L’État ne crée aucune richesse, il en détruit

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L’État ne crée aucune richesse, il en détruit

Publié le 23 mars 2012
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Pour pouvoir dépenser, l’État doit se financer. Et d’où l’argent provient-il donc sinon de la poche des contribuables ? À chaque dépense correspond une somme équivalente que vous et moi ne pouvons plus dépenser. L’État ne crée aucune richesse, au mieux il redistribue celle qui existe déjà avec une bonne dose de gaspillage.

Par Nathalie Elgrably-Levy.
Article publié en collaboration avec l’Institut Économique de Montréal.

Selon l’adage, il ne faut pas juger un livre à sa couverture. Ajoutons également qu’on ne doit pas juger un budget aux formules racoleuses qu’il contient.

Le ministre des Finances, Raymond Bachand, avait annoncé un budget orienté vers la création de richesse. À en juger par les mesures adoptées, il ignore manifestement les moyens d’y parvenir.

Certes, le budget renferme une série de dépenses: 1,3 G$ pour « favoriser l’essor de nos entreprises »; 2,7 G$ pour le nouveau plan d’action pour les changements climatiques; 165 M$ d’investissements publics additionnels au cours des cinq prochaines années pour déployer le Plan Nord; 170 M$ pour la création du Fonds Valorisation Bois; 100 M$ pour le développement des technologies propres; etc.

Ne croyez surtout pas que pareilles dépenses génèrent de la richesse. Voilà des décennies que l’État québécois annonce une multitude de programmes pour assurer notre prospérité. Or, de 1981 à 2010, le Québec a enregistré l’une des plus faibles croissances du niveau de vie des pays de l’OCDE. La raison est simple : pour pouvoir dépenser, l’État doit se financer. Et d’où l’argent provient-il donc sinon de la poche des contribuables ? À chaque dollar dépensé par Québec correspond une somme équivalente que vous et moi ne pouvons plus dépenser. On prend à Pierre pour donner à Paul. L’État ne crée aucune richesse, au mieux il redistribue celle qui existe déjà (avec une bonne dose de gaspillage).

En revanche, une société s’enrichit lorsque sa capacité à produire des biens et services augmente et que le revenu par habitant est en croissance. Pour cela, il faut permettre à l’entrepreneuriat de s’épanouir, lequel réalisera des investissements et créera des emplois. Or, le Québec est l’une des provinces qui comptent le moins d’entreprises par millier d’habitants et l’une des plus faibles croissances de l’emploi dans le secteur privé.

Si le Québec fait piètre figure, c’est parce que notre classe politique ignore depuis longtemps l’élément central du développement économique: les incitations ! On n’accepte de prendre des risques, d’investir son temps, ses énergies et son argent que si on a bon espoir de voir nos efforts récompensés. Or, entre les multiples taxes sur la masse salariale, le cadre juridique à l’avantage des syndicats, la paperasserie nécessaire pour se conformer aux multiples règlements et le fardeau fiscal, il y a de quoi décourager bon nombre d’entrepreneurs de bonne volonté.

Malgré tout, le ministre Bachand en rajoute avec une mesure assassine qui obligera toute entreprise qui compte cinq employés ou plus à offrir un régime d’épargne-retraite à partir de 2015. Actuellement, 51 % des entreprises québécoises comptent moins de cinq employés. À elle seule, elle semble inoffensive, mais il s’agit d’une brique supplémentaire dans l’édifice de la paperasserie. Combien d’entreprises renonceront à embaucher un cinquième travailleur pour éviter la tracasserie occasionnée par cette nouvelle mesure ? Combien d’entre elles remercieront leur cinquième travailleur pour se soustraire à cette nouvelle obligation ? Est-ce ainsi que le ministre entend créer de la richesse ?

M. Bachand a assurément « les deux mains sur le volant », mais il nous conduit tout droit vers le précipice !

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  • L’état pourra prétendre créer de la richesse le jour où les citoyens se rueront librement dans ses boutiques ou sur ses sites web pour acheter volontairement ses produits et services, eux-mêmes soumis à concurrence. La richesse créée se juge par la demande.

  • Que faites vous des tâches régaliennes de l’état (sécurité, justice…) qui créent de la valeur en favorisant un environnement propice au développement économique ? Que faites vous des investissements en infrastructures qui, bien que non rentable, produisent des externalités positives profitant massivement aux autres acteurs économiques ? Devrait on, en l’absence hypothétique de l’état, attendre un supposé « ruissellement » de la richesse pour que les plus pauvres aient droit d’accès aux études ?
    La critique libérale de l’état est justifiée par le caractère archaïque/lourd/mal optimisé de nos administrations (au Canada comme en France) et les comportements frauduleux qui peuvent l’entourer à nos frais. C’est un mal à combattre mais n’est-ce pas un moindre mal comparé à l’absence d’état que vous semblez défendre ? Le raisonnement semble pour le moins bancale/théoriquement faible… mais je ne doute pas qu’il y a des textes plus solides pour défendre ce point de vue (auquel cas je suis ouvert à vos suggestions).
    Régime oui, anorexie non 😉

    • Tout d’abord, la sécurité et la justice peuvent tout à fait se privatiser. Ensuite l’état peut faire pareil que le privé ou moins bien que le privé mais jamais mieux, statistiquement il est donc plus cher, aussi sur le régalien.
      Les investissement en infrastructures qui sont rentables doivent êtres payés par ceux à qui elles profitent, ce qui n’est pas rentable ne doit pas être mis en application. Un exemple, un payage sur une autoroute permet de couvrir le cout de l’infrastructure tout en faisant payer les bénéficiaires.
      Sans état les études sont moins chères et bien plus prise au sérieux, les écoles privés marchent très bien auprès des plus pauvres.
      Pour défendre le libéralisme vous trouverez quantités de textes sur contrepoints même, sinon un auteur français fait souvent référence, Frédéric Bastiat.
      D’un point de vu utilitaire c’est « le caractère archaïque/lourd/mal optimisé » qui est critiqué mais d’un point de vu idéologique c’est le rôle et la place de l’état qui sont remis en cause.

    • Je dirais qu’il y a certaines dépenses publiques où la valeur ajoutée est facilement décelable, qui sera donc pas une question de l’arbitraire de politiques, comme les routes, la défense. Cependant, ceux-ci sont rares et ne justifient pas les 56% de dépenses publiques. Les dépenses supplémentaires seront arbitraires, soumises aux pressions, etc.
      Maintenant, s’il existe une valeur ajoutée réelle à un investissement, des entrepreneurs privés pourront le faire.

    • @MaxLath

      Il ne fait aucun doute que les fonctions régaliennes ont de la valeur, mais il ne faut pas oublier que cette valeur provient d’une destruction de valeur préalablement créée au moins équivalente. Au mieux, l’opération est nulle. Empiriquement ou théoriquement, il est évident que l’Etat détruit toujours plus de valeur qu’il n’en crée. L’Etat n’est pas un créateur de valeur nette. L’Etat se contente de déplacer la valeur et, ce faisant, il en détruit une partie.

      Si l’Etat régalien minimal est acceptable, ce n’est pas parce qu’il produit de la valeur, mais parce qu’on ne sait pas faire mieux ou autrement pour produire cette valeur.

      L’absence d’Etat est une chimère. La nature humaine ayant horreur du vide, il y aura toujours un pouvoir ou un autre qui s’y substituera par la force et fera fonction d’Etat. Une des fonctions de l’Etat minimal régalien est d’occuper la place, de « garder le temple », de sorte que les mafieux ou les dictateurs ne la prennent pas.

      Pour limiter la tentation despotique des fonctionnaires qui gèrent l’Etat minimal, un régime politique démocratique est également indispensable. Sous régime collectiviste, la démocratie se dévoie rapidement en dictature de la majorité, majorité agitée en ses plus bas instincts par le personnel politique. Elle n’est plus qu’un artifice visant à légitimer ses turpitudes par l’onction du suffrage universel. Il suit que la démocratie ne se justifie et n’existe réellement qu’en présence d’un Etat régalien minimal, non pour décider de sa charge (garantir la vie, la liberté et la propriété ne se négocie pas, pas plus que la morale) mais simplement pour assurer le renouvellement régulier et fréquent des fonctionnaires.

      Toute mission dévolue à l’Etat au-delà des fonctions régaliennes est économiquement néfaste, socialement destructeur et politiquement immoral et les impôts afférents sont illégitimes.

      L’excroissance de l’Etat socialiste au delà des fonctions régaliennes va à l’encontre de l’intérêt général. Pour le dire autrement, à destination de nos sociétés travaillées par la tentation collectiviste, le bien commun se résume à la réduction puis au maintien des dépenses publiques au minimum régalien.

  • Mais non Mme Elgrably…. l’argent vient des ordinateurs des banques, qui le créent d’un clic à partir de rien pour le prêter aux Etats.

    Il peut venir aussi des ordinateurs de la BCE, qui le prête aux banques à 1%…. lesquelles le reprêtent aux Etats beaucoup plus cher.

    Ensuite les contribuables paient les intérêts, le principal quant à lui ne sera jamais remboursé.

  • Il est temps de comprendre que Friedman n’est pas l’élève de Adam Smith (ce qui est une évidence historique) et qu’il est tout sauf un libéral.

  • diafouka ndouma ulrich
    22 janvier 2013 at 12 h 06 min

    very goog

  • Les commentaires sont fermés.

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