L’intervention de Sarkozy dans le dossier PSA

Les politiques – et Sarkozy en tête – se sont emparé du dossier PSA suite aux suppressions de postes annoncées il y a une semaine

Les politiques – et Sarkozy en tête – ont choisi d’intervenir dans le dossier PSA Peugeot Citroën suite aux suppressions de postes annoncées il y a une semaine.

Par Philippe Robert

Des employés de PSA Peugeot Citroën manifestent devant le siège du groupe, le 15 novembre 2011, à Paris (source: AFP)

Dans son dernier ouvrage La France aveuglée par le socialisme (Bourin Editeur, 4 novembre 2011) et s’agissant plus spécialement de la manière dont la France est aujourd’hui gouvernée, Philippe Nemo écrit ce qui suit :

Nous avons un problème gravissime de poids de la fonction publique, de dépenses publiques excessives et contre-productives, de fiscalité confiscatoire qui inquiète les investisseurs et fait fuir les cerveaux et les capitaux français, de droit du travail qui limite à l’excès les libertés contractuelles et constitue un frein à la création et au développement des entreprises. Il existe des solutions, mais il est nécessaire, pour cela, de sortir du paradigme étatico-socialiste qui a dominé presque toute la Ve République.

En France, depuis 1958, l’État n’a plus jamais cessé de s’étendre et d’intervenir massivement, en particulier dans la sphère privée, sous le fallacieux prétexte qu’il était seul en mesure d’agir avec les meilleures chances de succès dans l’intérêt général des Français. Une posture qui a tout naturellement conduit la France dans l’impasse financière, politique, économique et surtout morale qui nous est aujourd’hui échue.

La crise des dettes souveraines – intervenant dans la foulée de la crise des « subprime » où l’aléa moral joua le rôle-titre – qui secoue aujourd’hui toute l’Europe trouve sa propre origine dans la « présomption fatale » (Hayek) dont nos élites, la bride sur le cou, ont fait un usage plus qu’ immodéré.

En France, dans l’optique de la connivence avancée entre l’État et les grands groupes du CAC 40 dont, par pure lâcheté, nous ne cessons de faire les boucs émissaires de tous les malheurs qui nous assaillent, il nous faut bien constater que l’État moloch, plus que jamais, fouaille au sang l’âme et le cœur du secteur privé au supplice.

Ainsi, en date du 17 novembre dernier, la Présidence de la République a-t-elle publié un compte-rendu de l’entretien intervenu entre Nicolas Sarkozy et Philippe Varin, président du directoire de PSA, concernant le plan d’amélioration de la compétitivité du groupe :

M. Philippe Varin a confirmé au chef de l’État que le plan d’amélioration de la performance de PSA Peugeot Citroën ne comportera aucune mesure de licenciements, ni mesure d’âge et ne remettra pas en cause l’empreinte industrielle du groupe en France.

Franchement, en quoi la gestion industrielle et humaine d’une entreprise, qui, en l’occurrence, n’est l’affaire que de la direction et des syndicats attachés au groupe PSA, peut-elle ainsi, au premier chef, intéresser le chef de l’État à moins que ce dernier ne veuille plus que jamais pérenniser, contre tout sens commun, l’État nounou si bien décrit par Mathieu Laine ?

Mais il y a encore bien pire, à s’en tenir au dernier paragraphe du compte-rendu élyséen qui, personnellement, me fait froid dans le dos :

S’agissant de l’innovation, M. Varin a indiqué que PSA Peugeot Citroën maintiendrait son effort de recherche et développement à 2 Mds€ en 2012. Il a également évoqué de nouveaux projets d’investissements en recherche avancée  localisés en France. Les pouvoirs publics examineront les opportunités de co-investissement dans ces projets, notamment dans le cadre du programme d’investissements d’avenir.

Ne serait-il pas mieux de ficher la paix au groupe privé PSA parfaitement conscient que le monde a changé et qu’il faut, par conséquent, s’adapter à la nouvelle donne planétaire ? Un aggiornamento vital et permanent qui, manifestement, fait horreur au Prince incapable d’assumer son vrai rôle d’État stratège !

Notre État providence est clairement atteint d’une longue maladie qui non seulement est en train de le tuer mais dont les métastases, essaimant sans nulle retenue dans tout le corps social, sont aussi en train de tuer à petit feu mais sans coup férir ce qu’il peut rester de puissance économique à la France…

Il est tragique que les libéraux ne parviennent pas à se faire entendre, ne serait-ce, d’ailleurs, que parce que l’accès aux grands médias, phagocytés à mort par le socialisme ambiant, leur est purement et simplement interdit. Aussi, piqué au vif par l’adversité, le peuple français ne va-t-il pas enfin finir par se réveiller à temps ?