La Floride abroge ses lois de zonage

L’État estime que cette obligation a artificiellement maintenu l’offre foncière nettement en dessous de la demande, provoquant une explosion des prix.

Une brève de Vincent Bénard

L’État de Floride est le premier (parmi ceux qui s’en étaient dotés) à abroger ses lois obligeant toute commune à se doter de zonages contraignants, également appelés « smart growth policies » aux USA. Fondant son avis sur de nombreuses recherches académiques, aux USA comme à l’étranger, l’État estime que cette obligation a artificiellement maintenu l’offre foncière nettement en dessous de la demande, provoquant une explosion des prix en sommet de bulle, suivie d’une chute tout aussi brutale. Même le (très gros) think tank de centre gauche Brookings, autrefois partisan inconditionnel des smart growth policies, sans renier totalement ces politiques, reconnait aujourd’hui leur rôle dans la formation de la bulle immobilière.

Le gouverneur de Floride veut supprimer les goulots d’étranglement foncier pour éviter qu’une telle bulle se reforme à nouveau dans les années à venir, bulle dont les effets sur l’économie de l’État ont été dévastateurs.

Les communes ne seront pas obligées d’abandonner leurs « smart growth plans » existants, mais pourront le faire et les remplacer par des politiques bien plus libérales. L’État espère ainsi susciter une compétition d’offre foncière, et empêcher de ce fait les prix de remonter lorsque l’économie repartira.

Politiquement, il est bien joué de faire passer une telle provision législative lorsque les prix sont tombés assez bas, crise oblige: la résistance des propriétaires craignant pour la valeur de leur logement est ainsi grandement réduite.

Lire l’article de Wendell Cox expliquant plus en détail les tenants et aboutissants de cette décision.

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Voilà qui change du Malthusistan dont je vous parle par ailleurs.