L’histoire du billet magique

La parabole du billet magique ne peut être appliquée au monde réel.
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L’histoire du billet magique

Publié le 25 avril 2012
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La parabole du billet magique – à savoir que l’économie ne souffre seulement que d’un manque de liquidité qui peut être facilement réglé en élargissant l’offre monétaire (ou sa vitesse de circulation) et le crédit – ne peut être appliquée au monde réel, où cette expansion peut finir par aggraver la situation et où, dans tous les cas, il n’y a pas de touristes qui viendront laisser leurs billets sur les comptoirs.

Par Carlos Rodríguez Braun

L’histoire suivante a joui d’une large diffusion. Un touriste arrive à l’hôtel dans un village, il laisse un billet de €100 sur le comptoir et demande à visiter les chambres. Quand il est hors de vue, le propriétaire prend le billet et court payer sa dette du même montant auprès du boucher ; celui-ci se dépêche de solder ses comptes pour un même montant auprès du boulanger ; ce dernier devait €100 à la prostitué, qui les prend et, à son tour, se dirige vers l’hôtel et pose le même billet sur le comptoir en paiement de ce qu’elle devait au propriétaire. À ce moment, le touriste revient, dit qu’il n’a pas aimé les chambres, reprend son billet et s’en va. Personne n’a rien produit, personne n’a rien gagné, mais le village vit sans dettes et peut regarder le futur avec plus de confiance. Abracadabra ! Il suffit que l’argent circule pour surmonter la crise.

La clé de ce paradoxe réside dans le fait que la visibilité de l’accessoire cache le principal. Si les habitants du village conservent leurs emplois et leurs actifs intacts, et ne doivent de l’argent qu’à eux-mêmes, les €100 du touriste ne sont pas nécessaires pour annuler les dettes : cela pourrait simplement se faire si les quatre acteurs parlaient simplement entre eux, et c’est ce qui se fait dans le monde réel via des systèmes de compensation. De la même façon, le temps durant lequel le touriste s’est défait de ses €100 est si bref que nous ne percevons pas que nous assistons à une appropriation indue, occultée par le fait que quand le propriétaire du billet revient au point de départ, il peut récupérer son billet.

Ainsi, comme le problème que prétend illustrer cette histoire imaginaire n’est pas un problème, ni ne réclame la solution proposée, dans la réalité, les choses sont très différentes et, par conséquent, cette solution ne sert pas. Dans la réalité, le gros des dettes, nous ne nous les devons pas les uns aux autres, mais aux banques (qui, à leur tour, prêtent à l’État), qui peuvent prêter sous la protection du système public de banques centrales, de telle sorte qu’elles génèrent des bulles qui débouchent sur des dettes gonflées qu’on ne peut plus payer, soutenues par des actifs qui valent beaucoup moins qu’avant, et à charge des travailleurs qui perdent leur emploi ou des entrepreneurs qui font faillite.

La morale que l’on peut retirer de la parabole du billet magique, à savoir que l’économie ne souffre seulement que d’un manque de liquidité qui peut être facilement réglé en élargissant l’offre monétaire (ou sa vitesse de circulation) et le crédit, est qu’elle ne peut être appliquée au monde réel, où cette expansion peut finir par aggraver la situation et où, dans tous les cas, il n’y a pas de touristes qui viendront laisser leurs billets sur les comptoirs, mais bien des contribuables ruinés par les autorités et forcés par elles de remettre leur argent pour des sauvetage qui leur sont étrangers. Un argent, bien sûr, que ces contribuables, au contraire du touriste, ne récupèrent pas.

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Traduit de l’espanol.

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