Hervé Morin doit maintenir sa candidature

Dans le contexte électoral actuel, un président modeste et inconnu est peut-être l’occasion de redonner un peu de pouvoir à la société civile

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Hervé Morin doit maintenir sa candidature

Publié le 8 octobre 2011
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Après le retrait officiel de Jean-Louis Borloo à la course présidentielle, les centristes libéraux-démocrates se demandent déjà ce qu’ils feraient si Hervé Morin ne maintenait pas non plus sa candidature.

Un article du site Le Parisien Libéral

Trop drôle. Nos amis de l’UMP, aidés par le système médiatique, mettent sur le même plan le retrait de Borloo et la suite du parcours de Morin. Qui ? Haaaaa oui, Hervé Morin, 1% dans les sondages.

C’est vrai que la notoriété spontanée de l’ancien ministre de la Défense est quasi nulle, en dehors du cercle de ses amis centristes ou en dehors de Normandie. Est-ce une raison pour abandonner? En 2007, nous avions quatre extrémistes de gauche en lice, dont le célébrissime Schivardi, maire d’un bled paumé du sud de la France.

UMP+CNPT+GM+PCD+NC...

L’UMP sort alors son deuxième argument, celui du risque de division. C’est oublier les leçons des derniers scrutins, dont les Régionales. Rappelez-vous les magnifiques affiches de Valérie Pécresse, dont les logos des partis associés prenaient tant de place. Ces listes d’union ont-elles permis de gagner face au PS et à EELV?

Si le Président de la République n’a pas de clair leadership dans les sondages ces jours-ci, c’est tout simplement parce que les centristes, libéraux démocrates, ne veulent pas cautionner une politique ultra étatiste. Doit-on critiquer les choix de l’UMP? Non. D’une part, ils sont au pouvoir et c’est la règle de la démocratie représentative que d’élire des gens de droite qui ensuite sont libres de pratiquer une politique socialiste. D’autre part, l’UMP n’a toujours pas résolu son dilemme qui consiste à attirer les partisans du protectionnisme à tous les niveaux

Que se passera t-il si Hervé Morin ne se présente pas? Il n’y a rien que l’on puisse affirmer avec certitude, mais les résultats électoraux des cinq dernières années nous donnent une idée : les centristes partageront leur vote entre François Bayrou, cohérent dans sa démarche isolationniste à défaut d’être porteur en France des valeurs libérales qu’il défend à Bruxelles, le candidat UMP, que ce soit le Président de la République ou un autre, l’abstention, le vote blanc, le vote Frédéric Bastiat (voir le blog de Daniel Tourre, du Parti Libéral Démocrate : Aux régionales, le 14 et 21 mars, je vote Frédéric Bastiat).

Avec une fille à papa de Saint Cloud à 25% et un candidat socialiste à 25% également, on voit mal comment l’UMP pourrait encore être à l’Élysée en 2012. Que nos amis de la rue de La Boétie se rassurent : les socialistes à l’Élysée, ca ne changera pas grand chose au niveau politique. Ca sera le même régime de toujours plus d’impôts et de lois, avec juste peut-être cette petite touch de gauchisme assumé pour l’affichage.

Certains députés de droite (mais pas membres de l’UMP) écrivent même des lettres de menace conseils à Hervé Morin, en jouant sur le thème de la trahison, citant Hugues Capet demandant à Adalbert de Périgord : « qui t’a fait comte? » Très bonne question ! Mais ces députés ignorent-ils que le métier de politicien professionnel donne une prime à ceux qui trahissent? Oublient-ils qu’en matière de trahison, l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine a porté cette technique au niveau d’art? Il existe plusieurs tactiques pour parvenir à abolir ce genre de comportement peu recommandables. La première est de confier le pouvoir politique à ceux qui en ont les moyens. Le maire de New York City, Michael Bloomberg, est un bon exemple. En remplaçant Giuliani, Bloomberg a renoncé au salaire de maire. La deuxième est de mettre de la proportionnelle à l’Assemblée Nationale, ou du tirage au sort : fini les magouilles d’arrière-cour.

Louis XX, roi de France

Ceci étant dit, tout ce débat autour de la Présidentielle met en lumière trois anomalies : d’une part, le Président de la République Française écrase le gouvernement, à un point tel qu’on se prendrait presque à rêver du retour officiel du roi, pour que le monarque préside clairement et que le gouvernement gouverne enfin.

D’autre part, une fois de plus, et alors qu’on nous dit que la crise impose une Européanisation de notre politique économique, tous les partis (enfin, surtout la gauche, parce que la droite, on a du mal à entendre ce qu’elle dit) nous parlent de politique française.

Enfin, les français ne veulent plus du concept d’homme ou de femme providentiel(le), or l’UMP, le PS ou EELV nous vendent des personnes, pas des idées. Les gens qui font la France ne sont pas uniquement à l’Élysée. Ils sont aussi dans la zone industrielle de Massy Palaiseau, sortie 4, première à droite, dans un labo de l’Université Paris VI ou dans un bureau de la Défense, voire de la City ou de la Silicon Valley. Le rôle des politiciens devrait être de faire fonctionner les services publics régaliens (police, justice, armée, diplomatie) et de protéger le droit de propriété, pas de voter des budgets en déficit et de pondre toujours plus de lois. L’UMP prend-elle la direction de cette vision du moins et mieux d’État ?

Dans le contexte électoral actuel, un président modeste et inconnu est peut-être l’occasion de redonner un peu de pouvoir à la société civile et d’en retirer à la politique, car une autre France est possible, une France libérale.

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Sur le web.

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  • Je partage largement votre avis sur la nécessité d’une candidature de centre-droit… mais ce que je retiens avant tout est votre analyse de la monarchie républicaine qui doit nous amener en démocrates et libéraux à avoir une véritable réflexion sur la tournure de nos institutions.

    Assumons enfin ce régime présidentiel qui est le nôtre mais qui fait pourtant fi des règles élémentaires de séparation des pouvoirs de ce type de régime.

    Une sixième république qui placerait en face du Président de la République un parlement réellement représentatif des français dans leur diversité politique et donc élu pour partie à la proportionnelle.

  • En même temps, qui sait quelles sont les idées défendues par Hervé Morin ? Je ne suis pas certain qu’elles soient beaucoup plus libérales que celles de son ancien Président (que désormais éjecté du Gouvernement il hait).

  • Morin n’a aucun charisme et ne porte pas plus qu’un autre la voix des libéraux. Pour ma part, ça sera vote blanc et tristesse de voir un nouveau gugus étatiste continuer à enfoncer le pays un peu plus bas.

  • Mieux vaut l’abstention au vote blanc. Le vote blanc n’est pas comptabilisé, par contre, imaginez la tête des journalistes quand ils se rendront compte que seulement 60% des gens se sont déplacés pour élire le président …

    • Le vote blanc n’est en effet pas comptabilisé, et c’est pour moi l’un des premiers combats à mener.
      Je tiens au droit de vote, à mon droit d’exprimer par les urnes mon rejet de la classe politique actuelle.
      Ne pas aller voter est la seule alternative en effet, mais elle me laisse sur ma faim.

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