Le plan de Ron Paul « pour restaurer l’Amérique »

Le candidat à l’élection présidentielle Ron Paul a publié son projet de réforme fiscale qui prévoit de couper considérablement dans les dépenses publiques

Ron Paul, le candidat à l’élection présidentielle américaine de tendance libertarienne, a publié un projet de réforme fiscale qui prévoit de couper considérablement dans les dépenses publiques.

Par Tad DeHaven (*), depuis Tallahassee, Floride, États-Unis
Article publié en collaboration avec le Cato Institute

Le candidat à l’élection présidentielle Ron Paul a publié son projet de réforme fiscale (« Plan to Restore America ») qui prévoit de couper considérablement dans les dépenses publiques et de réduire la taille et les domaines de compétences du gouvernement fédéral. Ma réaction à ces propositions peut se résumer en un seul mot : alléluia.

Les responsables politiques républicains – y compris les actuels candidats à l’élection présidentielle – sont doués pour parler de réduire les dépenses, mais très peu vont jusqu’à expliquer clairement quelles dépenses seraient concernées. Comme Kevin Williamson, de la revue National Review Online, l’écrit dans le titre de son analyse de ce projet, ‘Ron Paul a lâché la bombe de la vérité dans le débat républicain’.

Quelques points-clefs de ce projet :

— Ron Paul supprimerait immédiatement cinq ministères fédéraux : Commerce, Éducation, Énergie, Logement et développement urbain, et Intérieur.

— Ron Paul indique que son plan réduirait les dépenses de 1.000 milliards de dollars dès la première année, et ramènerait le budget à l’équilibre en trois ans, sans augmentation d’impôts.

— On ferait l’économie des dépenses militaires liées aux guerres actuelles. Il ne s’agit pas d’isolationnisme : c’est une position de bon sens, que partage d’ailleurs l’opinion publique. De plus, les dépenses d’aides à l’étranger seraient supprimées.

— D’ingénieuses réformes de l’État sont proposées, en particulier la privatisation de l’autorité fédérale du transport aérien et le retrait des couteuses règles Davis-Bacon. [NdT : loi votée en 1931 qui obligent les entreprises travaillant pour l’État à verser à leurs employés des salaires conformes aux accords syndicaux]

— Concernant les « droits sociaux », les jeunes auraient la liberté de ne pas rentrer dans le système étatique de Sécurité Social et dans Medicare. Les dépenses pour Medicaid et les autres programmes sociaux seraient gelées à leur niveau actuel et ils seraient transformés en dotation aux autorités locales.

Le moins qu’on puisse dire est qu’il s’agit d’un programme ambitieux, que les média vont probablement dépeindre comme un projet chimérique. Quoi qu’on en dise, Ron Paul a réussi à lui seul à faire du problème de la Fed un thème de campagne, ce que personne n’avait prévu il y a quelques années. En effet, plusieurs autres candidats à l’investiture républicaine ont récupéré son argumentation anti-Fed. On espère que les autres candidats imiteront à nouveau Ron Paul, en indiquant précisément quelles dépenses ils couperaient. Sinon, qu’ils se préparent à justifier auprès des électeurs pourquoi les contribuables devraient continuer à financer les ministères que Ron Paul propose de supprimer.

—-
(*) Tad DeHaven est analyste au Cato Institute, expert des questions budgétaires. Il est depuis 2010 conseiller économique auprès de Rick Scott, le gouverneur de la Floride.

L’article original titré Ron Paul’s ‘Plan to Restore America’ a été publié sur Cato@Liberty le 17.10.2011, reproduit avec l’aimable autorisation du Cato Institute.
Traduction : Filibert pour Contrepoints.