Ron Paul : dans la course pour gagner

La stratégie de campagne de Ron Paul n’est pas seulement de rester dans la course jusqu’à la ligne d’arrivée pour faire passer des messages

La stratégie de campagne de Ron Paul n’est pas seulement de rester dans la course jusqu’à la ligne d’arrivée pour faire passer des messages, mais bien d’accumuler les délégués pour gagner.

Par Conor Murphy, depuis Washington, États-Unis

En cette phase de primaire, beaucoup de pontes de la politique ont pensé que Ron Paul n’essayait pas réellement de gagner la Présidentielle. Pour eux, c’est simplement un candidat porteur d’un message, qui a quelques idées intéressantes mais qui ne pourra jamais emprunter le chemin de la victoire. Les médias classiques présentent le Dr Paul comme un candidat marginal, et donc inéligible. Pourtant, les faits démontrent le contraire. Cette fois, la campagne de Ron Paul est beaucoup mieux organisée, il a de meilleurs conseillers et fait campagne pour la victoire.

En plus du candidat des médias, Mitt Romney, Ron Paul est le seul candidat capable d’obtenir la majorité dans les 50 États. Newt Gringrich et Rick Santorum n’auront pas assez de délégués dans les États où ils ont été vainqueurs aux primaires pour obtenir la nomination du Parti Républicain. Rick Santorum est toujours peu connu, et Newt Gingrich est l’un des hommes politiques les plus clivants de notre génération et il n’a même pas pu l’emporter dans son propre État. En d’autres mots, Mitt Romney et Ron Paul sont les seuls choix en tant que candidats éligibles.

Une des principales raisons pour lesquelles Ron Paul a l’intention de gagner est son âge. Concourir à une élection nationale est l’épreuve la plus stressante, épuisante et chargée d’émotion à laquelle un homme politique peut participer. Et Ron Paul, 76 ans, ne se lancerait pas dedans à moins de penser qu’il n’ait une chance de gagner. Avec tout le travail que Ron Paul a mis dans l’Iowa et le New Hampshire, il faudrait être fou de penser qu’il n’y avait pas derrière une stratégie pour récupérer des délégués.

L’indicateur le plus clair pour les supporters de Ron Paul qu’il souhaite gagner est le nombre de publicités agressives à son encontre, payés par ses opposants. Jusqu’ici, Paul a été très hésitant à attaquer ses opposants. Ce qui lui plait le plus est de présenter ses idées clairement et précisément. Pendant cette campagne électorale, il a beaucoup plus attaqué ses opposants sur leurs dossiers, et a beaucoup célébré ses propres qualités. Pendant la campagne de 2008, il avait été très modeste.

Certains expliquent que le député Ron Paul essaye simplement de présenter son message au niveau national et n’a en fait aucun intérêt à se faire élire. Il y avait de la place pour un tel argument il y a quatre ans, mais pas cette fois. La stratégie de campagne de Paul n’est pas seulement de rester dans la course jusqu’à la ligne d’arrivée, mais d’accumuler les délégués. Si Paul essayait simplement de faire passer ses idées, il n’aurait pas fait l’impasse sur la campagne en Floride pour faire campagne dans les États comme le Minnesota, le Nevada ou le Maine. Il sait qu’il ne sera pas compétitif dans les « états du Soleil » (NdT : états du Sud des États-Unis). Parce que dans ces États les délégués sont liés au « gagnant qui remporte tout », il n’y a aucun intérêt à gaspiller de l’argent, du temps et des ressources en Floride pour le Dr Paul.

Il y a un consensus général dans les médias que Paul a un « plafond » de supporter et ne peut pas aller au-delà. Cette thèse est répétée, et puisque Paul le sait, il ne peut pas concourir pour remporter une élection nationale. Encore une fois, cet argument a pu être vrai en 2008, mais plus maintenant. Toute personne prêtant attention à l’élection au cours des huit derniers mois verra que le « plafond » de Ron Paul s’est élevé avec le temps. Quand il a annoncé qu’il commençait une campagne préparatoire, les experts ont déclaré qu’il atteindrait les 5% pour ensuite abandonner. Peu après, c’était 10%, mais il avait atteint là son maximum. Les mois passants, le « plafond » était de 20% et Ron Paul était tout prêt de la victoire dans le Caucus de l’Iowa. À ce moment, Chris Wallace a annoncé que l’Iowa ne compterait pas si Ron Paul parvenait à la victoire dans cet État. Ron Paul et son équipe de campagne ont ainsi réalisé que le « plafond » était « de verre » et que les médias en parlaient simplement pour décourager des supporters potentiels.

Il n’est pas question de dire que le chemin de la nomination du Dr Ron Paul sera couronné de succès, mais l’insipide Mitt Romney, l’instable Newt Gingrich, et l’obscur Rick Santorum rendent tout possible pour le Dr Paul. La route sera chaotique, mais il est le seul candidat dans la course qui fera les coupes nécessaires dans le budget fédéral, et qui est un vrai conservateur. Santorum, Gingrich et Romney devraient faire attention : Ron Paul a un objectif, gagner.

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Article original titré « Ron Paul: In it to win it » publié le 29.01.2011 sur The Washington Times. Repris avec l’aimable autorisation du journal.
Traduction : Nicolas B. pour Contrepoints.