A Bruxelles, on a « tout mis sur la table » mais François Hollande a vite remballé

François Hollande aime bien l’expression. Quand les autres ne partagent pas ses vues, il demande qu’on mette « tout sur la table ». Mais à chaque fois les Européens n’en veulent pas.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Merkel (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

A Bruxelles, on a « tout mis sur la table » mais François Hollande a vite remballé

Publié le 1 juin 2012
- A +

François Hollande aime bien l’expression. Quand les autres ne partagent pas ses vues, il demande qu’on mette « tout sur la table ». Mais à chaque fois les Européens n’en veulent pas.

Article publié en collaboration avec l’Aleps.

François Hollande aime bien l’expression. Quand les autres ne partagent pas ses vues, il demande qu’on mette « tout sur la table ».

Mercredi soir à Bruxelles, il a mis sur la table les euro-obligations ou euro-bonds. Le jeu de cette émission d’emprunts garantis par les Etats de l’Union européenne consiste à « mutualiser la dette » : ceux qui ont perdu tout crédit et accumulé une dette astronomique peuvent se dispenser d’emprunter sur les marchés financiers à leur propre compte, parce que ce sont tous les Européens, créditeurs ou débiteurs, qui emprunteront, les bons élèves servant de caution aux mauvais. En clair, les Allemands et les quelques pays structurellement créditeurs (comme les Suédois) s’engageraient à payer pour les débiteurs invétérés. Tant que la France était du bon côté, l’opération était plausible Mais à son tour la France a perdu beaucoup de son crédit, de sorte que l’essentiel du risque pèserait sur les Allemands. Ils n’en veulent pas.

Après quoi, François Hollande a mis sur la table la taxe sur les transactions financières. Ici ce sont les Anglais qui la refusent, craignant à juste titre que la place de Londres soit désertée au profit de quelque paradis financier américain ou asiatique. De plus les Anglais utilisent beaucoup plus les fonds d’investissements que les banques pour financer les crédits longs, et seraient donc davantage touchés par une telle taxe.

Reste enfin la lancinante question des Grecs. Pour l’instant l’accord pour garder la Grèce dans la zone euro semble encore solide, mais en Allemagne, beaucoup d’amis d’Angela Merkel souhaitent la rupture. Les banques créancières des Grecs sont surtout françaises (le Crédit Agricole est fortement menacé), tandis que les pertes sur les crédits accordés par le Fonds Européen de Solidarité Financière seraient à la charge de l’Union entière (mais l’Allemagne a été le plus gros apporteur au Fonds).

Tous ces résultats paraîtront bien minces au regard des airs de Matamore du Président, qui voulait revoir tous les traités et toute la politique économique de l’Union. Les discours sur la finance, la spéculation, la nouvelle Europe solidaire, vont peut-être s’entendre quelques semaines encore, au moins jusqu’aux législatives. Puis on passera aux choses sérieuses, restées sous la table.

Sur le web

Voir les commentaires (74)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (74)

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don
Macron présidentielles
3
Sauvegarder cet article

La démocratie n’a pas toutes les vertus qu’on lui prête habituellement ; encore convient-il de la définir avec précision, car « les mots sont traîtres et finissent par désigner des réalités bien différentes de celles qu’on leur avait auparavant assignées » Ainsi des dictatures ont-elles été appelées « républiques démocratiques ».

Au-delà de ces extrêmes la démocratie contemporaine se fourvoie de trois manières.

 

Les dérives de la démocratie

La première consiste à croire, comme le faisait Jean Baechler, que la démocr... Poursuivre la lecture

Par Philbert Carbon. Un article de l'IREF France

C’est sous cet intitulé alléchant que s’est tenue, le 10 janvier 2023, une soirée-débat à l’initiative de La Fabrique de l’industrie, le think tank de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM).

Pour commencer, arrêtons-nous sur le mot « souveraineté » qui a bien besoin d’être défini. Le co-président de La Fabrique de l’industrie, Pierre-André de Chalendar, par ailleurs président du groupe Saint-Gobain, rappela que souveraineté ne veut pas dire indépendance ni ... Poursuivre la lecture

défense européenne
1
Sauvegarder cet article

Il est difficile de trouver quelqu'un qui a quelque chose de positif à dire sur 2022 : les réussites économiques, sociales, éthiques, politiques, géopolitiques ont été rares ; les souffrances et les revers ont été monnaie courante. Où était le leadership pour revendiquer le succès, pour inspirer et pour dépeindre le meilleur de l'humanité ?

Nos perspectives d'avenir se sont assombries et les attentes ont été tempérées à plusieurs reprises par l'affirmation que « ce n'était pas aussi grave que nous le craignions ». Le principal thème ré... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles