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Les Allemands sont les meilleurs amis des Grecs

Publié le 26 février 2012
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En voulant la sortie de la Grèce de la zone Euro, les Allemands sont les meilleurs amis des Grecs. Bruxelles ne défend que l’Euro, quitte à tuer la Grèce.

Par Dr Richard North, depuis Bradford, Royaume-Uni.

En politique européenne, où il ne faut pas gratter longtemps pour retrouver la germanophobie, les politiciens grecs et leurs médias s’en sont donnés à cœur joie pour jouer la carte « nazi », et cela sous les applaudissements des commentateurs à travers le monde. Trop de gens – dont beaucoup devraient être plus avisés – n’ont été que trop heureux de croire au récit du « rouleau compresseur » allemand lancé contre ce malheureux peuple grec.

Bizarrement, il est apparu que la solution allemande à la crise que la Grèce traverse actuellement consiste pour celle-ci à quitter l’euro. Et, alors même que beaucoup de ces mêmes commentateurs plaident en fait pour le même résultat final, ils ont affublé Angela Merkel d’un brassard à croix gammée et habillé le ministre actuel des Finances Schäuble d’un uniforme SS.

Bien sûr, les médias n’ont pas présenté une autre version des événements. L’effet direct de cette méthode a été de répandre la propagande de la commission de l’UE et de leurs marionnettes grecques. Ce qui, au final, renforce la pression mise sur l’Allemagne pour financer le plan de sauvetage, et pour garder l’euro intact.

Finalement, il semblerait que les Allemands en ont eu assez. L’un des Bild de la semaine avait pour titre principal : « Jetez enfin les Grecs hors de l’euro », se plaignant du fait que « nous payons et ils nous insultent » (photo ci-dessous).

Mais, pour indiquer à quel point la rhétorique nazie est complément déplacée – spécialement concernant l’UE – l’article indique bien que tous les politiciens grecs veulent rester dans l’euro, au point d’augmenter sévèrement le rythme des mesures d’austérité. Ce sont les politiciens allemands qui disent que ces « bornés de Grecs » n’ont pas d’avenir dans l’euro.

Dans une alliance entre-partis, Klaus-Peter Willsch de la CDU nous dit : « Nous devons arrêter la tragédie. La Grèce n’a pas de perspective viable de reprise économique au sein de la zone euro » ; de son côté, Frank Schaeffler (FDP) avertit que les protestations pourraient déclencher une guerre civile.

Veronika Bellmann (CDU) nous rappelle que tout ce que les critiques avaient prédit s’est produit. Elle ajoute : « l’administration en difficulté, le système fiscal corrompu ainsi qu’une classe politique qui n’est pas préparée et qui ne montre aucun signe de volonté ne peuvent pas former de base solide pour engager des réformes structurelles. » Et maintenant, avertit-elle, tout ceci commence même « à secouer le caractère démocratique du pays ».

Ce qui ressort de tout ça, semble bien à l’opposé de la légende qui nous est offerte. On voit au contraire des politiciens allemands qui sont véritablement inquiets du sort de la Grèce, ce qui revient à dire exactement la même chose que ce que les eurosceptiques britanniques ont martelé depuis toujours. Il ne s’agit certainement pas de jeter la Grèce aux loups. Le secrétaire général du CSU Alexander Dobrindt, prévient que « nous devons nous préparer à l’éventualité que la Grèce ne puisse pas mettre en œuvre les réformes promises. »

Mais, loin d’être l’ « envahisseur nazi » sans cœur qui nourrit l’intention de dominer le pays, il ajoute qu’il doit y avoir un « plan d’urgence » dans l’hypothèse où la Grèce « s’échappe » de l’euro, tel que la préparation d’un « plan UE-Marshall pour le redéveloppement de la Grèce ».

Tout ceci tend vers une conclusion inéluctable : en ce moment les Allemands sont les meilleurs amis du peuple grec. Les gens se sont largement fait acheter par leur propres politiciens corrompus, et cela avec le soutien (et en accord avec les instructions) de la commission de l’UE et leur « troïka », dont la seule préoccupation, est l’intégrité de l’euro, indépendamment de la douleur qu’elle provoque.

Quand on observe les médias en général, on en vient à la conclusion que jamais le journalisme des affaires européennes ne s’est trompé si longuement et si complètement. Mais quand on se rend compte à quel point ils sont devenus inutiles, on ne s’étonne plus de rien.

—-
Sur le web
Traduction JATW pour Contrepoints.

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  • Nous sommes partis pour tous sortir de l’euro. Aujourd’hui c’est à se demander si ce n’est pas à l’Allemagne d’en sortir les premiers (sans aucune animosité envers l’Allemagne). L’Europe a échoué dans son retournement d’une collaboration préférentielle vers une prédation préférentielle: il aurait été naturel de continuer la convergence économique, après la monnaie, le commerce.

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