Nous, pipoconomistes, soutenons Hollande

Une fois analysé, le soutien de certains économistes au candidat Hollande ne laisse aucun doute…

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
hollande-lagamelle.jpg

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Nous, pipoconomistes, soutenons Hollande

Publié le 24 avril 2012
- A +

L’entreprise Demeard vient de développer une nouvelle machine assez géniale, le Décodothron, qui permet à partir d’un texte de toute nature d’en fournir une lecture entre les lignes grâce à sa technologie de Numérisation + Reconnaissance de Sous-Entendus. Je l’ai passé sur le texte, assez consternant, des éconofumistes, évidemment paru dans Le Monde, qui — bizarrement — soutiennent Hollande. Et j’obtiens le résultat suivant …

Bon alors voilà, nous sommes économistes et comme nous avons du temps libre, beaucoup, payé par vous, nous suivons avec attention les débats en cours et le festival de promesses rigolotes faites par les candidats à la présidence. Comme nous avons tous bien prévu la crise qui secoue le monde actuel (et nous avons même pu nous enrichir avec nos prédictions), nous nous permettons de juger leur ambition économique à la pertinence des options qu’ils proposent, en particulier pour ce qui concerne la reprise de la croissance et de l’emploi, le redressement de notre compétitivité, la régulation financière, la vision des politiques économiques européennes, le bonheur sur terre, la paix aux hommes de bonne volonté, tout ça et surtout leur capacité à nous offrir une place au chaud une fois élu. Sachons vivre.

Mais comme nous sommes assez culottés, nous jugeons aussi de la crédibilité de leur projet, notamment la cohérence d’ensemble des propositions, leur impact sur la cohésion sociale de notre pays, la constance et la fiabilité des engagements et leur compatibilité avec les contraintes budgétaires. Bon. Ce n’est pas vraiment de l’économie et c’est, bien évidemment, un boulevard à la subjectivité la plus totale, mais nous sommes économistes, hein.

Et comme par hasard, paf, un candidat se dégage à nos yeux, le plus apte à redresser la France et rassembler les Français. Surprise : ce candidat, c’est François Hollande. En toute objectivité.

En effet, comme les options sont nombreuses, les marges de manœuvres larges et les budgets colossaux, l’heure est aux choix. Et avoir le choix, c’est un vrai luxe quand les autres pays sont en crise. Alors que les autres, d’ailleurs, proposent une course absurde (et méchante) vers le moins-disant social, des vilaines politiques d’austérité qui brisent la croissance menu menu, nous, on s’est dit qu’il fallait mettre un terme à ces politiques qui dévastent les économies européennes. La crise de la dette ne pourra se régler qu’en relançant la croissance, avec certes un peu de dette, mais cette fois, ce sera de la *bonne* dette.

Et puis une réorientation de la construction européenne est urgente. Par exemple, renégocions un nouveau Pacte de responsabilité, de croissance et de gouvernance avec nos partenaires européens : ça fait au moins 3 ou 4 sommets dans les tuyaux (facile), avec pas mal de petits-fours, de gyrophares, de champagne, d’hôtesses accortes et de traiteurs payés rubis sur l’ongle. La croissance, ça passe aussi par celle des factures !

Ceci posé, les grosses dettes publiques rendent indispensable l’assainissement des finances. L’objectif de revenir à l’équilibre budgétaire à la fin (ou un peu après la fin) du quinquennat constitue un cadre pratique et finement trouvé puisque repousse très habilement le moment douloureux à plus tard (chose qui n’a pas été tenté sur les 40 dernières années). Certes, pour camoufler la procrastination, il faudra lancer une grande réforme fiscale, mais le cap fixé est aussi bon que celui que fixa, jadis, le Capitaine Edward Smith. Le tout sera de saupoudrer la sodomie fiscale assistée d’une chignole de chantier par des petits mots adoucissants comme « justice sociale » et « efficacité économique » qui ne veulent rien dire mais font plaisir et aident à passer le cap très douloureux des douze premiers centimètres. Par exemple, on va te me mettre un terme à la sous-taxation du capital et des rentes quelque chose de maousse et ça va bien calmer les gens qui en ont. Pan.

En fixant une norme d’évolution des dépenses publiques strictement inférieure à celle du PIB, François Hollande montre qu’il a le courage de ne surtout pas appliquer sa méthode personnelle de gestion départementale dit Du Gros Trou Qui Devient Énorme. Pour compenser cet accès de lucidité modéré, il propose fort judicieusement d’abandonner le non-renouvellement d’un fonctionnaire sur deux, parce que l’emploi public payé avec l’argent gratuit qui tombe des rotatives de la BCE ne peut pas lui nuire, et en plus, ça étend encore pas mal les prérogatives de l’État, ses responsabilités pour dorloter le citoyen du téton au sapin.

Economics

En matière d’emploi et de pouvoir d’achat, là, c’est clair, une nouvelle orientation est nécessaire. Par exemple, la France dispose d’un atout exceptionnel, celui d’une jeunesse nombreuse et dynamique, citoyenne, festive, qui sait allier l’utile de la production d’énergie calorique avec l’agréable d’une soirée barbecue, par exemple. Et malgré ce côté volontaire et dynamique, pouf, ça chômise à longueur de journée. L’accent doit donc être mis, pour changer vraiment du tout au tout, sur des mesures en faveur de l’insertion professionnelle de la génération qui monte, de Kevin à Jean-Edouard, à travers la sécurisation des parcours professionnels, le développement de contrats criblés de taxes et le renforcement de l’Édulcoration nationale, qui a déjà démontré son extraordinaire capacité de nuisanceréussite.

La France manque de syndicats forts, présents dans toutes les strates de la société civile, prêts à tout pour obtenir l’indispensable ? Redonnons leur place aux syndicats, par exemple en organisant un Grenelle De Paul Employ. Ceci est évidemment crucial pour que les salariés découvrent des modes alternatifs de transport en commun, des modes alternatifs d’énergie électrique, des modes alternatifs d’éducation, des modes alternatifs d’administration publique lorsqu’il y a des mouvements citoyens menés par ces syndicats. Comment, sinon, faire évoluer la mixité sociale, l’égalité hommes-femmes, le vivrensemble à bisou latéral, les mobilités interentreprises et les turbo-pantouflages dans les administrations ?

La mondialisation a été porteuse de croissance et de diffusion des connaissances mais a fait découvrir la triste réalité du monde aux Français qui étaient persuadés que leur modèle social était envié de partout alors qu’en fait, ben non. La méchante finance internationale, qu’on décrie à Paris et qu’on chérit à Londres, a malencontreusement suivi les obligations imposées par les états de favoriser la rente, la dette et les monnaies fiat bidons. Des mesures indispensables pour remédier à ces défaillances sont certes nécessaires mais ce n’est pas une raison pour en proposer. Optons plutôt pour la séparation des activités bancaires entre spéculation et économie réelle, ça ne restreindra aucun risque (après tout, Lehman n’était pas une banque de dépôt, ni Bear Stearn, ni Goldman Sachs, ni JP Morgan, …) mais ça fera joli dans le palmarès du candidat. Et ça ne mange pas de pain.

Et puis bon on va interdire les paradis fiscaux. Les socialistes auraient pu le faire quand ils étaient au pouvoir. Mais on ils ne l’ont pas fait. Mais là on ils vont le faire. Juré promis craché. Et puis enfin, une petite taxe sur les transactions financières, pour s’ajouter aux autres taxounettes discrètes, ne rapportera rien mais sera extrêmement populaire la première année.

Le débat sur la politique économique à suivre ne doit pas occulter les questions économiques fondamentales qui se posent maintenant : comme on va augmenter le rythme d’impression des billets, doit-on conserver la couleur, ou peut-on passer à des billets en noir et blanc ? Des euros sans couleur, c’est aussi une économie d’énergie et l’assurance de rotatives qui produisent plus pour moins cher ! Car c’est aussi ça, l’économie vue par nous, les économistes qui adoubons François Hollande : chaque détail a été longuement pensé pour éviter les mauvaises surprises. On veut, en effet, plus de santé, plus d’éducation, plus de qualité de vie, et ça, on sait comment faire avec plus de billets. Et même si l’Europe offre des densités de population parmi les plus élevées, on va mettre fin à l’étalement urbain – catastrophe économique, écologique et sociale -, paf, comme ça, parce qu’on a une super soluce qu’on vous dévoilera en saison 2.

Pour toutes ces raisons, nous appelons à voter pour François Hollande. Alors que le souvenir de 2007 nous oblige à la plus grande réserve sur les multiples promesses de campagne du candidat sortant, celles de François Hollande, elles, ont un fumet bien plus prometteur de postes et de petites prébendes sympathiques.

Vive François Hollande, vive la France, vive l’Argent Public !

—-
Sur le web

Voir les commentaires (5)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (5)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
3
Sauvegarder cet article

Sous l’influence de l’Otan, c’est-à-dire des États-Unis, les pays occidentaux ont riposté à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, avec des sanctions économiques devenues de plus en plus sévères.

Ils comptaient ainsi arrêter Vladimir Poutine dans ses entreprises belliqueuses. Mais pour l’instant, le dictateur russe ne met pas fin à son entreprise d’annexion de ce territoire qu’il considère comme ayant toujours fait partie de la Grande Russie, et la guerre se poursuit, les Ukrainiens manifestant une capacité de tenir tête à l’armée russ... Poursuivre la lecture

richesses salaire minimum
2
Sauvegarder cet article

Il a été décidé récemment en France d’augmenter le salaire minimum. Après avoir connu une augmentation de 0,9 % début 2022, le Smic est désormais porté à hauteur de 1603,12 euros brut par mois, contre 1589,47 euros brut en 2021. Ce que l’on appelle un salaire minimum est évidemment le montant minimum de salaire imposé par les gouvernants à toutes les entreprises.

On considère en général cette mesure comme souhaitable car on estime que les entrepreneurs auraient tendance à imposer des salaires trop faibles, ce qui génèrerait évidemment ... Poursuivre la lecture

Par Walter Block, depuis les États-Unis.

Toutes sortes de pénuries apparaissent actuellement dans notre économie.

En tête de liste se trouve sans aucun doute le lait maternisé, mais il existe littéralement des dizaines d'autres articles en pénurie. Ils sont si nombreux que je me sens obligé de les mentionner par ordre alphabétique, de peur d'en oublier un par inadvertance ou de faire un double comptage.

 

De nombreuses pénuries

Les voici, dans la mesure où je peux les énumérer : aluminium, avocats, bicyclettes... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles