Paul Krugman et l’austérité britannique

Dénoncer les erreurs factuelles et les déformations de Paul Krugman est un travail à plein temps. Un nouvel exemple avec le mythe de l’austérité britannique que l’économiste propage complaisamment.

Dénoncer les erreurs factuelles et les déformations de Paul Krugman est un travail à plein temps. Un nouvel exemple avec le mythe de l’austérité britannique que l’économiste propage complaisamment.

Par le Minarchiste, depuis Montréal, Québec.

NdContrepoints : Que les lecteurs du précédent article sur le sujet nous pardonne les inévitables répétitions entre les deux.

L’économiste favori du New York Times, Paul Krugman, ne nous surprend plus par son manque de rigueur et ses erreurs factuelles. Je l’ai souvent dénoncé sur ce blogue et d’autres l’ont fait aussi. À cet égard, j’avais prévu le réfuter sur ses propos erronés sur l’austérité au Royaume-Uni, mais un auteur du Mises Institute m’a brillamment devancé, lequel article fut traduit sur Contrepoints. En voici donc les grandes lignes.

Dans une tribune libre intitulée « La débâcle de l’austérité » et publiée récemment dans le New York Times, l’éditorialiste Paul Krugman remarque l’échec des politiques visant à la reprise économique menées en Grande-Bretagne. Il soutient que la décision du gouvernement britannique de « tailler dans les dépenses » a mené à une reprise économique au sens de la croissance du PIB plus lente que durant la Grande Dépression.

Pourtant, le gouvernement britannique actuel n’a pas fait de réductions budgétaires significatives et continue d’accumuler d’énormes déficits alors que le gouvernement  britannique de l’époque de la Grande Dépression avait pris des mesures d’austérité bien plus profondes.

Selon Krugman :

Un indicateur important – les variations du PIB réel depuis le début de la récession – montre que la Grande-Bretagne s’en sort moins bien cette fois-ci que pendant la Grande Dépression. Après quatre ans de Dépression, la Grande-Bretagne avait retrouvé ses sommets précédents ; cela fait quatre ans que la Grande Récession a débuté et la Grande-Bretagne est loin d’avoir retrouvé son niveau d’avant…

Krugman évite de fournir la moindre donnée sur la véritable action du gouvernement britannique. Notamment, quand il affirme qu’ils ont simplement « taillé dans les dépenses », il oublie de dire que la Grande-Bretagne, ignorant les conseils des défenseurs du libre-marché, a augmenté le taux marginal d’impôt sur le revenu à 50%, la taxe sur les revenus du capital à 28% et la taxe sur la valeur ajoutée à 20%. Le plus gênant pour sa démonstration, comme on peut le voir sur les tables 25 et 27 de ce document de l’OCDE, est que les dépenses publiques britanniques n’ont en aucun cas été réduites et présentent même une nette augmentation, comparées à leurs niveaux d’avant la récession.

Même si, en pourcentage du PIB, les dépenses publiques ont légèrement baissé, passant de 51,1% en 2009 à 49,8% en 2011, ce niveau représente toujours une hausse massive depuis celui de 2007 à 43,9% du PIB. De même pour le déficit, même s’il est passé de 11% en 2009 à 9,4% en 2011, il s’agit quand même  d’une poussée immense par rapport aux 2,8 % de 2007, et, si on fait exception de ces années de récession, c’est le plus important déficit qu’ait connu la Grande-Bretagne depuis la Seconde Guerre Mondiale. Ce n’est vraiment pas ce que j’appelle de l’austérité.

Les choses sont différentes en ce qui concerne la Grande Dépression des années 1930. Après avoir abandonné l’étalon or en 1931, le gouvernement britannique a rééquilibré ses comptes et réduit ses dépenses d’un point de PNB chaque année jusqu’en 1935, passant de 28,8% en 1931 à 24,4% en 1935. Bien que pas idéale (certaines réductions de dépenses comprenaient des hausses d’impôts) cette politique  a permis d’obtenir des surplus budgétaires chaque année de 1929 à 1936 (à l’exception d’un minuscule déficit de 0,2% en 1932), ce qui a mené, comme l’a fait remarquer Krugman lui-même, à une reprise plus rapide que la politique britannique actuelle et ses plus de 9% de PIB de déficit.

Lorsqu’il évoque la stagnation britannique, Krugman se plaint que les politiques économiques n’ont pas su tirer les leçons de la Grande Dépression. En particulier, il déclare,

Surpasser les performances des années 1930 ne devrait pas être une tâche difficile. N’avons-nous pas appris beaucoup sur la gestion économique durant les 80 dernières années ?… Je suis désolé de le dire, mais beaucoup d’économistes ont décidé, principalement pour des raisons politiques, d’oublier ce qu’ils savaient. Et des millions de travailleurs paient le prix de leur amnésie délibérée.

En fait, on pourrait dire à Krugman de se regarder dans le miroir et de faire ses devoirs avant de publier ses sottises!

Vous voulez d’autres exemples de désinformation par Paul Krugman? Lisez le reste de nos articles sur lui.