Étude économique de la Norvège 2012

La Norvège continue de bénéficier de sa richesse pétrolière bien gérée et de politiques macroéconomiques saines

La Norvège continue de bénéficier de sa richesse pétrolière bien gérée et de politiques macroéconomiques saines, permettant d’assurer des niveaux de bien-être et de cohésion sociale qui sont restés élevés par rapport aux autres pays.

La vigueur de l’économie et une surveillance prudente ont permis au système financier de bien surmonter la crise financière, bien que le fort endettement des ménages et les prix élevés de l’immobilier constituent un risque. Au lendemain du ralentissement économique et de la crise de la zone euro, le principal enjeu macroéconomique consiste désormais à préserver la dynamique de la croissance dans le contexte d’un objectif d’inflation flexible et du cadre budgétaire bien établi. Les dépenses publiques ont augmenté durant la crise et la redistribution du revenu reste large, conformément à la tradition du pays. Faire en sorte que les dépenses publiques soient efficaces du point de vue économique demeure une priorité.

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La politique de relance budgétaire a été légèrement bridée en 2011 après l’expansion de 2009 10. En 2012, le déficit structurel non pétrolier, qui devrait augmenter pour se situer juste au-dessous de 4% de la valeur du Fonds public de retraite, aura au mieux un léger effet expansionniste. Compte tenu des lignes directrices budgétaires, les autorités disposeraient d’une marge de manœuvre pour susciter une expansion plus soutenue si l’activité économique se révélait sensiblement plus faible qu’escompté. Néanmoins, la politique monétaire devrait rester la première ligne de défense si les perspectives de l’économie mondiale s’assombrissaient, notamment en cas d’intensification de la crise de la zone euro.

La politique monétaire avait amorcé un retour à la normale au premier semestre de 2011. Depuis lors, l’activité a ralenti, les marchés internationaux des capitaux sont de nouveau entrés dans une zone de turbulences et l’inflation annuelle des prix à la consommation est restée bien inférieure à l’objectif de 2,5%. Dans ces conditions, la banque centrale a eu raison de suspendre le cycle de resserrement puis de réduire les taux en décembre. Elle devrait renouer avec une politique de rigueur si des tensions inflationnistes apparaissent, mais il est aussi possible de poursuivre l’assouplissement au cas où les conditions économiques se dégradent.

La performance du marché du travail est bonne dans l’ensemble avec un faible chômage et un fort taux d’activité. La durée moyenne du travail est faible, principalement en raison du travail volontaire à temps partiel mais aussi de la fréquence des congés maladie. L’incidence de l’indemnisation pour maladie de longue durée et de l’indemnisation pour invalidité sur laquelle elle débouche souvent pourrait être réduite par les mesures prises en juillet 2011. Des actions plus énergiques pour changer les incitations pourraient bien se révéler nécessaires. La récente réforme des retraites du secteur privé doit être élargie au secteur public.

Les dépenses publiques occupent une place importante dans l’économie, ce qui témoigne de l’attachement de la Norvège à favoriser la redistribution et une société juste au moyen des services publics. Une grande attention doit néanmoins être portée à la planification et à l’efficacité. Il faudrait mettre en place une « unité de l’efficacité » chargée de vérifier les analyses coûts-avantages et les études d’impact réalisées dans les ministères dépensiers. Il faudrait que soit établie une procédure d’examen des dépenses pour évaluer l’efficacité des principaux programmes et politiques. La sous traitance de la fourniture de services publics au secteur privé par appel d’offres devrait être développée lorsque cela améliore la rentabilité.

Le régime fiscal norvégien permet un bon recouvrement des recettes et une redistribution satisfaisante du revenu, sans nuire indûment à la performance économique et tout en prenant en compte les externalités environnementales. Le régime est généralement bien structuré et comporte certaines caractéristiques novatrices, mais la fiscalité du capital continue néanmoins de fausser l’épargne. En effet, les biens résidentiels sont faiblement imposés et l’impôt sur la fortune ne s’applique pas de la même façon à toutes les catégories d’actifs, car d’après des calculs théoriques, il semble que les taux d’imposition soient très élevés sur certains revenus du capital. Une plus grande neutralité fiscale pourrait être réalisée en égalisant les taux d’imposition entre les différentes formes de revenu du capital, tout en maintenant la progressivité globale.