Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle ère robotique ?

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Le monde pourrait bien être à la veille d’une révolution dans l’utilisation du robot, qui permettrait d’augmenter la production des fabriquant de robots, d’offrir plus de souplesse aux constructeurs et de conduire à une ré-industrialisation des pays riches.

Le monde pourrait bien être à la veille d’une révolution dans l’utilisation du robot, qui permettrait d’augmenter la production des fabriquant de robots, d’offrir plus de souplesse aux constructeurs et de conduire à une ré-industrialisation des pays riches.

Un article de l’Institut des libertés.

Depuis des décennies maintenant, nous assistons au développement des  robots industriels mais jusqu’à maintenant, le coût élevé de ces robots a restreint leur utilisation  à une poignée de secteurs et  principalement l’industrie automobile.

Récemment, des avancées technologiques dans le domaine des logiciels ont créé une nouvelle génération de robots qui s’adaptent plus facilement à l’évolution des procédés industriels, et sont adaptés à un large éventail de tâches. Dans le même temps, le coût des robots a chuté et dans une certaine mesure se rapproche du coût unitaire du travail en usine dans les secteurs à bas salaires, comme cela peut être le cas de l’industrie de l’électronique en Chine.

Le monde pourrait bien être à la veille d’une révolution dans l’utilisation du robot, qui permettrait d’augmenter la production des fabriquant de robots, d’offrir plus de souplesse aux constructeurs et de conduire à une ré-industrialisation des pays riches. Mais les pays en développement pourraient, eux, se retrouver avec une masse salariale sur les bras, indépendamment du coût peu cher du travail désormais.

L’automatisation n’est pas un concept nouveau, spécialement l’automatisation de la fabrication qui a commencé au siècle dernier et tombe dans la catégorie de ce que l’on appelle « l’automatisation fixe ». Par exemple, une machine à timbrer n’ira timbrer qu’un seul type de pièce en tôle ou une machine de soudage ne soudera qu’une partie spécifique à une autre. En revanche, les robots, définis comme des machines capables d’effectuer une série complexe d’actions automatiquement, sont eux qualifiés « d’automatisation flexible ». Le  processus de ces derniers peut être changé par la reprogrammation du logiciel plutôt que par la modification de la machine réelle.

Les développements récents de la technologie des robots, ainsi que les logiciels spécifiquement robotique, les capteurs et les contrôleurs, ont apporté une nouvelle ère qui rend désormais les machines automatiques autonomes. Les robots sont désormais capables d’offrir des solutions beaucoup plus intelligentes pour un plus large éventail d’industries et d’applications ; ils peuvent être reprogrammés afin de répondre à une nouvelle entrée et à des situations nouvelles. On est donc passé du monde de l’automatisation dont le but était l’amélioration de la productivité à des coûts inférieurs, à des questions plus larges telles que l’adaptabilité à travers les cycles de produits, une meilleure qualité ainsi qu’une cohérence globale.

Le coût moyen de robots industriels livrés en 2010 est de 23% inférieurs à ceux de 2000. Ajoutez à cela la tendance à la hausse des pressions sur les salaires dans les destinations populaires du travail bon marché, et les avantages de coûts évoluent en faveur de robots.

Récemment de nombreuses sociétés ont annoncé des plans visant à accroître l’utilisation de robots (comme en Chine ces derniers mois). Si des entreprises comme Foxconn, un des plus grands employeurs à la chaîne de Chine commence à utiliser des robots plutôt que des salariés, alors le coût des robots a peut-être atteint son point de développement de masse.

Les implications macroéconomiques sont vastes et comprennent :

  • Une nouvelle vague de migration industrielles fondées non plus sur le coût du travail mais sur le coût de fabrication. La priorité des fabricants risque ainsi de se déplacer vers d’autres coûts comme la logistique et  l’énergie .
    Les pays développés, qui en général sont les consommateurs de fin de chaine, ont l’avantage de déjà détenir des plateformes de logistiques sophistiquées. Des sociétés telles que GE et Boeing ont déjà commencé à envisager des rapatrier aux US des pans  entiers de leur industrie (actuellement au Mexique) afin de résoudre les problèmes de contrôle de qualité et pour capturer les avantages logistiques. Bien qu’il reste à déterminer combien d’entreprises vont emboîter le pas, il est clair que l’évolution de la robotique va agir en soutien supplémentaire des  pays développés, au détriment des pays en voie de développement.
  • Une perte potentielle des emplois des salariés qui seront désormais remplacés par des robots. Jusqu’à présent, l’impact négatif de l’automatisation a été limité à des emplois subalternes et répétitifs, et, en attendant d’autres emplois plus qualifiés ont été créés dans le cadre du processus d’automatisation. Toutefois, les lignes actuelles de robotisation envisagent de réduire le nombre d’employés jusqu’à 90%, même dans des processus complexes.
  • Un vent de face potentiel pour les pays en développement qui ont toujours compté sur la fourniture de main-d’œuvre peu chère aux pays développés. La Chine fournit l’exemple le plus récent ; elle a ainsi fourni le terrain d’exploitation et la main d’œuvre peu chère et, en retour a bénéficié d’une croissance d’emplois, de la formation de ses travailleurs et de ses gestionnaires, de la technologie, du transfert des connaissances, et, au final des  compétences nécessaires et du savoir-faire pour tenir toute la chaîne de production. La hausse de la robotique pourrait signifier la fin de cette feuille de route.

À ce jour, les robots sont principalement utilisés dans trois secteurs industriels :  la fabrication, le service (par exemple la défense) et la robotique personnelle (par exemple, le nettoyage).

Le plus grand segment robotique se situe dans l’industrie robotique industrielle, qui représentaient plus de 60% de la valeur de robots totales en 2010. Les robots industriels sont limités essentiellement aux véhicules à moteur pour la manutention et le  soudage, mais la nouvelle génération de robots industriels avec des capacités de vision et une mobilité accrue grâce à des améliorations de logiciels ont élargi les applications d’origine à l’emballage, la peinture et l’entreposage dans les industries automobile et hors automobile, comme l’électronique, les cosmétiques et l’alimentaire. Toutefois, le développement dans les industries non automobiles est encore faible, même dans un pays de premier plan comme la Corée du Sud. Alors que l’industrie automobile continuera à être un moteur de croissance clé car elle n’hésite pas à se servir des nouvelles technologies et à utiliser des matériaux nouveaux qui nécessitent de nouvelles lignes de fabrication (par exemple les véhicules électriques), la demande globale pour la robotique va se diversifier.

Si la croissance industrielle de la robotique a été modeste au cours de la dernière décennie, les perspectives à moyen et à long terme sont positives pour les raisons suivantes également :

  • Une nécessité d’évoluer. Même indépendamment de l’accessibilité des travailleurs, la nouvelle génération de produits miniaturisés, à multiples facettes avec des cycles de vie courte (c’est-à-dire téléphones cellulaires, caméras, etc.) requièrent une adaptabilité rapide, l’exactitude et la cohérence sur la ligne de production qui sont bien au-delà des compétences de l’homme. Les robots, eux, permettent de satisfaire le besoin de se ré-équiper beaucoup plus rapidement avec un investissement en capital plus faible tout en passant d’une spécification du produit à l’autre.
  • Une spirale d’auto-propulsion. Dans la mesure ou certaines entreprises  vont adopter,ces nouvelles technologies, la concurrence sera forcée de se mettre à niveau ou de faiblir. L’utilisation de la robotique a ainsi aidé Samsung à asseoir sa réputation dans des secteurs comme celui de la  fabrication de télévision. Des usines hautement automatisées de Samsung ont permis à la société sud-coréenne d’offrir des produits de qualité à faible coût. Comme les prix ont baissé, les géants japonais comme Panasonic et Sharp ont dû emboîter le pas.

Le solde de 40% des livraisons de robots est constitué de robot liés au service et de robots dits « personnels ». Les progrès réalisés dans les développements non-industriels de la robotique ont été lents en raison des coûts de recherches et de développements initiaux lourds. Les applications militaires et médicales ont été les principaux moteurs de l’expansion récente de la robotique de service. En raison de la spécialisation et de l’exclusivité (par exemple, les projets gouvernementaux commandés), la valeur unitaire des robots de service est nettement plus élevée. En 2010, la valeur unitaire moyenne pour un robot de service était d’environ US $ 230k par rapport à US $ 48k pour un produit industriel.

Les technologies n’ont pas toujours eu un impact direct sur le monde qui les entouraient. Le premier train à vapeur n’a véritablement eu d’impact sur la vie de tous qu’une fois que son coût devint abordable au plus grand nombre. L’impact des ordinateurs n’était pas évident jusqu’à ce qu’Internet et d’autres applications n’apportent la révolution numérique dans chaque foyer.Les perspectives de la robotique sont si prometteuses que nous pouvons désormais entrer dans une nouvelle ère de la révolution industrielle. En raison de la croissance exponentielle des innovations technologiques dans les appareils photo, la reconnaissance vocale, les capteurs de vision et de réseau sans fil, le prix des robots a considérablement diminué alors même que la technologie a considérablement gagné en qualité. Les pays en développement qui ont toujours compté sur le travail fourni risquent de devoir réinventer un modèle de croissance.

Il s’agit d’un nouveau monde en effet.

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