Le Malfaisant 1%

Le mouvement Occupy Wall Street a raison d’affirmer qu’il y a 1% de la population qui exploite les 99%, mais il se trompe sur l’identité de l’ennemi

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Le Malfaisant 1%

Publié le 4 novembre 2011
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Le mouvement Occupy Wall Street a raison d’affirmer qu’il y a 1% de la population qui exploite les 99%. Mais il se trompe sur l’identité de l’ennemi.

Par Llewellyn H. Rockwell, Jr.
Article publié en collaboration avec l’Institut Coppet

Le mouvement de protestation « occupy » prospère grâce à l’affirmation que les 99% sont exploités par le 1%, et il y a du vrai dans ce qu’ils disent. Mais ils se trompent sur l’identité des groupes. Ils s’imaginent que le problème c’est le 1% de gens les plus riches. En réalité ce 1% comprend quelques unes des personnes les plus intelligentes, les plus innovantes du pays – celles qui inventent, mettent sur le marché et distribuent des bienfaits matériels à toute la population. C’est aussi elles qui détiennent le capital qui permet la productivité et la croissance.

Mais il existe un autre 1%, ceux qui vivent comme des parasites sur le dos de la population et exploitent les 99%. De surcroît, il existe une longue tradition intellectuelle, remontant au Moyen Age tardif qui attire l’attention sur la curieuse réalité qu’une infime minorité se fait entretenir par le  travail productif de l’écrasante majorité.

Je parle de l’État, qui même aujourd’hui, se compose d’une minuscule tranche de la population, mais est la cause directe des guerres appauvrissantes, de l’inflation, des impôts, de l’embrigadement et des conflits sociaux. Ce 1% est responsable de la violence, de la censure, du chômage, et aussi de grandes quantités de pauvreté.

Regardons les chiffres d’après les dernières données. La population des États-Unis est de 307 millions. Il y a environ 20 millions de fonctionnaires de tous niveaux, ce qui fait 6,5%. Mais 6,2 millions de ces gens sont des enseignants des écoles publiques dont je pense qu’on peut dire qu’ils ne forment pas vraiment l’élite gouvernante. Cela nous ramène à 4,4%.

On peut encore faire tomber un autre demi-million qui travaille pour la poste, et probablement le même montant qui travaille dans divers départements qui fournissent des services. Un autre million ne travaille probablement pas dans une branche exécutive de l’État, et il y a aussi l’étonnant flou dans les effectifs qui accompagne tout travail gouvernemental. Les gouvernements locaux ne posent pas de problèmes nationaux (en général), et on peut dire la même chose des 50 États. Le vrai problème est au niveau fédéral (8,5 millions), dont on peut déduire le flou, ceux qui ne travaillent pas et ceux qui travaillent dans les services.

Au total, il reste environ 3 millions de gens qui constituent ce que l’on appelle communément l’État. Pour faire simple appelons-les le 1%.

Le 1% ne crée aucune richesse par lui-même. Tout ce qu’ils ont, ils l’obtiennent en le prenant des autres sous couvert de la loi. Ils vivent à nos dépens. Sans nous, l’État en tant qu’institution mourrait.

Nous voici au cœur du problème. Qu’est-ce que l’État et que fait-il ? Il y a une grande confusion autour de cette question, si tant est qu’on en parle. Pendant des siècles, les gens s’imaginaient que l’État était une institution organique qui se développait naturellement à partir d’une sorte de contrat social. Ou peut-être l’État est notre bienfaiteur parce qu’il fournit des services que nous ne pourrions assurer par nous-mêmes.

Dans les salles de classe et dans les discussions politiques, il y a très peu ou pas du tout de discussions honnêtes sur ce qu’est et fait l’État. Mais dans la tradition libérale, les choses sont beaucoup plus claires. De Bastiat à Rothbard, la réponse est sous nos yeux. L’État est la seule institution dans la société qui est autorisée par la loi à utiliser la force agressive contre les personnes et les biens.

Un simple exemple permet de comprendre. Disons que vous entrez dans un restaurant et que vous détestez la tapisserie. Vous pouvez vous plaindre et essayer de persuader le propriétaire de la changer. S’il ne la change pas, vous pouvez décider de ne plus y retourner. Mais si vous entrez par effraction, prenez l’argent de la caisse, achetez de la peinture et en badigeonnez vous-même la tapisserie, vous serez condamnés pour activité criminelle et peut-être à de la prison. Tout le monde dans la société considère que vous avez mal agi.

Mais l’État est différent. S’il n’aime pas la tapisserie, il peut faire voter une loi (et peut-être n’est-ce même pas nécessaire) et envoyer une notification. Il peut imposer un changement. Il n’a pas besoin de repeindre lui-même. L’État peut vous obliger à repeindre. Si vous refusez, vous êtes coupable d’activité criminelle.

Le même but, des moyens différents, deux cas de délits très différents. L’État est l’institution qui fondamentalement redéfinit l’activité délictuelle pour s’exonérer de la loi qui s’applique à tous les autres.

C’est la même chose avec chaque impôt, chaque réglementation, chaque exigence, et chaque mot du code fédéral. Cela représente toujours de la coercition. Même dans le domaine de la monnaie et de la banque, c’est l’État qui a créé et qui soutient le FED et le dollar parce qu’il limite par la force la concurrence en matière de monnaie et de banque, empêchant les gens de créer des monnaies d’or ou d’argent, ou d’innover d’autres manières. Et d’une certaine façon c’est la pire de toutes les interventions, parce qu’elle permet à l’État de détruire notre monnaie sur un simple caprice.

L’État est l’ennemi de tout le monde. Pourquoi les protestataires ne pigent-ils pas cela ? Parce qu’ils sont les victimes de la propagande de l’État, servie dans les écoles publiques, qui s’efforce d’imputer toute souffrance humaine au secteur privé et à la liberté d’entreprendre. Ils ne comprennent pas que le véritable ennemi est l’institution qui les endoctrine à penser comme ils le font.

Ils observent avec raison que la société est riche en conflits et que la course est terriblement truquée. C’est en effet 99% contre 1%. Ils se trompent simplement sur l’identité de l’ennemi.

—-
Sur le web

Article paru originellement sur le site LewRockwell.com le 21.10.2011. Traduction de Jacques Peter pour l’Institut Coppet.

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  • N’exagérons rien : si les 1% de fonctionnaires sont si dangereux, c’est AUSSI à cause des oligarques (qui sont, j’en conviens, davantage au sein du 0,1% que du 1%), qui leur achètent les lois et comportements qu’ils veulent.

    • Tout à fait. Mais si l’état n’intervient pas dans l’économie d’un pays, a quoi servirait les lobby ? Ils disparaitraient.

  • Des créateurs dans les 1% ? oui allez, 10% maxi , et heureusement qu’il y en a ,mais dès la deuxième génération, vous avez des rentiers comme Bettencourt ou Lagardère qui ne gèrent rien et ne font que s’amuser , people dérisoires, ils confient leurs empires à des « gérants » . Souvent leur fortune s’écroule mais pas toujours à partir d’un certain niveau le capital peut se payer de bons gérants .D’accord pour la création de richesses par des inventeurs et des créateurs , mais non à l’héritage qui fait que certains n’ont que la peine de leur naissance comme mérite .Promenez vous un peu dans le triangle d’or parisien pour voir l’armée des fils et files à papa qui s’ennuie en attendant l’héritage…à l’Avenue par exemple….c’est triste pour notre économie…

  • Supprimer l’héritage serait à la fois immoral et dangereux.
    Immoral parce que c’est un droit fondamental de disposer librement d’un bien honnêtement gagné et donc de pouvoir le transmettre à qui l’on veut.
    Dangereux parce que les entreprises familiales sont souvent les mieux gérées et les plus dynamiques. Beaucoup se sont développées sur plusieurs générations. Si ces entreprises étaient confisquées par l’Etat à la mort de leur créateur….ce serait triste pour notre économie…

  • ahhh mais en fait c’est un journal d’anarchistes ici !! ^^ 🙂

  • Qui vous parle de confisquer ? Tout est une question de mesure .Qu’on limite l’héritage à 200 000 euros et quelques parts de l’entreprise à papa serait correct , c’est un bon départ dans la vie. Qu’un jeune hérite de plusieurs millions ou milliards sans rien faire que naître me semble immoral et encourager la fainéantise des héritiers (Bettencourt, Lagardère) toutes les grandes familles connaissent ce problème. Pour une vraie concurrence non faussée il faut de temps en temps relancer les cartes, et je pense les sommes prélevées pourraient être distribuées intégralement aux jeunes à 18 ou 25 ans sans que l’état en garde un centime …..J’estime que la concurrence est faussée entre un entrepreneur poussif qui commence comme fils à papa et un génial qui part de rien ( Roland Moreno) ,rétablir cette concurrence stimulerait l’économie en donnant de l’espoir à tous.

    • Si vous « limitez » un héritage de 240.000 euros à 200.000 euros, vous confisquez 40.000 euros. Ne jouez pas les vierges effarouchées en hurlant à la saisie des biens de votre prochain pas la force, mais sans qu’on appelle un chat un chat. C’est vouloir le beurre et l’argent du beurre.

    •  » je pense les sommes prélevées pourraient être distribuées intégralement aux jeunes à 18 ou 25 ans sans que l’état en garde un centime »

      Comme Ayn RAND faisait dire à F. D’Anconia « N’enviez pas un mauvais héritier; sa richesse n’est pas la vôtre et vous n’auriez pas fait mieux avec. Ne pensez pas qu’elle aurait dû être distribuée entre vous; chargeant le monde de cinquante parasites au lieu d’un, ne ramènerait pas la vertu morte qu’était la fortune. »

  • Alors que dans les pays en révolte, les opprimés et les exploités réalisent que ce sont les nantis et les riches qui coutent le plus cher, en France le pouvoir a réussi à retourner la vindicte populaire sur les plus faibles. Les plus riches ont même réussi à faire passer les services et les biens communs comme des tares du système afin de les privatiser ! Pourtant, la classe ouvrière est plus importante aujourd’hui qu’à l’époque de Marx, mais l’on a réussi à insérer dans la tête des gens, que le fonctionnaire, l’étranger, le jeune ou le chômeur sont des «problèmes». Ils sont sûrs que leur propagande nous a lobotomisés, sûrs que nous ne nous révolterons pas. …

    • Je suis moi même ouvrier les week-end et durant les vacances et tout ce que j’ai à vous dire c’est que ce sont les gens comme vous qui exploitent les petites gens en les prenant pour des moins que rien!

  • Désolé, pour l’héritage on ne prend rien à un mort, il est mort et il n’a plus besoin de rien , les héritiers ne méritent rien, ils n’ont rien gagné ,ils se sont donné la peine de naître c’est tout …..leur donner 200 000 c’est déjà beaucoup.

    • Et pourquoi 200.000 ? Pourquoi pas 0 ? Pourquoi ne pas aller plus loin et ne donner aux nouveaux-nés absolument rien et repartir de 0 ? La voilà, la vraie égalité ! Sinon, qui prétendez-vous être pour déterminer le niveau de décence de ce qu’il faut transmettre ? Hypocrite !

    • « Désolé, pour l’héritage on ne prend rien à un mort, il est mort et il n’a plus besoin de rien »

      Ca c’est une morale de pilleur de tombe.

  • perso
    je ciblerais plutôt les firmes du CAC40 et les financiers de wall street
    les échanges étant en % majoritairement virtuels et donc par le fait
    n’apportent strictement rien à l’économie réelle

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