La BCE a jeté 500 milliards d’euros par les fenêtres mais les marchés continuent de chuter

Les politiques de plan de sauvetage de l’Union Européenne sont prises dans leur propre élan

Les politiques de plan de sauvetage de l’Union Européenne sont prises dans leur propre élan.

Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume-Uni

Je ne suis pas sûr que tout le monde ait saisi l’ampleur de ce qui vient juste d’arriver. La Banque Centrale Européenne a jeté 489.190.000.000 d’euros dans le système bancaire de l’eurozone. Cinq cent vingt-trois banques se sont jetées avidement sur cet argent pas cher. Et le marché a chuté.

Cela fait trois ans que je m’insurge dans mes chroniques contre la manie de prêt/sauvetage de ces institutions. J’en suis, j’en ai conscience, devenu barbant sur le sujet. Mais ces sommes sont presque devenues littéralement inimaginables (Ceci vous donnera un aperçu de ce que représente la moitié d’un milliard en billets de banque).

Réfléchissez-y juste un instant. La BCE n’a aucune ressource propre : elle est soutenue par les contribuables européens. Donc la monnaie qu’elle a prêtée aux banques doit être prise depuis les gouvernements européens ou directement aux citoyens sous forme d’inflation. Et où va tout ce fric ?

Eh bien la BCE espère que les banques vont racheter la dette publique avec – vu qu’elles sont, évidemment, plus ou moins obligées de le faire sous les règles de la Bâle III. Donc les gouvernements de la zone euro empruntent de l’argent afin de le prêter à des banques privées qui le prêtent euh… aux gouvernements de l’eurozone.

J’ai posté un billet il y a environ deux mois sur la politique de prêt/sauvetage de l’Union Européenne qui était prise dans son propre élan, un peu comme un train incontrôlable. Le train va désormais à sa vitesse maximale et a passé le point où l’on peut encore appuyer sur le bouton « marche/arrêt ». La seule question est : quand va-t-il se prendre le mur. À mon avis, il ne reste que quelques mois.

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Article repris depuis The Telegraph avec l’aimable autorisation de l’auteur.
Traduction : Virginie Ngo