Hayek, cet ultralibéral ?

Le libéralisme est souvent caricaturé comme l’absence de règles, et Hayek comme un dangereux anarchiste. Pourtant, la réalité est toute autre, comme tout lecteur de bonne foi peut le constater.

Le libéralisme est souvent caricaturé comme l’absence de règles, et Hayek comme un dangereux anarchiste. Pourtant, la réalité est toute autre, comme tout lecteur de bonne foi peut le constater.

Par Vladimir Vodarevski.

Des commentaires laissés sur mon blog m’incitent à écrire quelques précisions sur le libéralisme en général, et sur Friedrich August Hayek en particulier.

Le libéralisme est généralement caricaturé, comme une doctrine prônant l’absence de règles, laissant le monde se réguler tout seul. Ce qui est complètement faux. Le libéralisme, ce sont des règles, qui sont la déclinaison d’un principe : la liberté, sans nuire à autrui.

D’autre part, le libéralisme c’est aussi un système pour faire respecter les règles. Pour beaucoup de libéraux, c’est justement là le rôle de l’État. Mais, même ceux qui prônent l’absence d’État envisagent un système pour faire respecter le principe libéral. Absence d’État ne signifie pas absence de justice. Il peut y avoir une justice sans État.

Ensuite, Hayek est souvent présenté comme le parangon de « l’ultra-libéralisme » et de l’absence de règlementation. Sauf que, dans sa grande œuvre, Droit, Législation et Liberté, il reconnaît pleinement une utilité à l’État, puisqu’il cherche à élaborer des principes constitutionnels. En bon libéral, il cherche des protections pour que l’État ne devienne pas big brother, et qu’il ne serve pas d’intérêts particuliers.

Hayek soutient même des propositions comme le financement de l’éducation par des vouchers, inventés par Milton Friedman. Et pourtant, il est représenté comme un ennemi de toute aide de l’État. (voir aussi : À propos de l’écologie et du social… ).

La raison qui a amené à cette caricature d’Hayek, c’est sa permanence dans la critique du keynésianisme et du socialisme. Face aux échecs des politiques de relance, il est redevenu à la mode, dernier survivant des autrichiens historiques. Il a reçu le prix d’économie de la Banque de Suède (dit prix Nobel), Reagan et Thatcher se sont réclamés de lui. Il a donc focalisé les critiques des antilibéraux.

Pour conclure, si quelqu’un veut se faire une idée sur le libéralisme, il vaut mieux aller se renseigner du côté des libéraux plutôt que des anti-libéraux. Lire Hayek, par exemple, qui emploie un langage très précis et plutôt accessible, car sa pensée est claire.


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