Heureusement, Sarkozy va résoudre le chômage en quatre mois

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Sarkozy a, encore une fois, lancé en fanfare une dépense pharaonesque pour un résultat qu’on devine déjà plus que modeste.

La rumeur voudrait que la France aurait, actuellement, un problème de chômage. Aussi incroyable cela puisse-t-il paraître, le pays, pourtant réputé pour ses niagaras de bisous et ses torrents de caresses, n’arrive pas exactement à fournir un travail pour tous. Et actuellement, il semble même que la crise aggraverait un tantinet une situation déjà tendue. Heureusement, Sarkozy va résoudre le chômage en quatre mois.

Car, ne l’oubliez pas, dans quatre mois (à peu près), il sera réélu triomphalement par une population en transe, à la suite d’une campagne présidentielle pleine de tonus et de vitamines, menée tambour battant sur des thèmes novateurs et un espoir tout neuf basé sur le bilan remarquable de son quinquennat plein de peps.

Et quatre mois ne seront pas de trop pour relever le défi.

Rappelons que le Président Nicolas Sarkozy de La Cinquième République Bananière Du Bisounoursland a déjà, à son palmarès, de nombreuses réussites flamboyantes qui ont littéralement renversé le pays. Je laisse au lecteur le soin de chercher sur Internet l’imposante liste de ses multiples réalisations fabuleuses.

Sarkozy grimaceEt quatre mois, c’est aussi long, finalement : les dossiers s’entassent dans les Officines Du Travail Disponible et Joyeux de Monsieur Paul Employ, où sont recensées toutes les belles offres et les emplois palpitants que la France offre à ses millions de bras.

Il semblerait ainsi que certains employés de Paul Employ doivent traiter plus de 600 dossiers à eux seuls. Pas de doute : la République du Bisounoursland passe une période délicate, surtout que distribuer en toute décontraction des postes de bouchers à des informaticiens (et inversement) ne permet pas de résorber le travail. Et à propos, cette explosion du nombre de dossiers n’a aucun rapport avec le fait que les agences Paul Employ n’ont qu’un taux de réussite quasi-humoristique devant celui des agences d’intérim (privées) ou les cabinets (privés) de placement. Rassurez-vous : ces performances lilliputiennes sont heureusement payées par le contribuables dont les largesses, au vu de la dette actuellement contractée, sont presque inépuisables.

Sarkozy grimaceEt puis non seulement, les agents croulent sous les dossiers, mais maintenant, même la fine fleur de la société française, les élites destinées à nous guider tous, ceux qui furent, il y a peu, adoubés d’un diplôme rutilant comme celui de l’ENA, même ceux-là goûtent aux affres amers du chômage ! Un énarque au chômage, c’est le monde à l’envers ! C’est l’abomination du tournage de pouces rémunéré étendue à ceux qui ont toujours porté haut le besoin de servir le Bien Commun, par exemple en fuyant le service public et en allant pantoufler dans une grosse société.

Quatre mois, cela semble donc un défi à la hauteur du candidat Sarkozy. Et c’est donc le candidat qui a lancé son Grenelle du Chômage, pardon son Sommet Social, pour enfin bouter le chômage hors de France.

La conclusion de ce Sommet est simple : DU POGNON !

Les grimaces de Sarkozy

On va arroser de pognon les fertiles gazons des sociétés immobilières (si pauvres, si pauvres) et des agences de formation (si bonnes, si bonnes), et bien sûr les services publics à commencer par Mr. Paul Employ qui va pouvoir embaucher 1000 CDD supplémentaires. Du reste, ce n’est pas idiot : pour lutter contre le chômage, il suffit finalement de faire passer les demandeurs agglutinés à Pôle-Emploi de l’autre côté du guichet. Il suffisait d’y penser. Et comme l’argent pour ces nouveaux CDD est gratuit, qu’il vient de la poche des contribuables futurs et qu’il sera directement imprimé par les Epsons de la BCE à un moment où l’autre, pourquoi se priver ?

Au total, 500 millions d’euros vont donc être claqués dans une joie que le gouvernement et les syndicats peinent à contenir en ces temps de disette. La dépense publique continue de grimper alors que la France a été dégradée, qu’elle croule sous le chômage et les déficits et que ses services publics sont aussi bouffis de certitudes que de dettes.

Mais l’ex-futur-candidat futur-ex-président explique tout de même qu’il FAUT bien faire quelque chose. Et comme ce quelque chose, pour l’État, se résume TOUJOURS à claquer du pognon, on comprend qu’encore une fois, quelques ramettes de papier-banque vont partir en fumée. Et non, les élections ne doivent pas arrêter le rythme de crémation des richesses produites :

« Est-ce qu’on devrait s’interdire de réfléchir, de penser et d’agir au motif qu’il y a des élections ? »

Eh bien, à vrai dire, si ça nous épargne une réflexion conne, une pensée idiote et une action aussi délétère que coûteuse, j’aurais tendance à dire oui en applaudissant des deux mains.

On regrettera, tout de même, qu’il n’a pas lancé une si belle initiative en mai 2007, à la suite de son élection, justement. On aurait pu vérifier le résultat sur pièce. Là, c’est bête, mais on craint que tous les extraordinaires bénéfices de ces propositions tonitruantes ne tombent dans l’autre quinquennat. Ce serait vraiment un comble que ce soit, par un coup du sort inouï, son méchant rival, Marine Le Pen François Bayrou François Hollande, qui en profite !

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