L’histoire est-elle écrite par les vainqueurs ?

Notre connaissance du monde progresse, notre savoir est cumulatif, le progrès n’est pas une illusion

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Isaac Newton peint par Jean Leon Huens/NGS.

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L’histoire est-elle écrite par les vainqueurs ?

Publié le 24 février 2012
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Notre connaissance du monde progresse, notre savoir est cumulatif, le progrès n’est pas une illusion. Ainsi,nous avons maintenant la certitude que l’économie de marché fonctionne mieux que le communisme. Nous en avons des preuves historiques indéniables.

Par Fabrice Descamps

Isaac Newton peint par Jean Leon Huens/NGS.

Mon oncle maternel, un stalinien convaincu, aimait à répéter sans cesse : « Ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire. » Pour sa foi marxiste en effet, l’histoire n’était que le produit de rapports de force entre classes sociales ; il n’y avait ni vérité ni mensonge, il n’y avait que des vainqueurs et des vaincus, des exploiteurs et des exploités. Quand, en 1989, le Mur de Berlin tomba, je lui demandai s’il pensait que cet événement signait la fin du communisme. Il me regarda avec mépris et me dit : « Pauvre naïf, les capitalistes ont gagné, ils sont en train de réécrire l’histoire à leur avantage et toi, tu te laisses embobiner par leurs discours. » Comme je l’ai déjà dit ailleurs, il est impossible de discuter avec un sophiste et les fanatiques sont tous des sophistes car, comme dans le cas de mon oncle, aucun démenti de la réalité, même le plus cinglant, ne vient jamais remettre en cause le raisonnement qui fonde leur foi.

La question qu’on peut alors se poser est la suivante : la proposition « L’histoire est écrite par les vainqueurs » est-elle un sophisme ?

A priori, elle semble frappée au coin du bon sens : quand, par exemple, un parti politique gagne contre un autre, il a tendance en effet à maquiller à son avantage les événements qui ont précédé sa prise de pouvoir.

Alors, de trois choses l’une, soit je suis un vainqueur, soit je suis un vaincu, soit je ne suis ni l’un ni l’autre. Si je suis un vaincu, alors la proposition « L’histoire est écrite par les vainqueurs » est fausse si je la dis puisque je suis un vaincu et qu’un vaincu ne peut avoir raison. Pareillement si je ne suis ni vainqueur ni vaincu : seuls les vainqueurs ont raison puisque ce sont eux qui écrivent l’histoire. Si je suis vainqueur, alors je peux nier tous les faits que je veux puisque je peux réécrire l’histoire et que j’aurai toujours raison. Donc si je suis vainqueur, je peux décider aussi que la proposition « L’histoire est écrite par les vainqueurs », qui était auparavant tenue pour vraie, sera désormais fausse. Or si elle est maintenant fausse, je ne peux pas réécrire l’histoire, ce qui contredit notre hypothèse. Bref, la proposition « l’histoire est écrite par les vainqueurs » est soit fausse soit auto-réfutante, c’est-à-dire tout aussi fausse puisqu’elle se réfute elle-même. Et une proposition qui est soit fausse soit fausse est fausse à tous les coups, n’est-ce pas ? Or je rappelle qu’un sophisme est un raisonnement faux qui semble vrai au départ. C’est le cas ici.

Cependant, la formule en question contient une question très intéressante. Au cours de l’histoire, chaque peuple a cru avoir raison, il a cru que sa science était la science ultime, il a cru que sa religion était la bonne, il a cru que son système politique était le meilleur, sinon pourquoi les aurait-il adoptés ? Or cette science, cette religion, ce système politique ont été un jour frappés d’obsolescence, en conséquence de quoi on peut se demander quelle naïveté récurrente pousse, à chaque époque, les gens à penser à tort que leur époque est justement le summum de l’évolution humaine. Et surtout, comment dès lors avoir quelque certitude que ce soit quand on contemple l’histoire ?

Notons d’abord qu’il est un domaine où il est facile d’avoir des certitudes : les mathématiques. Les propositions mathématiques sont vraies à l’issue d’une démonstration. Notre situation d’acteurs plongés dans l’histoire ne nous empêche donc nullement d’avoir des certitudes mathématiques. C’est un premier point rassurant.

En science en revanche, nous ne pouvons pas atteindre le degré de certitude que nous offrent les mathématiques, mais nous pouvons nous en approcher de façon satisfaisante. Quand Einstein, par exemple, a formulé la théorie de la relativité, il nous a permis de comprendre pourquoi les équations de Newton, qui marchaient déjà admirablement pour les objets physiques les plus courants, avaient en revanche de grosses difficultés à décrire le comportement de particules ayant une vitesse proche de celle de la lumière.

Bien entendu, les raisons pour lesquelles Newton n’a pas pu être aussi précis qu’Einstein sont historiques. Il a fallu attendre le XXe siècle pour que les connaissances nécessaires à la découverte de la relativité soient disponibles. De même, on se doute que les raisons qui entraîneront un jour le dépassement de la relativité einsteinienne sont historiques. Tout cela cependant n’ôte rien au fait que Newton et Einstein avaient relativement plus raison que les physiciens qui les précédèrent. Notre connaissance du monde progresse, notre savoir est cumulatif, le progrès n’est pas une illusion.

Résumons-nous : les raisons pour lesquelles Newton a échoué là où Einstein a réussi sont bien historiques, mais les raisons pour lesquelles Newton avait néanmoins plutôt raison ne sont pas du tout historiques. Newton avait approximativement raison parce que le monde ressemble approximativement à ce que Newton en disait. Nous sommes donc capables, malgré nos limitations historiques, d’avoir une connaissance approximativement et progressivement exacte du monde.

On pourrait bien évidemment affirmer que, dans les sciences humaines en revanche, nos connaissances restent très floues et lacunaires. C’est vrai. Mais elles progressent également, quoique plus lentement car le risque de commettre des erreurs de raisonnement et des sophismes est plus élevé en sciences humaines que dans les sciences exactes du fait de la complexité plus grande des objets considérés et de la plus grande polysémie du vocabulaire de ces sciences.

On sait ainsi qu’en économie, certains systèmes marchent mieux que d’autres. Là encore, nos connaissances sont certes relatives mais n’en déplaise à mon oncle, nous avons cependant maintenant la certitude que l’économie de marché fonctionne mieux que le communisme. Nous en avons des preuves historiques indéniables.

Or ces preuves sont crédibles car ce ne sont pas les partisans de l’économie de marché, c’est-à-dire les vainqueurs du match contre les communistes, qui ont écrit cette histoire : le communisme s’est effondré tout seul. L’économie de marché est un meilleur système que le communisme – je n’ai pas dit « le meilleur », vous l’aurez noté – parce que le monde est comme il est et que, dans un tel monde, l’économie de marché, telle que conçue actuellement, tend par progrès et approximations successives vers le système économique optimal de toute société humaine.

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  • « nous avons cependant maintenant la certitude que l’économie de marché fonctionne mieux que le communisme »

    Certes oui. Mais en droit, cela n’implique pas par ailleurs que le capitalisme soit le seul système envisageable. L’effondrement du communisme ne consacre que sa propre faillite, elle ne nous dit à peu près rien sur le capitalisme lui même.

    « et de la plus grande polysémie du vocabulaire de ces sciences. » Très vrai ça.

    • Bien que je vous rejoigne sur le fond, je ne vois pas très bien ce que le droit vient faire là-dedans.

      Mais là n’est pas le propose de cette réponse: vous écrivez « L’effondrement du communisme ne consacre que sa propre faillite, elle ne nous dit à peu près rien sur le capitalisme lui même. » … pardon! cette faillite du communisme nous dit beaucoup de choses sur le capitalisme et ce, sans pour autant poser un jugement de valeur. En effet, il est clair que l’effondrement du communisme fut hâté par une course aux armements que Moscou ne pouvait soutenir, ce qui ne dit certes rien sur une supériorité, disons, morale du capitalisme, mais ça consacre sans équivoque la supériorité du capitalisme dans ce conflit bien particulier. On pourrait résumer cette affirmation par: « le capitalisme a eu les moyens de ses ambitions » – après on peut critiquer ces ambitions (ou cette stratégie) mais il nous faut constater que le capitalisme a atteint ses objectifs.

  • « Ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire. »

    Les communistes ont partagé cette assertion avec les nazis.
    Goebbels ne disait-il pas : « Si nous vainquons, nous auront raison » ?

    Au procès de Nüremberg, les nazis condamnés ont accusé le Tribunal d’exercer une justice de vainqueurs. Ce qui ne veut pas dire pour autant que les vainqueurs n’ont pas rendu la justice.

    • Précisément.

      Les Nazis niaient la morale: en tentant de rabaisser la justice de Nuremberg à une simple « victoire », donc à un fait de la supériorité des uns sur les autres (en l’occurrence, supériorité militaire), ils persistaient à nier qu’il puisse y avoir des actes justes et d’autres injustes, mais seulement des luttes. Exactement comme les marxistes. Et pour la même raison: éviter de prendre conscience de leurs crimes. C’est pour ça par exemple qu’Hitler se glorifiait d’être un barbare pour qui l’éthique elle-même était un leurre.

      Mais si on admet qu’effectivement, les procès de Nuremberg ont rendu justice, alors c’est que la morale existe, que la justice existe, que certains actes sont justes ou mauvais en soit et pas juste parce qu’ils sont exercés par les « forts » ou les « faibles ». Et que la supériorité, militaire ou autre, n’entre pas en compte… et ça, c’est ce qui effraie secrètement tous les fascistes.

      • Bof … le crime contre l’humanité est défini par la Charte de Londres (1946, juste avant le début des procès de Nuremberg, donc) et consacre une règle de droit à titre rétroactif. C’est très moyen moralement, vous savez!

        Il est clair que les nazis étaient de parfaites crapules, mais affirmer que « les procès de Nuremberg ont rendu justice » est très discutable. Je rappelle quand même que pour les nazis (mais aussi pour les Allemands qui ne l’étaient pas mais faisaient juste leur métier, comme les juges) le droit était respecté. Alors oui, effectivement on peut critiquer le droit nazi, mais il faut quand même reconnaître que ce furent les lois de l’époque qui étaient appliquées – et, justement soutenues par la supériorité militaire de l’Allemagne; la même réflexion peut s’appliquer aux vainqueurs. Dès lors, comment « prendre conscience de ses crimes si, au yeux du droit de ce temps, il ne s’agissait pas de crimes?

        Attention! il ne s’agit pas de cautionner les horreurs nazies (la même chose vaut pour les horreurs communistes d’ailleurs) mais il convient quand même de reconnaître qu’envisager la justice sous l’angle de la morale ouvre aussi la voie de … bah justement: l’histoire (et le droit) écrit(e) par les vainqueurs.

  • Quelques commentaires à propos de l’article de Fabrice Descamps et des commentaires de certains lecteurs :

    Je me trompe peut-être, mais je crois que votre oncle n’a jamais mis les pieds en URSS (je l’ai fait dans les années 70-80) ou alors il n’a vu que ce qui les « autorités » ont bien voulu lui montrer … Mais c’est le cas de la plupart des communistes. Je me souviens de mon prof d’économétrie à la fac qui me disait dans les années 70 qu’il avait plus de vrais communistes à Harvard qu’en URSS…

    Une boutade très en vogue en URSS il y a quelques dizaines d’années :
    « on ne sait pas de quoi le passé sera fait »
    Ce sont donc les vainqueurs du moment qui réécrivent l’histoire à leur convenance.
    L’énorme bêtise des communistes (comme des nazis) a été leur manie de tout enregistrer et de tout archiver : depuis que les archives du KGB, de la STASI, etc ont été ouverts, les historiens ont pu réécrire l’histoire vraie du communisme/socialisme et elle est effroyable !

    En ce qui concerne le commentaire de Jesrad :

    Parler de morale et de justice à propos du procès de Nuremberg c’est de la fumisterie ou de la rigolade. Ce procès a été manipulé par les soviétiques afin de ne condamner que les crimes nazis et pas ceux des soviétiques : on a condamné les génocides raciaux mais on n’a pas condamné les déportations et les meurtres de masse perpétrés par les soviétiques (koulaks, intellectuels et fonctionnaires d’avant 1917, polonais, ceux qui ne faisaient pas allégeance au pouvoir bolchevique, etc), on n’a pas condamné les bombardements, les viols, les vols et les massacres perpétrés par l’Armée Rouge en 1945 en Allemagne dont le bilan est effroyable.
    Le bilan meurtrier de l’URSS est bien supérieur à celui de l’Allemagne nazi, mais à Nuremberg la justice et la morale ont été très sélectives.

    A propos du commentaire de Avez vous lu Polanyi :

    « « nous avons cependant maintenant la certitude que l’économie de marché fonctionne mieux que le communisme »
    Certes oui. Mais en droit, cela n’implique pas par ailleurs que le capitalisme soit le seul système envisageable. L’effondrement du communisme ne consacre que sa propre faillite, elle ne nous dit à peu près rien sur le capitalisme lui même. »

    Comme écrivait Jean-François Revel (La Grande Parade, chap. 4) :

    « Un malentendu fausse quasiment toutes les
    discussions sur les mérites respectifs du
    socialisme et du libéralisme : les socialistes se
    figurent que le libéralisme est une idéologie.
    (…)
    Les socialistes, élevés dans l’idéologie, ne
    peuvent concevoir qu’il existe d’autres formes
    d’activité intellectuelle. Ils débusquent partout
    cette systématisation abstraite et moralisatrice
    qui les habite et les soutient. Ils croient que
    toutes les doctrines qui les critiquent copient la
    leur en se bornant à l’inverser et qu’elles
    promettent, comme la leur, la perfection
    absolue, mais simplement par des voies
    différentes.
    Si, par exemple, un libéral dit à un socialiste : «
    A l’usage, le marché semble être un moins
    mauvais moyen d’allocation des ressources que
    la répartition autoritaire et planifiée », le
    socialiste répond aussitôt : « Le marché ne
    résout pas tous les problèmes. » Certes ! Qui a
    jamais soutenu pareille ânerie ? Mais, comme
    le socialisme, lui, a été conçu dans l’illusion de
    résoudre tous les problèmes, ses partisans
    prêtent à leurs contradicteurs la même
    prétention. Or tout le monde n’est pas
    mégalomane, heureusement. Le libéralisme n’a
    jamais eu l’ambition de bâtir une société
    parfaite. Il se contente de comparer les diverses
    sociétés qui existent ou ont existé et de retenir
    les leçons à tirer de l’étude de celles qui
    fonctionnent ou ont fonctionné le moins mal.
    Pourtant, de nombreux libéraux, hypnotisés par
    l’impérialisme moral des socialistes, acceptent
    la discussion sur le même terrain qu’eux. (…) Ces
    piètres truismes émanent d’un système de
    pensée figé, selon lequel le libéralisme serait
    une théorie opposée au socialisme par ses
    thèses mais identique à lui par ses
    mécanismes.
    Or il n’est ni l’un ni l’autre. Le libéralisme n’a
    jamais été une idéologie, j’entends n’est pas
    une théorie se fondant sur des concepts
    antérieurs à toute expérience, ni un dogme
    invariable et indépendant du cours des choses
    ou des résultats de l’action. Ce n’est qu’un
    ensemble d’observations, portant sur des faits
    qui se sont déjà produits. Les idées générales
    qui en découlent constituent non pas une
    doctrine globale et définitive, aspirant à devenir
    le moule de la totalité du réel, mais une série
    d’hypothèses interprétatives concernant des
    événements qui se sont effectivement déroulés.
    (…)
    Il faut donc refuser l’affrontement entre
    socialisme et libéralisme comme étant
    l’affrontement de deux idéologies.
    (…)
    L’idéologie ne peut pas
    concevoir qu’on lui oppose une objection si ce
    n’est au nom d’une autre idéologie.
    (…)
    Or toute idéologie est un égarement. Il ne peut
    pas y avoir d’idéologie juste. Toute idéologie est
    intrinsèquement fausse, de par ses causes, ses
    motivations et ses fins, qui sont de réaliser une
    adaptation fictive du sujet humain à lui-même
    — à ce « lui-même », du moins, qui a décidé de
    ne plus accepter la réalité, ni comme source
    d’information ni comme juge du bien-fondé de
    l’action.
    C’est donc un non-sens, quand une idéologie
    est morte, de se dire qu’il faut de toute urgence
    la remplacer par une autre. Remplacer une
    aberration par une aberration, c’est de nouveau
    céder au mirage. Peu importe alors quel mirage
    se substitue au précédent, car ce n’est pas le
    contenu d’une illusion qui compte, c’est l’illusion
    même.
    Le libéralisme n’est pas le socialisme à
    l’envers, n’est pas un totalitarisme
    idéologique régi par des lois intellectuelles
    identiques à celles qu’il critique. »

    • La boutade « on ne sait pas de quoi le passé sera fait »
      Plus correcte sous cette forme, je pense :
      « On ne saura pas demain de quoi hier sera fait » fut la devise des historiens soviétiques (confidentielle… parce que « politiquement très incorrecte »).

      À Nüremberg, seuls les crimes nazis furent concernés.
      Les Soviétiques tenant toute leur place au Tribunal en tant qu’ « Alliés » ayant contribué à la capitulation sans condition de l’Allemagne hitlérienne, il n’avait évidemment pas été question de les soumettre à une quelconque approche des leurs…
      On se rappellera, néanmoins, que le procureur général soviétique Roudenko avait finalement échoué dans sa volonté d’inclure le crime –soviétique 🙁 – de Katyn dans l’acte d’accusation des nazis.

    • « Ils croient que toutes les doctrines qui les critiquent copient la
      leur en se bornant à l’inverser et qu’elles promettent, comme la leur, la perfection absolue, mais simplement par des voies différentes. »

      Je ne mets pas sur le même plan communisme et capitaliste, l’un a été un échec, l’autre est un succès relatif. Mais il y a une téléologie libérale aussi, on peut s’en convaincre en particulier en lisant John Stuart Mill.

      • Par ailleurs prétendre que le socialisme constituerait un corps de textes parfaitement homogènes à accepter ou à rejeter un bloc est une fadaise. Ainsi de la fallacieuse identification du socialisme au dirigisme: qu’en est-il de Proudhon ? de Pierre Clastres ? de Castoriadis ? de Marx lui même qui parlait de l’Etat comme d’un « boa constrictor » ?

    • Plusieurs choses pour Pagerfi:
      Je ne suis pas communiste. Sinon je ne serais même pas sur ce site. J’ai un ami à Toulouse et ce qu’il me dit des Jeunes PC de cette ville me laisse à penser qu’ils sont ravagés. Mon auteur favori est Max Weber, qui n’était ni libéral, ni socialiste mais qui était un incomparable génie.
      Nombre d’auteurs de gauche me font vomir : Badiou, Zizek. Je n’aimais pas non plus l’attitude totalitaire d’un Sartre (quoi que j’ai bcp d’admiration pour les mots qui est un vrai bouquin). Pareillement, la sociologie de Boudon me parait largement supérieure à celle d’un Bourdieu (pour lequel j’ai malgré tout j’ai de la sympathie pour deux raisons bêtes, son amitié avec Jacques Bouveresse et le fait qu’il ait été comme moi un fils de paysan).
      De toute façon, je ne suis pas à un âge où les convictions sont encore bien arrêtées.
      Quelques critiques sur des automatistes de pensée de certains des commentateurs :
      Il y a un net abus de réductions ad hitlerum et ad stalinum. Il y a un gars sur Amazon qui établit des listes souvent pertinentes mais avec des commentaires qui dépassent l’imagination. Il parle notamment de Platon comme du père théoricien du totalitarisme. Outre le caractère burlesquement anachronique de l’affirmation, on voit ici très bien ce qu’est une conception idéologique de la philosophie. Ou de l’histoire d’ailleurs c’est fréquent aussi. Ca ne me gêne pas de parler des 180 000 morts de la Guerre de Vendée (estimation basse). Pourquoi évacuer par contre l’épisode de la Terreur Blanche ? Et pourquoi ne pas dire également que l’échec ou le succès d’une révolution dépend au moins autant de l’idéologie supposée qui la sous-tend, que du niveau de culture démocratique que possède le pays dans lequel elle émerge ? Parler de Rousseau comme d’un penseur totalitaire par exemple me parait une plaisanterie. (Je lis Adolphe de Constant ; certains seraient surpris d’y trouver des échos du philosophe genevois)
      Sur l’idéologie, à lire le bien nommé « l’idéologie » de Boudon.

      Autre facilité : Le psychologisme à courte vue ; les électeurs socialistes ou affiliés seraient des sangsues improductives, envieuses et emplies de ressentiments. Ce n’est pas ce que j’en voie. J’ai un ami au Parti de Gauche ; il étudie actuellement à la meilleure école de Finance de France, il devrait dépasser assez rapidement les 10 000 euros en sortant de l’école. Que son adhésion soit due à l’envie me parait un peu court.

      • « Il parle notamment de Platon comme du père théoricien du totalitarisme. Outre le caractère burlesquement anachronique de l’affirmation, on voit ici très bien ce qu’est une conception idéologique de la philosophie. »

        Ah, oui, Karl Popper est bien connu pour être « burlesque ». On a répertorié quelques cas d’étudiants en philosophie morts d’épuisement après une longue crise de fou rire devant la falsifiabilité et la théorie de la connaissance.
        Blague à part, l’origine platonicienne du totalitarisme dans « La Société ouverte […] » est, comme toute thèse généalogique (au sens nietzschéen), contestable au sens où elle trace des parallèles idéologiques qui dépendent bien souvent de la perception personnelle que l’on a de tel ou tel penseur. Toutefois, Karl Popper, s’il fait effectivement remonter la généalogie historique du totalitarisme à Platon, n’en fait pas non plus un inventeur du totalitarisme. Il remarque dans sa philosophie deux éléments :

        1. Formellement : par la recherche du bon régime, d’ordre absolu (foncièrement opposé à la logique libérale admirablement résumée par JF Revel). On peut la contraster avec un Aristote qui cherche à trouver les critères d’un bon régime pour une situation donnée, et qui est à ce titre beaucoup plus proche des réflexions modernes sur la question.

        2. Thématiquement : la prééminence absolue d’un collectif (trait assez grec dans l’ensemble, qui culmine probablement dans l’État-caserne spartiate, source d’inspiration de l’iconographie nazie), où la société est remodelée (enfants élevés en communauté, reproduction rationnelle) et dirigée par une avant-garde éclairée d’idéologues qui a le monopole de la réflexion.

        En réalité, plus que Platon, Popper stigmatise les utopies. Il pourrait en vérité dire la même chose de Thomas More ou de Camparella. Et à vrai dire, force est de constater que la plupart des « progressistes » du passé, lus de nos jours, semblent glaçants. Il est difficile, avec nos yeux modernes (et infiniment plus libéraux, quelle que soit notre obédience, que bien des hommes du passé), de ne pas être vaguement choqué par cette Utopia figée où les rues ont une longueur définie ou par la Cité du Soleil où des astrologues sont attentifs aux lois astrales qui gouvernent la liberté des hommes — et des lois astrales aux lois raciales ou aux lois de l’histoire, il me semble bien qu’il n’y a qu’un pas.

        • Je n’avais pas lu la société ouverte de Popper (qui est évidemment un grand philosophe) mais je persiste ; les sphères de la société dans la Grêce antique n’étaient pas les mêmes que les notres, la distinction Société civile /Etat ne date par exemple que de la fin du 18ème siècle. Et l’anachronisme, s’il peut être fécond, me semble ici propre à rendre les choses confuses : Socialisme et libéralisme sont des produits de la modernité. Le socialisme ne se ramène pas seulement à des pratiques économiques mais s’inscrit dans un imaginaire social-historique qui n’est pas celui d’une société ayant une vision plus ou moins organiciste de la vie sociale comme pouvait l’avoir les Grecques .

          Sur le constructivisme : Changer l’homme n’est pas un mal. Changer l’homme ne veut pas forcément dire employer des techniques à la Orange mécanique ou Goulag ; ça peut aussi vouloir dire faire émerger des idées. Et dans cette optique, les libéraux comme les socialistes au sens où je l’entends ont un problème majeur ; à savoir l’apathie politique généralisée, la nullité et le conformisme du débat d’idées (gros problème effectivement que l’absence d’un candidat libéral de poids ; parenthèse avec Madelin les libéraux n’étaient pas aidés), et surtout le retrait dans la sphère privée. Le principe de l’utopie n’est pas une cause (Hayek lui-même parle bien d’une utopie libérale), une utopie peut être utile si elle conserve une part suffisamment forte d’indétermination. Une utopie devient mortifère lorsqu’elle prétend pouvoir tout prévoir, tout régenter.

      • Comme beaucoup de personnes qui se croient de gauche comme de droite aussi, il est peut être un libéral qui s’ignore. Mais qui ne sait pas ce qu’est véritablement le libéralisme, se contentant d’absorber l’ambiance générale anti-libérale

        • A Pascale Un libéral qui s’ignore hé hé hé. Vous savez Il n’est pas exclu que je devienne franchement libéral avec les années. Après tout, je lis des libéraux, donc allez savoir. Un libéral en puissance peut être ? Mais je le répète, je ne suis pas suffisamment au fait des choses pour pouvoir me dire ni libéral ni socialiste. Ca m’exclue déjà des convaincus d’avance et des adeptes de l’antilibéralisme de principe. Comme disait l’autre, pour le moment, donnez-moi le droit de ne pas avoir d’opinion.

          Une chose est sîre: On est plus disponible lorsqu’on est plus jeune ; on se convertit rarement sur le tard. Délaisser les idées auxquelles on a adhéré toute sa vie implique un « prix psychique » trop élevé

  • A avez vous lu Polanyi

    Je crois que je ne vous ai jamais accusé de communiste et je n’ai jamais eu l’intention de le faire. Je partage votre admiration pour Max Weber et notamment pour ses écrits sur la bureaucratie.

    En ce qui concerne l’attribution de la paternité théorique du totalitarisme à Platon, il s’agit certainement d’un raccourci trop rapide, mais je cite (sans donner d’avis) Gustave le Bon dans « La psychologie du socialisme » :

    « Sans remonter au communisme primitif, forme d’évolution
    inférieure par laquelle ont débuté toutes les sociétés,
    nous pouvons dire que l’antiquité à expérimenté les
    formes diverses du socialisme qui nous sont proposées
    aujourd’hui. Les Grecs, notamment, tentèrent leur réalisation.
    C’est même de ces dangereuses expériences qu’ils
    ont fini par mourir. Les doctrines collectivistes sont déjà
    exposées dans la République de Platon. Aristote les combat,
    et, comme le dit monsieur Guiraud en résumant
    leurs écrits dans son livre sur la Propriété foncière des
    Grecs : « Toutes les doctrines contemporaines, depuis le
    socialisme chrétien jusqu’au collectivisme le plus avancé,
    y sont représentées. »
    Ces doctrines furent plusieurs fois mises en pratique.
    Les révolutions politiques grecques étaient en même
    temps des révolutions sociales, c’est-à-dire des révolutions
    ayant pour but de changer l’inégalité des conditions
    en dépouillant les riches et opprimant les aristocraties.
    Elles réussirent plusieurs fois, mais d’une façon toujours
    éphémère. Leur résultat final fut la décadence hellénique
    et la perte de l’indépendance. Les socialistes de
    cette époque ne s’accordaient pas mieux que ceux d’aujourd’hui,
    ou tout au moins ils ne s’accordaient que pour
    détruire. Rome mit fin à leurs perpétuelles dissensions
    en réduisant ·la Grèce en servitude et faisant vendre ses
    habitants comme esclaves. »

    En ce qui concerne la Terreur Blanche dont vous parlez, elle a été une réaction à la terreur révolutionnaire (comme en Russie ou en Espagne pendant la guerre civile). Il ne s’agit pas de justifier cette terreur, mais elle a été la conséquence inévitable de révolutions faites par des illuminés qui n’avaient pas de soutien populaire et qu’il fallait donc imposer par la terreur.
    De toute façon, le bilan des « terreurs blanches » a été bien inférieur à celui de la terreur rouge…

    En ce qui concerne le succès des révolutions : elles ont toujours été imposées au peuple et au nom du peuple malgré le peuple. Je ne connais aucune révolution depuis 1789 dont le bilan soit positif, c’est à dire, meilleur niveau de vie et plus de liberté.

    • « Je ne connais aucune révolution depuis 1789 dont le bilan soit positif, c’est à dire, meilleur niveau de vie et plus de liberté. »
      —————–
      Révolution des Oeillets ?

    • En ce qui concerne le succès des révolutions : elles ont toujours été imposées au peuple et au nom du peuple malgré le peuple. Assertion historiquement fausse ; les Œillets donc. Mais aussi le Printemps arabe dont on peut penser au moins pour la Tunisie que ce qu’il en sortira sera positif. Mais le problème est qu’on recouvre sous le vocable « révolution » des coups d’état (révolution arabe) et des révolutions populaires démocratiques (révolutions arabes, révolution des œillets, révolution de velours, révolution des roses). Mais vous n’avez dans votre mire qu’Octobre 17 (un coup d’état) et la Révolution française (dont on peut quand même admirer certains moments) me semble t-il.

      • Sans soutien populaire ? A aucun moment donné de la Révolution ? On se demande comment le phénomène aurait pu émerger et durer tout de même 10 jusque Brumaire. Par ailleurs, Furet dans son bouquin de 65 passe son temps à insister au contraire sur le rôle prépondérant des masses (parisiennes) sur les politiques (je ne l’ai pas sous la main mais je pourrai aisément vous retrouver des passages qui illustrent mon propos)
        « En ce qui concerne la Terreur Blanche dont vous parlez, elle a été une réaction à la terreur révolutionnaire », vous renversez la thèse des circonstances de l’historiographie jacobino-marxiste. Mais j’ai La Contre révolution de Godechot qui m’attend donc autant en reparler quand je serai plus à même de vous répondre avec la précision requise.

        « De toute façon, le bilan des « terreurs blanches » a été bien inférieur à celui de la terreur rouge… » C’est très vrai mais cela n’est que le reflet des forces en présence et pas vraiment du degré de douceur employé plus grand chez l’un que chez l’autre 🙂

        Voilà bonne journée. J’ai plaisir à vous causer Pergafi vous êtes stimulant.

  • Tout le paragraphe sur le sophisme est quand même assez drôle dans le genre coupeur de cheveux en quatre.

  • Un seul philosophe n’est jamais cité ici (ni ailleurs…): Marcel De Corte. Pourtant, son livre « L’intelligence en péril de mort » sera, j’en suis certain, considéré dans l’avenir comme un des seuls ouvrages de philo de l’époque moderne. A notre époque en effet, comme disait Funck Brentano il y plus de cinquante ans: « cent soixante ans de sophistique, quel peuple peut résister à cela? »

  • « Vae victis » fut prononcé bien avant Staline et résume déjà tout le problème du sort des vaincus

  • Cet article est la pure (quoique involontaire) démonstration de l’imposture d’un sophiste et idéologue (fanatique) qui prétend disqualifier ses adversaires politiques (ici son oncle maternel) en tentant de leur attribuer ces caractères infamants dont il démontre qu’ils fondent sa doctrine personnelle.

    Constater que ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire est une vérité et une banalité, que le bon sens de ce brave tonton avait pu constater comme tout un chacun.

    Et c’est même particulièrement d’actualité, à notre époque où l’apparition de lois mémorielles menace de sanctions pénales des historiens que leurs travaux amèneraient à découvrir des faits qui tendraient à s’écarter de la doxa officielle.

    Prétendre que cette croyance transforme ce brave tonton, historiciste de raison, en parfait sceptique relativiste, imperméable aux concepts non historiques de vérité, mensonge… est une pure imposture.

    Je laisserai parler Eric Weil à ma place, (« Philosophie politique » Vrin page 15)

    « L’historicisme se ramène ainsi à l’affirmation que le succès joue un rôle décisif en histoire – ce qui est exact et une banalité.

    Or souvent, on [NDR, ici F.Descamps] prétend en déduire la relativité de toutes les vérités et fonder sur cette relativité [NDR que son tonton professe] une sorte de scepticisme (de la réflexion : car dans leur vie, les adhérents de la doctrine [NDR F.Descamps]se comportent exactement comme leurs adversaires, prennent position en politique, prônent telle décision de préférence à telle autre, déclarent inadmissibles certaines actions, ne doutent nullement de la science de leur époque, [NDR:d’autant moins qu’ils ont refusé de se confronter à leurs contradicteurs, refus justifié par un raisonnement d’un sophisme du meilleur cru, s’appuyant par exemple ici à la fois sur un argument, (l’existence de la confrontation des systèmes économiques) et son contraire, je cite: « car ce ne sont pas les partisans de l’économie de marché, c’est-à-dire les vainqueurs du match contre les communistes, qui ont écrit cette histoire : le communisme s’est effondré tout seul »], bref, supposent pratiquement qu’il y ait un sens à ce qu’ils font).
    L’historicisme devient alors absurde : toute vérité particulière (il en est de même de toute valeur particulière) est en effet relative, puisqu’elle n’a de sens que par rapport à un système (« axiomatique ») à l’intérieur duquel elle se situe ; il en découle cependant, précisément dans le « système » historiciste, que le choix entre les différents systèmes n’est pas libre, mais dépend de l’histoire, qui est ce qu’elle est et est compréhensible dans sa réalité une et unique, et ceci encore selon l’historicisme lui même. Et nous n’insisterons pas sur le fait que l’historicisme, en proposant une vérité absolue, celle du scepticisme, s’expose à la plus antique des réfutations et à laquelle succombe tout scepticisme qui ne renonce pas au discours et à l’action – ce qui n’est pas le cas de l’historicisme – : il affirme qu’on ne peut rien affirmer.

    M Descamps qui appuie de façon aussi comique ses certitudes sur les mathématiques, a faux même sur ce plan là: il n’a certainement jamais entendu parler de M Gödel, aux travaux duquel je le renvoie. Alors que le raisonnement de E. Weil a le mérite d’être parfaitement en phase avec les derniers développements de la logique mathématique de Gödel.

    Il faut
    1 ramener d’urgence M Descamps au niveau d’aptitude à raisonner que l’on réclame d’un candidat au Certificat d’Etudes Primaires,
    2 lui organiser une nouvelle confrontation avec son tonton sur la « cinglante réalité  » des succès actuels de l’économie de marché.

  • « Alors, de trois choses l’une, soit je suis un vainqueur, soit je suis un vaincu, soit je ne suis ni l’un ni l’autre. Si je suis un vaincu, alors la proposition « L’histoire est écrite par les vainqueurs » est fausse si je la dis puisque je suis un vaincu et qu’un vaincu ne peut avoir raison. Pareillement si je ne suis ni vainqueur ni vaincu : seuls les vainqueurs ont raison puisque ce sont eux qui écrivent l’histoire. Si je suis vainqueur, alors je peux nier tous les faits que je veux puisque je peux réécrire l’histoire et que j’aurai toujours raison. Donc si je suis vainqueur, je peux décider aussi que la proposition « L’histoire est écrite par les vainqueurs », qui était auparavant tenue pour vraie, sera désormais fausse. Or si elle est maintenant fausse, je ne peux pas réécrire l’histoire, ce qui contredit notre hypothèse. Bref, la proposition « l’histoire est écrite par les vainqueurs » est soit fausse soit auto-réfutante, c’est-à-dire tout aussi fausse puisqu’elle se réfute elle-même. Et une proposition qui est soit fausse soit fausse est fausse à tous les coups, n’est-ce pas ? Or je rappelle qu’un sophisme est un raisonnement faux qui semble vrai au départ. C’est le cas ici. »

    Ben voyons.

    Vous confondez délibérément vérité et Histoire pour pouvoir nous rejouer une version historique du parodoxe du menteur. Sauf qu’il n’y a aucune « auto-réfutation » de quelque sorte que ce soit puisque la proposition « l’histoire est écrite par les vainqueurs » n’est pas une donnée historique mais une proposition logique. L’Histoire n’est pas l’équivalent de la vérité, ce n’est pas l’ensemble des propositions logiques vraies; c’est un récit traitant des faits passés qui se transmet de génération en génération par l’apprentissage. C’est dans les Éducations Nationales, et dans les Universités de chaque pays qu’on décide de ce qu’est l’Histoire.
    Ainsi, la phrase « l’histoire est écrite par les vainqueurs » ne fait pas partie de l’Histoire, mon commentaire ne fait pas partie de l’Histoire, et votre torchon ne fait pas non plus partie de l’Histoire.
    Donc à aucun moment la proposition « l’histoire est écrite par les vainqueurs » n’est auto-référente.
    Du reste, voilà ce qui se produit lorsqu’on veut traiter de l’Histoire en logicien et non en historien: un infâme paralogisme de la part de quelqu’un qui prétend pourtant combattre les sophismes.

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