L’économie du bon sens (1) : L’économie ou la mort

Comprendre l’économie est indispensable pour comprendre la marche du monde, que l’on vive en économie libre, semi-libre, planifiée

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L’économie du bon sens (1) : L’économie ou la mort

Publié le 24 avril 2012
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Il est de bon ton de dénoncer, en toute occasion, « la dictature de l’économie » sur le débat politique. Aussi n’est-il pas inutile de rappeler pourquoi l’économie est absolument impossible à éluder, et ce indépendamment du type de régime politique en place.

Par Vincent Bénard

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Une nouvelle série initiée par Vincent Bénard : Il est fréquent de constater que les principes de base de l’économie ne sont plus compris par nombre d’interlocuteurs, et que les politiciens en profitent pour nous vendre des discours incroyablement ineptes. Aujourd’hui, j’entame une série d’articles courts de vulgarisation économique pour rappeler quelques évidences, en termes aussi simples que possible, et en évitant tout jargon visant à faire croire que l’économie est une science compliquée.

Je serai parfois « non conventionnel » dans les concepts, car souvent, l’économie « officielle » veut compliquer des choses qui ne devraient pas l’être. Mais à d’autre moments, elle opère des simplifications démenties par l’expérience.

Enfin, cette série ne sera pas forcément très structurée. Contrairement à un livre qui doit avoir un début, une fin et un cheminement, Internet permet un certain désordre dans le traitement des sujets. J’en profiterai allègrement !

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Il est de bon ton de dénoncer, en toute occasion, « la dictature de l’économie » sur le débat politique. Même si ce qui suit paraîtra « basique » voire « au ras des pâquerettes » aux personnes un tant soit peu expertes, il n’est pas inutile de rappeler pourquoi l’économie est absolument impossible à éluder, et ce indépendamment du type de régime politique en place.

Transformer pour vivre

Le niveau de vie, qu’il soit faible ou élevé, de tout individu, découle d’abord de la capacité de la société de transformer des ressources inutilisables sous leur forme brute (du blé, du minerai de fer, une vache) en ressources consommables : du pain et des pâtes, des automobiles, du lait ou de la viande, ou du cuir pour un fauteuil, etc. Ensuite seulement se pose le problème de la capacité de chaque personne à capter une partie de ces ressources.

Sans cette capacité de transformation de l’inutilisable en consommable, nous serions MORTS. En effet, contrairement aux animaux, l’homme est parfaitement incapable de consommer la plupart des produits « bruts » naturels, il doit les transformer pour pouvoir les utiliser.

Mais évidemment, l’évolution aidant, notre consommation est allée bien au-delà de la seule satisfaction de nos besoins basiques. Elle s’est étendue à l’amélioration de l’agrément quotidien de nos vie et à l’allongement de sa durée. Situer la limite entre « besoins » et « envies », « indispensable » et « futile », nous emmènerait trop loin. Retenons seulement que l’homme doit TRANSFORMER pour VIVRE.

Transformer, c’est échanger

Pour qu’une ressource devienne un produit consommable, il faut qu’il soit CONÇU, FABRIQUÉ, DISTRIBUÉ. Trop de gens, y compris des « économistes », assimilent la création de valeur à la seule production. Mais la conception (qui peut être basique ou au contraire très évoluée) et la distribution contribuent également très fortement à la création de richesse.

Par conséquent, pour qu’une économie fonctionne, il faut que soient rendues possibles la création et la diffusion de produits « consommables » à partir de ressources « inutilisables » à l’état brut. Ce n’est pas une question idéologique : ce besoin de transformation est le même pour tous les êtres humains, qu’ils vivent dans un pays capitaliste, communiste, socialiste, oligarchiste, ou que sais-je encore. Il est le même que le pays soit une démocratie ou une dictature, qu’il soit ouvert à la mondialisation ou protectionniste, que la société soit primitive ou évoluée.

Tout système mettant en relation des êtres humains pour transformer de l’inutilisable en consommable engendre donc des ÉCHANGES, qu’ils soient volontaires ou pas : échanges de marchandises, échanges de force de travail, échanges d’informations.

Sans ces échanges, répétons le, nous serions MORTS. Et quand ces échanges sont limités par la force de mauvaises lois, les vies sont misérables.

L’économie descend de l’homme

L’économie, c’est l’ensemble de ces échanges, et par extension, le nom donné à la science qui étudie ces échanges. L’existence d’une économie est indépendante du système politique ou légal qui régit ces échanges. Les politiciens qui vomissent « l’horreur économique » sont inconséquents : en dénonçant « la dictature de l’économie », ils oublient seulement que l’économie, avant d’être « capitaliste » ou « socialiste », ou que sais-je encore, est d’abord une manifestation inévitable de l’existence de relations humaines.

Comprendre l’économie est indispensable pour comprendre la marche du monde, que l’on vive en économie libre, semi-libre, planifiée. On ne peut s’en laver les mains pour convenances politiciennes.

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