Vive la liberté d’expression !

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Au-delà de la polémique Vanneste, on propose ici une typologie du libéralisme qui aide à délimiter jusqu’où peut aller la liberté d’expression.

Au-delà de la polémique Vanneste, on propose ici une typologie du libéralisme qui aide à délimiter jusqu’où peut aller la liberté d’expression.

Par Marc Crapez.

Ça n’est pas la peine d’entrer dans la polémique. Sur le fond, il n’aurait pas dit d’inexactitude historique. Sur la forme, c’était calamiteux. Et il n’en était pas à son coup d’essai. On comprend que l’UMP veuille l’exclure. Cette histoire est toutefois intéressante à plus d’un titre. En effet, elle résulte d’un contentieux entre Christian Vanneste et une association d’homosexuels proches de l’UMP, « Gaylib », qui se réclame du libéralisme.

Comme je l’ai exposé ailleurs, le libéralisme recouvre quatre dimensions : libéralisme politique, économique, intellectuel et culturel (ou libéralisme des mœurs). Toutes les combinaisons sont possibles entre ces quatre ingrédients, selon la manière dont on les classifie.

Une forme de libéralisme qui exclurait le libéralisme culturel serait un libéralisme conservateur. Une variante du libéralisme qui exclurait le libéralisme économique serait un libéralisme progressiste ou de gauche, au sens américain. En effet, le libéralisme est schématiquement à droite dans les pays latins, au centre dans les pays nordiques et à gauche en Amérique du nord.

Quatre libéralismes

Mais ne vous avisez pas de parler de libéralisme anglo-saxon à certains libéraux, car ils estiment que cette expression, « anglo-saxon », est presque raciste : elle négligerait les nouveaux arrivants dits de la « diversité » ! On se trouve là en présence d’un libéralisme qui n’exclut ni le libéralisme économique, ni le libéralisme culturel, mais le libéralisme intellectuel. À ce degré de sectarisme, qui exige de bannir des expressions innocentes, la question se pose : est-on encore dans le périmètre du libéralisme ?

La question se pose au sujet de Gaylib. L’association s’était opposée à l’investiture aux législatives de Vanneste (lequel avait réclamé l’exclusion de Gaylib de l’UMP), en utilisant le langage antifasciste du « sursaut républicain ». Elle avait annoncé qu’elle ne soutiendrait pas Sarkozy parce qu’il s’était prononcé contre le mariage homosexuel. Réaction étroitement communautariste. Alors qu’eux-mêmes subissent des rejets communautaristes. Leur participation au lobby gay est « régulièrement contestée », selon Wikipedia. En 2009, leur char est resté bloqué durant la Gay Pride. Les homos d’extrême-gauche mettent ainsi la pression sur ceux de droite, qui eux-mêmes cherchent à intimider la droite pas concernée.

La majorité des gens souhaite que les homosexuels aient les mêmes droits que les autres, au sens où ils ne doivent pas être lésés dans leurs droits fondamentaux. Mais souhaite-t-on, pour autant, une extension illimitée de leurs droits subjectifs d’individus, c’est-à-dire la promotion de leurs choix particuliers en modèles sociaux ? Questionnés sur des points précis, les Français répondent non : 67% désapprouvent l’affichage d’un baiser d’homosexuels dans les transports publics (sondage Ifop du 15 octobre 2005).

Quel dommage que les homosexuels aient été autrefois maltraités ! À leur tour, ils doivent respecter l’altérité de ceux qui trouvent que c’est dommage pour eux. Autant l’injure destinée à humilier doit être prohibée, autant ça suffit de considérer comme choquant le moindre propos dissonant. Vive la liberté ! Ce que Vanneste a dit est bête, mais il n’a rien dit de mal. S’il est exclu de l’UMP, alors demain ce sera le tour de Christine Boutin, après-demain celui d’un autre, et ainsi de suite, jusqu’au tour de ceux qui expriment aujourd’hui un lâche soulagement. La virulence du lobby gay d’extrême-gauche pourrait conduire aux mêmes phénomènes d’épuration que ceux des sectes révolutionnaires.

L’homophobe n’est déjà plus celui qui hait les homosexuels, ni celui qui hait l’homosexualité, mais seulement celui qui n’est pas catalogué « gay friendly ». Des associations militantes, qui se prétendent représentatives, mènent une guérilla juridique et un harcèlement médiatique. Un discours vindicatif et agressif fantasme sur une recrudescence de l’homophobie afin d’émouvoir l’opinion pour promouvoir un rétrécissement des libertés.

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