Surmonter les obstacles à l’entrepreneuriat en santé

En raison d’une emprise étatique sur les soins hospitaliers et médicaux, l’entrepreneuriat est exclu d’une bonne partie du secteur de la santé

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Surmonter les obstacles à l’entrepreneuriat en santé

Publié le 13 décembre 2011
- A +

En raison d’une emprise étatique sur les soins hospitaliers et médicaux, l’entrepreneuriat, qui apporte pourtant des bénéfices indéniables, est exclu d’une bonne partie du secteur de la santé.

Par Yanick Labrie, depuis Montréal, Québec
Article publié en collaboration avec l’Institut Économique de Montréal

Une étude publiée par l’Institut C.D. Howe réaffirmait ce que plusieurs analystes répètent depuis des années : le système de santé canadien a besoin de réformes fondamentales afin d’utiliser plus efficacement les sommes qui y sont dédiées. Depuis quinze ans, les dépenses en santé augmentent plus vite que la croissance de l’économie canadienne. Elles accaparent maintenant près de 40 % des budgets des gouvernements provinciaux et territoriaux.

Or, malgré les sommes astronomiques allouées au système de santé au fil des ans, la population canadienne est loin d’en avoir pour son argent par rapport à la majorité des pays de l’OCDE.

Au Québec, 25 % de la population n’ont toujours pas de médecin de famille. Un patient doit attendre en moyenne 17,6 heures dans une salle d’urgence avant d’obtenir son congé, soit deux heures de plus qu’il y a dix ans.

Dans la plupart des secteurs économiques, ces multiples problèmes seraient perçus comme autant d’opportunités pour des entrepreneurs. Cependant, comme les soins hospitaliers et médicaux jugés « essentiels » sont monopolisés par l’État, les entrepreneurs sont par définition exclus d’une bonne partie du secteur de la santé. Même dans les domaines où la prestation de soins par le secteur privé est permise, il existe encore au Québec des contraintes juridiques et administratives lourdes qui freinent l’élan de ceux qui ont de bonnes idées et qui veulent se lancer en affaires.

C’est ce qui est arrivé avec Myca Santé, une entreprise de Québec maintenant chef de file dans le domaine des consultations virtuelles… aux États-Unis. Après s’être heurtés à ce qu’ils nomment une « bureaucratie décourageante » en tentant de lancer leur projet de télémédecine, il n’est plus question pour ses deux actionnaires principaux de développer l’entreprise ici.

L’entrepreneuriat apporte pourtant des bénéfices indéniables à plusieurs égards. Un bon exemple est celui de la chirurgie des yeux au laser (LASIK). Un nombre grandissant de cliniques se font maintenant concurrence au pays pour offrir le service et les résultats sont concluants. Alors que la chirurgie des deux yeux coûtait environ 5000$ il y a une dizaine d’années, elle coûte maintenant de 1000 à 2000$. Contrairement à la situation qui prévaut dans le système public de santé, les prix ont diminué malgré l’adoption au fil des ans de technologies toujours plus avancées.

Il ne fait aucun doute que les entrepreneurs pourraient être mis à contribution pour relever les défis que posent le vieillissement de la population et les coûts croissants des soins de santé au pays. Toutefois, le gouvernement devra desserrer l’étreinte du monopole public sur la prestation de soins essentiels et viser à faciliter la vie aux entrepreneurs plutôt qu’à leur mettre des bâtons dans les roues.

—-
Sur le web

(*) Yanick Labrie est économiste à l’Institut économique de Montréal et l’auteur de Surmonter les obstacles à l’entrepreneuriat en santé.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Martin Hirsch, directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris reconnaît enfin que l’Hôpital est en crise, ce que nous dénonçons et abordons depuis plus de 20 années années dans la revue des anciens internes des hôpitaux de Paris. Celle-ci est adressée chaque trimestre à l’AP-HP. Son directeur devrait s’en inspirer car 40 % d’entre nous sont encore en activité, les mains dans le cambouis et les autres ont participé à la réussite du système de soins qui avait hissé le pays au premier rang des pays de l'OCDE.

L’Internat de... Poursuivre la lecture

programme Marine Le Pen
0
Sauvegarder cet article

J’ai analysé les programmes santé d'Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Lequel propose les solutions les plus crédibles pour restaurer le système de soins qui a reculé à la 24e place ?

Dans sa Lettre aux Français du 3 mars, le candidat Macron écrivait vouloir "préserver et même améliorer ce modèle social auquel nous tenons tant et qui a fait ses preuves. Davantage de solidarité entre les générations, de préventions, de démocratie sanitaire, telles sont ses orientations.

Comment ferait-il après sa réélection ? L’histoire res... Poursuivre la lecture

Quel est le critère qui compte le plus pour nous dans un travail ?

On a envie de répondre que c’est la rémunération.

Eh bien, ce n’est le critère numéro un que pour 22 % des employés.

C’est ce qui figure dans l’enquête réalisée par Bain, avec l’institut Dynata, auprès de 20 000 travailleurs dans dix pays (États-Unis, Allemagne, France, Italie, Japon, Chine, Inde, Brésil, Indonésie et Nigeria), et publiée en janvier 2022.

Elle est pleine d’enseignements pour comprendre comment ont changé et sont en train de changer ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles