L’accord secret qui révolutionna la Chine

À la fin des années 70, c’est un accord secret établi entre les paysans de Xiaogang qui a révolutionné la Chine

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L'accord secret signé des empreintes digitales (Source : Ouvrage de Cowen et Tabarrok).

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L’accord secret qui révolutionna la Chine

Publié le 15 février 2012
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À la fin des années 70, c’est un accord secret établi entre les paysans de Xiaogang qui a révolutionné la Chine : celui-ci établissait le passage de droits de propriété collectifs à quelque chose de plus proche des droits de propriété privée.

Par Alex Tabarrok, publié en collaboration avec Un Monde Libre.

L'accord secret signé des empreintes digitales (Source : Ouvrage de Cowen et Tabarrok).

Dans leur manuel d’économie Modern Principles : Macroeconomics, Tyler Cowen et Alex Tabarrok illustrent l’importance des droits de propriété en utilisant l’exemple des effets qu’ont eu sur les incitations alternativement l’agriculture collectiviste et l’accord secret du village de Xiaogang :

Le Grand Bond en avant a été en réalité un grand bond en arrière – les terres agricoles étaient moins productives en 1978 qu’elle ne l’avait été en 1949 quand les communistes prenaient le pouvoir. En 1978, cependant, les paysans dans le village de Xiaogang tinrent une réunion secrète. Ils acceptèrent de diviser le territoire communal et de l’affecter à des individus – chaque paysan devait produire un quota pour l’État, mais conserverait personnellement tout ce qu’il ou elle produirait au delà du quota. L’accord violait la politique de l’État et, par conséquent, les paysans se promirent que si l’un d’entre eux devaient être tué ou emprisonné, les autres élèveraient ses enfants jusqu’à l’âge de 18 ans.

Le fait de passer de droits de propriété collectifs à quelque chose de plus proche des droits de propriété privée eut un effet immédiat : l’investissement, l’effort de travail, et la productivité augmentèrent. « Vous ne pouvez pas être paresseux lorsque vous travaillez pour votre famille et vous-même », expliquait l’un des paysans.

L’accord secret s’ébruita et les bureaucrates locaux coupèrent les approvisionnements du village de Xiaogang en engrais, semences et pesticides. Mais étonnamment, avant que Xiaogang ne pût être arrêté, les paysans dans d’autres villages commencèrent également à abandonner la propriété collective. À Pékin, Mao Zedong était mort, et une nouvelle équipe au pouvoir, voyant les améliorations en termes de productivité, décida de laisser l’expérience se poursuivre.

Pour mieux comprendre le contexte, le site Planet Money de NPR narre une belle histoire sur cet accord secret :

À l’époque, même un brin de paille appartenaient au groupe », explique Yen Jingchang, qui était un paysan de Xiaogang en 1978. « Personne ne détenait quoi que ce soit ».

Lors d’une réunion avec des fonctionnaires du parti communiste, un paysan demanda : « Qu’en est-il de mes dents ? Sont-elles à moi ? » Réponse : « Non, vos dents appartiennent à la collectivité ».

En théorie, l’État prenait ce que la collectivité avait fait pousser, et distribuait aussi de la nourriture à chaque famille. Il n’y avait pas d’incitation à travailler dur – d’aller dans les champs très tôt, et à fournir un effort supplémentaire, nous dit Yen Jingchang.

« Que l’on travaille dur ou pas, tout le monde reçoit la même rétribution » dit-il. « Alors, les gens ne veulent pas travailler. »

Avant l’accord secret, les paysans se traînaient vers les champs lorsque le coup de sifflet du village les avertissaient, marquant le début de la journée de travail. Après l’accord, les familles partaient avant l’aube.
« Nous avons tous secrètement participé », explique Yen Jingchang. « Tout le monde voulait produire plus que l’autre. »

C’était la même terre, les mêmes outils et les mêmes personnes. Pourtant, en changeant simplement les règles économiques, en disant, vous pouvez garder une partie de ce que vous cultivez – tout a changé.

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Sur le web

Cet article est une traduction de The Secret Agreement that Revolutionized China par Alex Tabarrok.

 

 

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  • La cupidité est le moteur de l’économie libérale : on veut gagner plus pour soi ou pour sa famille.

    La jalousie et l’avarice sont les piliers centraux du socialisme : on veut pour soi les biens des autres et garder les siens.

    • La cupidité est le désir immodéré, sans frein, des richesses. Le libéralisme constate que le désir naturel des richesses est modéré par ce qu’on est capable de produire et d’échanger librement. On ne peut comprendre le libéralisme si on le qualifie improprement : vouloir gagner plus n’est pas de la cupidité. La cupidité est vouloir plus sans le gagner.

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