G8 au parfum soviétique

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Alors que François Hollande s’est félicité d’avoir placé la question de la croissance au sommet du G8 auquel il participait pour la première fois, on reste ahuri devant le communiqué final de Camp David

Alors que François Hollande s’est félicité d’avoir placé la question de la croissance au sommet du G8 auquel il participait pour la première fois, on reste ahuri devant le communiqué final de Camp David.

Un billet d’humeur de Guy Sorman.

Les dirigeants politiques des huit nations les plus riches du monde, réunis autour de Barack Obama à Camp David, se sont prononcés ce jour, pour la croissance. Mais qui serait contre ?

Il ne leur manque que d’avoir annoncé le taux de croissance pour les cinq prochaines années comme le firent naguère le Gosplan soviétique et sur son modèle, le Commissariat au Plan français. On reste ahuri : l’économie n’obéit pas aux injonctions mais aux innovateurs et aux entrepreneurs. Il appartient aux gouvernements de sécuriser le paysage à long terme, par le maintien de l’état de droit et des prélèvements publics prévisibles.

Certes, il a été question dans le communiqué final, de « responsabilité fiscale » : juste terme, plus précis que l’austérité qui est seulement un slogan partisan. Mais cette responsabilité fiscale dont Obama n’a jamais fait preuve, n’a été mentionnée que comme concession à l’Allemagne alors que les déficits publics sont la cause première, en ce moment, de la croissance lente ou nulle dans les pays du G8.

En vrai, le G8 aura reflété les tactiques de gouvernements en campagne – Obama, Hollande – plus qu’une quelconque vérité ni stratégie économique. Ce que peu de médias auront observé, considérant qu’il existerait un débat entre austérité et croissance. Ce débat n’existe pas.

 

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