là ils seront auto-suffisants énergétiquement (révolution du gaz de schiste).

Espérons… contre toute logique. Car déjà les USA sont en train de rediriger leurs forces de l’Atlantique vers le Pacifique, un peu comme la marine anglaise quittant la Méditerranée où plus rien ne se passait.

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