L’Arménie vendéenne : Indignez-vous !

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Le zèle de la République française à proclamer le Génocide Arménien participe d’une constante héritée de la « Révolution Française »

Citoyen vertueux, j’aimerais proposer à la vindicte humaniste un génocide bien de chez nous, qui fera certainement l’affaire de tous ceux qui veulent produire français.

Par René Le Honzec.

Le zèle de la République française à proclamer le Génocide Arménien (obligatoire) participe d’une constante héritée de la « Révolution Française », que le Monde entier nous envie, l’impérieuse nécessité d’éclairer le monde obscurantiste, c’est-à-dire tous les Autres sauf Nous. Quitte à revendiquer une repentance ostentatoire mais très sélective. Par exemple : la Traite des Noirs (seulement Atlantique, obligatoire), le glorieux apport de l’Islam aux peuplades rustiques et barbares européennes (recommandé très fortement, cf. le vilain négationniste Sylvain Gouggenheim), la participation active de l’État français (attention, celui de Vichy, pas confondre) au Génocide Juif, l’horreur colonialiste (obligatoire dans tous les manuels scolaires), la torture en Algérie (Nan, pas celle du FLN, celle des sadiques paras), le Génocide des « Kmers rouges » (accepté, sous réserve de ne pas prononcer « communistes cambodgiens »).

Citoyen vertueux, j’aimerais proposer à la vindicte humaniste un génocide bien de chez nous, qui fera certainement l’affaire de tous ceux qui veulent produire français (coucou, Bayrou).

Vers 1789 a commencé une phase marquante de notre Histoire, dénommée de façon ludique « Révolution Française ». Je vais vous la faire courte : le méchant roi a été guillotiné, le Peuple s’est affranchi d’un esclavage millénaire, et youpie, la Liberté-Égalité-Fraternité s’est incarnée en Napoléon Imperator. Détail, les « Guerres de la Révolution et de l’Empire » ont fait 1 400 000 morts (à la louche, on ne mégote pas avec la Gloire, le Patrie et la République, même si c’est un empereur). Faute d’enthousiastes pour renouveler les Volontaires de 92, la Convention décrète la levée de 300 000 hommes en février 93. L’Ouest (de la France) s’embrase, il semblerait que les lumières de la Révolution n’avaient pas percé l’épaisseur de leurs crânes de calotins cléricaux. Après les déculottées des Sans-Culottes locaux, on envoie l’Armée, des armées, qui se font laminer par les pedzouilles indigènes : « Inexplicable Vendée » comme le fulmine Barère à la tribune. Alors, les révolutionnaires donnent l’ordre « d’exterminer les Brigands » (la majuscule est de moi), ce qui sera fait, en grande partie. Hommes, femmes, enfants (oui, enfants : Henriette Pichaud, 5 ans, sa sœur Prudence, 10 ans, village de Saint-Colombin, par exemple, il y a plein de listes précises), par la guerre, les fusillades, les noyades, la guillotine, avec des raffinements dans la torture que je n’ose pas détailler dans mes conférences, qui me donnent l’envie de vomir à chaque fois.

Comme l’écrit le général Westerman en décembre 93 :

J’ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé.

À partir de janvier 94 marchent les « colonnes infernales » qui vont systématiquement essayer de détruire le pays par le fer et le feu.

Bon, vous n’êtes pas obligé de me croire sur parole ; alors, potassez sur Wiki pour commencer. Ensuite, posez-vous la question : s’agit-il d’un « populicide », néologisme créé par Gracchus Babeuf dès 1794, d’un « génocide » comme le dénonça Michel de Saint-Pierre en 1977 (M. de Charette) ou d’un « génocide franco-français » suivant le titre du livre de Reynald Sécher (1986) ? Vous pourrez compenser en lisant « La Vendée et la France » (1987) de l’historien « bleu » Jean-Clément Martin.

Sécher parle de « génocide » et avance avec une étonnante précision 117 257 morts, ce que dénonce Martin qui nie tout génocide en revendiquant « entre 230 000 et 250 000 morts »… Voire même « 600 000 morts », comme l’a soutenu… le général républicain Hoche qui fut, quand même, le commandant en chef. Dernier point : il faut ajouter, au moins, « entre 100 000 et 220 000 morts chez les soldats républicains (sic) ». À rapprocher du chiffre plus haut-cité de 1 400 000 morts dont, théoriquement, 600 000 pour les « guerres de la révolution seules ».

L’Histoire de France a des problèmes de mémoire et de calcul. Il est vrai qu’il n’y a pas de « vote vendéen ». Je n’ai aucune sympathie pour la Turquie qui occupa et opprima pendant des siècles une grande partie de l’Europe et retombe dans un islamisme basique, et je respecte la douleur des Arméniens. Mais je conseille fortement aux autorités ex-ottomanes, je ne sais pas, par exemple une loi interdisant le négationnisme du Génocide Franco-Français. Histoire de remettre l’Histoire à l’endroit.

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