L’allocation universelle, une bonne direction, un mauvais chemin

Dirigeons-nous vers la société de propriétaires, pour que les gens puissent percevoir des revenus périodiques détachés de leur travail

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L’allocation universelle, une bonne direction, un mauvais chemin

Publié le 26 avril 2012
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Le chemin vers la prospérité de la communauté ne passe pas par l’instauration de systèmes étatiques de redistribution des revenus, mais par la promotion de la transition vers une société de propriétaires. C’est-à-dire, avant de créer des passifs universels pour une société, il est indispensable de créer des actifs suffisants pour les payer : en cas contraire, comme le sait tout comptable, ce qui se produit est une décapitalisation massive.

Par Juan Ramón Rallo, depuis Madrid, Espagne

Quelque part vers 2006, quand les caisses publiques débordaient des revenus dérivés de la bulle du crédit que connaissait toute l’Europe, un des débats qui attiraient le plus la gauche – ici et à l’étranger – était ce que l’on appelle l’allocation universelle ou le revenu vital, à savoir le supposé droit qu’aurait toute personne, pour le simple fait d’être venu au monde, de percevoir un subside.

Aujourd’hui, bien entendu, un tel débat est tombé aux oubliettes ; principalement parce que, comment sut bien le comprendre Margaret Thatcher, le socialisme a besoin qu’il y ait de la richesse pour pouvoir dépouiller, se maintenir et s’étendre. Avec le garde-manger qui n’est déjà plus vide mais éventré, de tels messages pourraient être attirants et même être intégrés dans des plans d’action politique (voir le programme de gouvernement socialo-communiste en Andalousie), mais n’ont aucune chance de se matérialiser… au moins en Espagne. Dans des sociétés où l’interventionnisme hypertrophié n’a pas encore ruiné les citoyens, le débat non seulement reste vif, mais si l’argent était là, quelque chose de ce genre pourrait être implanté.

La semaine dernière, le bulletin fédéral de Suisse a publié une proposition pour établir une allocation universelle de €2.000, chose qui, selon ses promoteurs, aurait comme effet bénéfique que « sans la nécessité de gagner de l’argent pour manger, on offrirait la possibilité à tout le monde de se consacrer à ce qu’il veut. »

Beaucoup de libéraux se pressent de rejeter ce type de proposition avec l’argument incomplet selon lequel tout le monde devrait travailler, quand, en réalité, il n’est pas besoin d’aller si loin. De fait, l’idée que chaque fois plus de gens peuvent vivre sans travailler – ou consacrer leurs temps libres à des activités dont l’objectif n’est pas d’obtenir un revenu monétaire – n’est pas si farfelue qu’il pourrait sembler : simplement, il est nécessaire d’orienter les incitants de manière adéquate. Comme cela se produit parfois, la gauche pourrait bien indiquer un objectif social désirable (que l’éducation et la santé de qualité s’étendent à tout le monde, que l’on perçoive des pensions les plus élevées possibles, que l’environnement ne soit pas dégradé de manière extraordinaire, que nous puissions prospérer sans travailler) et miser sur des moyens inadéquats (la coercition étatique). Essayons de clarifier l’affaire.

Les problèmes de l’allocation universelle étatique

Le problème de l’allocation universelle étatique est qu’il consiste en une banale redistribution de la richesse. Ses bénéficiaires ne se sentent pas nécessairement incités à produire les biens et les services les plus demandés par les autres personnes, bien qu’ils désirent les consommer. De manière évidente, on ne peut seulement consommer que ce qui a été préalablement produit, de sorte que si chacun des producteurs se consacrait à fabriquer ce qui lui plaît individuellement au lieu de ce que les autres individus demandent, la qualité des biens à redistribuer ira en se détériorant et le système s’effondrerait, au milieu d’une paupérisation généralisée.

Supposons que, grâce à l’allocation universelle, tous les agriculteurs, peu épanouis par la dure activité que suppose labourer, décident de se consacrer à des activités plus récréatives et satisfaisantes comme, par exemple, prêter leurs services à la communauté. Quelle serait la conséquence ? Que la société connaîtrait une pénurie absolue d’aliments, en même temps qu’elle enregistrerait un excédent de l’offre de services sociaux.

Dit d’une autre manière : le problème n’est pas tant que les bénéficiaires de l’allocation universelle ne travaillent pas ou qu’ils ne travaillent pas dans des activités de valeur et méritoire, mais qu’ils ne verraient pas pourquoi ils devraient consacrer leurs efforts à la fabrication de ces biens et services les plus nécessaires pour tous. Et pourquoi ? Parce que les salaires perdraient une grande partie de leur rôle de transmission de l’information sur l’endroit où il faudrait diriger la main-d’œuvre (moins vers les services sociaux, plus vers l’agriculture). Parce que le problème de l’allocation universelle n’est pas qu’elle favorise la fainéantise, mais qu’elle détruit une grande partie de l’ordre et de la coordination existante dans la division du travail (et plus grande sera l’allocation universelle étatique, plus grande seront les dimensions de la destruction).

Oui, tous les citoyens recevraient une allocation, mais ne pourraient acheter ce qu’ils désireraient. L’allocation universelle publique se base purement et simplement sur le fait que l’État retire une partie de leur richesse à ceux qui la produisent pour la donner à ceux qui cessent de la produire. Il s’agit clairement d’une course vers la misère (particulièrement si le montant de l’allocation universelle est très élevé, comme en principe le souhaiteraient ses promoteurs). Imaginez-vous sur une île déserte, essayant d’atteindre une noix de coco et, changeant d’avis, cesser de grimper le long de l’arbre et vous dire : « Je vais supposer que je dispose déjà de la noix de coco, pour que je ne sois pas contraint de la cueillir. » Évidemment, vous pouvez vous tromper vous-même pensant que vous avez déjà la noix, mais le fait est que vous ne l’avez pas.

L’alternative : une rente de propriétaires

Est-ce que tout cela signifie que l’être humain est condamné à gagner son pain à la sueur de son front ? Pas nécessairement. Il existe une alternative qui, loin de détruire la division du travail, permet de l’améliorer : devenir rentier.

Le rentier est une personne qui a accumulé suffisamment d’actifs pour vivre des revenus que ceux-ci génèrent. Sa situation est assez semblable à celle que désire tout ce petit monde des partisans de l’allocation universelle ; mais il y a une différence substantielle : les revenus du rentiers proviennent de la production et de la ventes de biens et de services demandés par les consommateurs.

Le rentier, donc, ne sort pas de la division coordonnée du travail, mais s’y insère. Tandis que des allocations universelles étatiques très élevées conduisent la société vers l’appauvrissement généralisé, celles dont jouit le rentier sont la conséquence de l’enrichissement de la société.

Le rentier peut vivre sans travailler ou consacrer son temps à des activités non rémunérées, oui, mais il peut le faire parce qu’il substitue son offre de main-d’œuvre par une plus grande offre de biens et de capital. Si l’allocation universelle étatique dissocie la consommation de la production (on a le droit de dépenser même si l’on n’a rien apporté), la rente privée ne dissocie seulement la consommation que du travail (mais continue de lier la consommation avec la production dérivée de biens de capital). Le rentier ne pille pas la richesse que créent d’autres, mais il consomme celle que lui-même génère pour le marché : il ne participe pas à un jeu à somme nulle, mais à un jeu à somme positive.

En définitive, le chemin vers la prospérité de la communauté ne passe pas par l’instauration de systèmes étatiques de redistribution des revenus, mais par la promotion de la transition vers une société de propriétaires. C’est-à-dire, avant de créer des passifs universels pour une société, il est indispensable de créer des actifs suffisants pour les payer : en cas contraire, comme le sait tout comptable, ce qui se produit est une décapitalisation massive.

Donc, oui, dirigeons-nous vers la société de propriétaires, pour que les gens puissent percevoir des revenus périodiques détachés de leur travail. Mais pour cela, nous n’avons pas besoin de plus d’État, mais moins ; concrètement, nous avons besoin d’une fiscalité beaucoup moins confiscatoire, qui permette l’accumulation privée de capital.

—-
Article publié par Libertad digital. Traduit de l’espagnol.

Lire aussi : « Allocation universelle, redistribution classique ».

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  • Que se passe-t-il si nous organisons l’allocation universelle comme suit : un pourcentage fixe (et faible) de l’impôt sur le revenu finance l’allocation universelle (ou impôt négatif.. au choix).

    Ainsi la somme serait variable. Si l’activité économique baisse, les revenus imposables baissent, mais l’allocation étant financée par un pourcentage fixe, celle-ci baisserait également.

    • « ceux qui produisent se voient toujours enlever une partie de la richesse qu’ils créent »

      Cette « partie », qu’elle serait sa proportion ? Pour autant que je sache, elle ne serait pas, selon certains, plus grande que celle qui est déjà prélevée. On peut être partisan du revenu universel et partisan aussi de la baisse du budget de l’état, les deux objectifs ne sont pas incompatible.

      Par ailleurs, qu’obtient on en échange de cette richesse distribuée à tous et donc aux pauvres aussi. On obtient des pauvres qui sortent de leur état d’insécurité, de dépendance voire d’exploitation. Ca ne peut conduire qu’à une société plus paisible, au bénéfice de tous.

      La misère est génératrice de violence dans la société, elle fait donc obstacle à ce que nous voulons d’une société « civilisée ». Qui le conteste ? Le revenu universel combat la misère sans plonger qui que ce soit dans l’assistanat, contrairement à bien des « aides » actuelles. En effet, étant inconditionnel, il ne contient pas les mécanismes « désincitatifs » qu’on reproche aux aides conditionnées.

      Bref, le revenu universel, ce n’est rien de plus qu’un service public supplémentaire, des routes bien entretenue si l’on veut, des routes immatérielles, pour sortir les plus démunis de l’ornière. Ca ne peut pas être mauvais pour l’économie, à fortiori l’économie « immatérielle », qui dans nos pays riches constitue le principale réservoir de croissance.

  • Pourquoi opposer les deux notions ? Elles sont complémentaires.

    D’un coté un revenu universel garantissant une certaine autonomie des personnes, désormais à l’abris d’abus les réduisant à l’état d’esclaves modernes.

    De l’autre, un moyen pour les plus ambitieux d’exprimer leur potentiel, à l’abris des captations de richesse par une armée de bureaucrates au service d’une élite corrompue.

    C’est se faire une fausse opinion de la nature humaine que d’imaginer qu’une partie significative de la société cesserait de s’activer et produire simplement parce que les besoins vitaux seraient satisfaits (cf pyramide de Maslow).

    Il suffit pour s’en convaincre d’observer à quel point des gens continuent de s’activer pour s’enrichir alors même que la fiscalité est décourageante.

    Bref, opposer le revenu universel à une réduction de l’étatisme, c’est s’imposer un choix qui n’a pas lieu d’être, les deux concepts vont dans le même sens, celui d’une autonomie plus grande des personnes.

    • Je voudrais revenir sur la notion de « besoin vitaux ». Ce sont les choses dont on ne peut pas se passer pour vivre, jusque là tout le monde est d’accord.
      Pour vivre il faut manger boire tout les jours, manger 1 jour sur 2 et avoir un abri pour les 3-4 jours dans l’année où il fait très froid (sous nos latitudes).
      Le reste n’est qu’accessoire, portable, électricité, vêtements sans trous, eau courante, etc….
      Donc avec le RSA (RMI) ou même avec l’aumône il n’y a AUCUN problème à satisfaire les besoins vitaux.

      Concernant l’activité humaine et le poids de la fiscalité il se trouve que beaucoup d’entrepreneur n’entreprennent pas en France (http://h16free.com/2012/04/26/14815-pourquoi-la-france-a-deja-perdu-la-bataille). La fiscalité a un impact sur le comportement.

      • Les esclaves vivaient, ce n’est pas pour autant que leurs besoins « vitaux » étaient satisfaits.

        A mon sens, une société riche qui ne procure pas à chacun, sans condition, les deux premiers niveaux de la pyramide de Maslow, s’apparente plus à une société féodale qu’à une société démocratique. Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide_des_besoins_de_Maslow

      • La meilleure allocation universelle est le plein-emploi.

      • « Pour vivre il faut manger boire tout les jours »

        Et pour manger, il faut produire ce dont les gens ont besoin. Le temps de la cueillette estivale, c’est fini depuis la découverte de l’agriculture.

        « Donc avec le RSA (RMI) ou même avec l’aumône il n’y a AUCUN problème à satisfaire les besoins vitaux. »

        Demain, une méga catastrophe naturelle se produit. Plus rien à manger. Quelle est l’utilité de ton RSA dans ces conditions ?

    • J’ai un peu de mal à considérer ces phénomènes décolérés de toutes variations de prix. L’exemple donné dans l’article des agriculteurs mérite une explication plus claire que « la société connaîtrait une pénurie absolue d’aliments, en même temps qu’elle enregistrerait un excédent de l’offre de services sociaux ». Tout d’abord un debut de pénurie fera monter les prix des aliments, ce qui augmentera l’intérêt de travailler dans l’agriculture. Pour moi, c’est une raison suffisante pour que l’agriculteur attiré par l’appât du gain continue de travailler…
      Quelqu’un a-t-il d’autres article sur cette allocation analysée par des libéraux?

  • Je n’aime pas ce genre d’articles théoriques coupés de la réalité.
    Parce que la réalité c’est la redistribution étatique existe aujourd’hui, et sous la forme la plus nuisible qui soit : bureaucratique, tatillonne, clientéliste, propice à la fraude et aux abus mais grossièrement inefficace.
    Ça n’a absolument aucun sens de comparer l’allocation universelle à une situation imaginaire idéale, ce qu’il faut faire c’est comparer l’allocation universelle à la situation actuelle.
    La question à se poser est donc : l’allocation universelle, transparente, sans conditions dont à cout administratifs minimaux et sans effet de des-incitation au travail à usage libre donc sans déformation des préférences des consommateurs donc des prix, est-elle une meilleure solution que les systèmes actuelles d’allocations spécifique et de privilèges divers (gratuité etc.) sous conditions de ne rien foutre ?
    La réponse est assez évidente

    PS
    accessoirement l’argument de fin qui compare l’allocataire au rentier propriétaire se retourne comme un gant : si le rentier propriétaire n’est pas nuisible à l’économie l’allocataire ne l’est pas non plus, et inversement si l’allocataire est nuisble alors le rentier l’est aussi. La façon dont la rente a été acquise est sans objet : il importe peu qu’elle est été acquise à la sueur de son propre front, de celui d’un géniteur (héritage), d’une libéralité (Merci Mme B.) ou de l’état (allocation, pension …).
    Ce qui peut compter éventuellement c’est ce qui peut faire perdre la rente / l’allocation ; et le fait que se remettre à « gagner sa vie » soit un motif pour perdre la rente d’état (les allocs) est un puissant motif pour ne pas le faire, donc rester dans la merde et ne pas contribuer à l’économie générale

    • J’avoue ne pas trop comprendre la thèse de Rallo selon laquelle l’allocation universelle brouille l’information sur les salaires et donc les investissements à réaliser.

      • Si une partie majeure de la société en venait à vivre exclusivement de l’allocation universelle, il est possible effectivement que ce modèle ne soit pas viable, car pervertissant le marché du travail.

        La question étant : est-ce que les gens s’arrêteraient en masse de travailler ?

        Certains peut-être, par choix, par incapacité, mais beaucoup continueraient de vouloir satisfaire leurs besoins « non vitaux » et auraient pour cela besoin de ressources que seul leur travail pourrait leur apporter.

      • Je comprends que j’aurai plus d’incitations à rien foutre ou bien faire ce qui me plait vraiment, c’est-à-dire des travaux moins physiques ou moins fatigants.
        Et si tout le monde pense ainsi, alors certains biens basiques demandant justement une activité physique ou fatigante cesseraient d’être produits, entrainant la pauvreté générale.

      • C’est oublier deux choses :
        1/ il y a encore de par le monde, beaucoup de pays pauvres, qui progressivement deviennent riches.
        2/ Qu’il n’y a rien de choquant à fournir à ces étrangers du travail, ici, *dès lors* que le fruit de ce travail participe à l’enrichissement de la société dont ils sont issus et dans laquelle, c’est assez naturel, ils aspirent à vivre et ne quittent que contraints par des nécessités.
        3/ Quand ces pays seront devenus à leur tour riches, ça va prendre du temps, on peut faire le parie que la technologie aura résolu le problème de peinture et de ménage que vous soulevez.

        Bref, l’histoire est en marche, l’objectif est le même partout, et si certains ont la chance d’être en avance, pour autant que ce ne soit pas sur le dos des autres, il convient juste d’être confiant et de laisser les petites fourmis que nous sommes libres de travailler ou pas, puisque de toute façon nous n’avons pas vocation à dormir au soleil, sans quoi nous serions toujours en train de manger des fruits dans les arbres comme nos ancêtres.

      • @tremendo : c’est normal que tu ne comprenne pas parce que cette thèse est simplement fausse :
        les allocs brouille seulement le signal sur les prix à la consommation (exemple : l’allocation logement augmente la solvabilité de la demande de logement, donc les prix du logement)
        Ce qui impacte les salaires et les investissements c’est d’une part la réaction de l’offre à cette demande perturbée, d’autre part le prélèvement qui finance les allocs selon qu’il est assis sur les salaires ou le capital.

        • méfie-toi, continue à tout mélanger et tu vas finir socialiste, toi…
          le SMIC n’est pas une alloc, c’est même le contraire (SMIC = taxation sur le travail à prix inférieur au SMIC en quantité suffisante pour qu’il coute quand même le SMIC)
          dans le système « chômage » ce qui impact le marché du travail c’est le prélèvement qui finance les allocs (renchéri le cout du travail) pas les allocs elle même ; si c’était un généreux émir pétrolier qui finançait ça, quelle serait le problème ?

    • Et les recette de l’État français, c’est €308 milliards en 2010.
      En 2012, c’est 366 milliards d’euros
      http://voila-le-travail.data-projet.com/budget2012/#ancre

    • Au fait le PIB est à 2000 milliards d’euros, le poids de l’Etat est à 56% du PIB, mais le budget de l’ETAT est de 366 milliards.
      Le budget de l’Etat ne devrait-il pas être de 1200 milliards?

    • on finance l’alloc universelle en supprimant les allocs spécifiques, en rendant payant tous les services publics prétendument gratuit (et en les soumettant à la concurrence, évidemment), en utilisant le produit des loyers de l’immobilier para-étatique (les HLM, remis au prix du marché évidement) etc.
      la France est moins riche que la suisse et elle ne dépense « que » 1100 milliards en dépense socialisées (si on soustrait ces trucs financés par endettement mais qu’on rajoute les faux gratuits/subventuionné comme le logement HLM ou la SNCF on reste dans le même ordre), mais ça fait quand même pas loin de 1400 € par personne et par mois.
      Et évidemment TANSTAFL : les prix redeviennent normaux, il faut payer le médecin, l’école, le logement sans subvention HLM, le train et la RATP à son vrai prix, etc. Ceux qui ne foutent rien ont toujours autant de mal à joindre les deux bouts, il n’y a pas de désincitation économique à créer des richesses.

    • L’état (en sens large avec le para-public comme la Sécu, mais hors régalien+ fisc éventuellement) n’a pas besoin de fermer a priori (encore qu’a posteriori, ce sera pour lui comme pour tout le monde : satisfaire la clientèle ou crever en laissant la place à plus efficace) .
      Donc il ne s’agit pas de décider qu’on passe à l’anarcapie, il s’agit juste de rendre apparent les « cadeaux » que l’état nous fait .(.. avec notre propre fric), et de rendre libre leur usage ; bref de rétablir la vérité des prix. Ça n’introduit aucune distorsion économique, au contraire ça met en place tout ce qu’il faut pour corriger un gros paquet des distorsions existantes : toutes celles du coté consommation (évidemment ce n’est pas miraculeux : ça ne corrige les distorsions causées par les prélèvements ).

      Arrete de faire ton socialiste : c’est pas en répétant ad nauseam ta pétition de principe qu’elle deviendra une conclusion logiquement valide. L’allocation universelle n’est pas une panacée mais c’est un progrès (en supposant évidemment qu’elle rse substitue à l’existant, et non s’y ajoute), comme le chèque-éducation serait un progrès par rapport à l’actuel Mammouth.

  • Maintenant que j’y pense, y a t’il vraiment un impact d’une telle allocation universelle?
    Si je touche déjà 2000€ par mois sans rien faire le ménage je ne le fais pas à 10€/h mais plutôt 30 ou 40€/h, les produits à la consommation vont monter, les salaires aussi donc finalement l’impact sera assez faible. On risque juste de manquer de masse monétaire, ce serait une forme d’inflation.
    J’ai dit une grosse connerie?

    • Inflation impossible : dans l’eurosystème la France ne peut pas imprimer 2000 €/mois et par personne, aucun investisseur ne sera assez con pour mettre des billes dans un emprunt mensuel de 100 milliards pour financer un cadeau, quand aux prélèvements obligatoires ils sont déjà du mauvais coté de la courbe de Laffer (si on les monte on baisse leur rapport).
      L’etat ne peut trouver le fric que dans sa ressource propre (et grosso modo ça colle) : l’ensemble des « services publics », simplement en les facturant (même à prix coutant), et bien sûr en les ouvrant à la concurrence.

      • Mais bougre de Bernard Maris à la graisse de Mermet, puisqu’on te dit qu’il n’est pas question de « doubler les revenus sans justification de productivité », mais simplement de transformer l’ensemble des prestations publique en un chèque unique, à charge pour toi de te payer les services correspondant !
        tu le fait exprès ou tu es vraiment aussi tête de pioche que ça ?

        PS : Les économistes, les vrais, savent que
        « l’inflation est toujours et partout un phénomène purement monétaire ». Sans impression de (faux) billets, ou (ce qui revient au même) sans manipulation des taux d’intérêt, l’inflation n’est simplement pas possible : pas de changement dans la valeur de la monnaie, pas d’inflation. Par définition. Mais si tu es keynésien, si tu crois que l’inflation n’a rien à voir avec la monnaie, je ne peux rien pour toi.

        • Ah bravo, à force de troller tu viens sans même t’en rendre compte de te transformer en un zoli socialiste.
          Bravo, bel effort 🙂
          Ben oui, parce que proclamé (comme tu viens de le faire) qu’il est plus débile donner 1000 € à quelqu’un que de lui donner pour 1000 € de service obligatoire par l’état (valeur et qualité du service comptées et décidées par l’état lui même bien sur, sans que l’avis du consommateur compte) c’est un beau plaidoyer pour l’état providence et contre le libéralisme.
          Encore bravo. LOL.

  • Partisan de l’allocation universelle dans sa version libérale je suis tout à fait opposé à la proposition suisse. Elle est aberrante aussi bien dans son fonctionnement que dans sa justification.

    Sinon j’ai rarement lu un article aussi babebibobuesque sur le sujet.

    • Sans vouloir reprendre notre précédent débat sur le sujet, il ne peut pas y avoir « d’allocation libérale » : ces deux termes sont en opposition irréconciliable. « A chacun selon ses besoins » ne peut pas être soluble dans le libéralisme.

      Une des prémisses fausses justifiant l’allocation, quelle que soit sa forme, est de croire que les plus pauvres auraient besoin d’argent alors qu’ils ont besoin d’un environnement leur permettant de convertir leur travail en capital. Les plus pauvres ont avant tout besoin d’un environnement protecteur de la propriété privée.

      Relire de Soto ! Son analyse concernant les pays pauvres est tout à fait valable pour les social-démocraties, épuisées à force de lutter contre le capital, engluées qu’elles sont dans l’impossible synthèse du capitalisme et du socialisme.

  • Alors d’un côté on dit que la liberté est fondamentale et que les gens sont responsables de leurs actes, et de l’autre on dit que si on les laissait faire (exemple de l’agriculteur), ils agiraient possiblement de façon irresponsable ? Cherchez l’erreur.

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