Si l’Allemagne quitte la Zone Euro

Les keynésiens estiment qu’une sortie de la zone euro ne serait pas bénéfique à l’Allemagne du fait d’une appréciation de sa devise

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Si l’Allemagne quitte la Zone Euro

Publié le 25 septembre 2011
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Les keynésiens estiment qu’une sortie de la zone euro ne serait pas bénéfique à l’Allemagne du fait d’une appréciation de sa devise qui minerait son économie. Mais, à long terme, un tel scénario ne serait pas une catastrophe. Explications.

Par Le Minarchiste, depuis Montréal, Québec

Si on écoute les keynésiens / mercantilistes de ce monde, s’il fallait que l’Allemagne quitte la Zone Euro, sa devise s’apprécierait fortement, ce qui nuirait à ses exportations et minerait l’économie. Je suis en désaccord. Évidemment, il y aurait un impact négatif à court terme, comme pour n’importe quel scénario touchant le sort de la Zone Euro. Mais à long terme, je ne crois pas que ce serait une catastrophe.

1) Certains biens exportés par l’Allemagne ne seront pas remplacés par des substituts même si leur prix augmentait en devises étrangères car la demande pour certains biens est moins ou pas élastique (pensez aux produits pharmaceutiques, aux voitures de luxe et à certains biens de haute technologie).

2) Comme presque tous les pays, l’Allemagne consomme beaucoup de produits importés. Une appréciation de devise augmenterait le pouvoir d’achat de 100% de la population Allemande. Les gens auraient plus de revenu disponible pour acheter d’autres biens, dont certains sont produits en Allemagne, ce qui amortirait l’impact de la baisse des exportations.

3) L’Allemagne produit des voitures et des biens industriels, mais elle ne produit pas beaucoup de ressources (acier, nickel, zinc, cuivre, métaux rares, pétrole, gaz naturel) qui entrent dans leur fabrication. Une appréciation de la devise viendrait donc faire grandement baisser les coûts des intrants de production et amortir l’impact.

4) Qu’arriverait-il aux taux d’intérêt en Allemagne dans un tel scénario? Ils baisseraient. Donc les coûts de financement des entreprises Allemagne diminueraient, ce qui amortirait aussi l’impact de la baisse des exportations.

5) Les entreprises Allemandes pourraient utiliser leur devise appréciée pour faire des acquisitions à l’étranger. Le rapatriement des profits viendrait gonfler les recettes fiscales de l’État, ce qui améliorerait encore plus sa flexibilité budgétaire, si bien qu’il pourrait peut-être même diminuer les impôts des entreprises, ce qui viendrait aussi amortir le choc de la devise.

Pour moi il ne fait aucun doute que ce scénario est le meilleur pour le peuple Allemand, et c’est d’ailleurs ce que la population souhaite. Il faudra voir si les politiciens respecteront les désirs du peuple. N’est-ce pas cela la démocratie? Est-ce que les keynésiens/gauchistes sont prêts (encore) à cracher sur la démocratie pour arriver à leurs fins? Je n’en serais pas surpris…

Comment je sais que tout cela se produira ainsi? Parce que le Canada est passé par là! Notre devise est passée de $0.65/USD à plus de $1.00/USD. Je vous invite à faire une moyenne des principaux indicateurs économiques du Canada et du Québec pendant la période où notre taux de change était inférieur à $0.70 et à les comparer à ceux de l’ère $0.95-$1.05. Quel Canada/Québec préférez-vous? Moi je choisi le second sans hésiter! L’Allemagne devrait faire de même.

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  • Quelques remarques sur ce billet :

    Point 1 : faux, évidemment. La sortie de l’Allemagne de la zone euro conduira ses voisins à se protéger par des barrières douanières infranchissables et des mesures de rétorsion à la hauteur des oppositions nationalistes artificielles que cette situation ne manquera pas de créer (rupture de la fourniture en électricité, ou contrôle brutal des approvisionnements par la mer). L’élasticité en question ne joue qu’à condition d’un marché libre. Mais ce dernier serait irrémédiablement détruit en cas de sortie de la zone euro.
    Point 2 : tout à fait d’accord. Mais la question reste de savoir comment les variations de prix mais surtout de quantités à l’import et à l’export se compenseront. Il est illusoire de parier sur un équilibre bénéfique en la matière.
    Point 3 : non ! Le principal intrant est le coût de la main d’oeuvre. Les variations de prix des MP ne contribuent au prix global qu’à la marge.
    Point 4 : faux. Les ressources iront se loger dans la dette publique allemande, beaucoup moins dans les entreprises. Au total, c’est l’Etat qui financera (contrôlera) les entreprises allemande, ce qui n’a rien de libéral.
    Point 5 : faux encore. Les entreprises allemandes délocaliseront pour échapper à l’appréciation de leur devise : il est infiniment préférable de payer des taxes dans une monnaie dépréciée que dans une monnaie forte.

    « Ce scénario est le meilleur pour le peuple Allemand, et c’est d’ailleurs ce que la population souhaite ». Non, ce scénario est clairement le pire pour la population allemande. Enfin, comme dans chaque pays, ne pas confondre l’opinion réelle de la population avec « l’opinion publique » forgée par des groupes d’intérêts qui n’ont que faire de la population.

    • Ah non non non ; c’est bien l’auteur qui a raison.
      point 1 : tu as tout faux. Au contraire, les entraves commerciales, douanes etc. sont moins utile quand tu peux dévaluer, et inversement sont le seul recours mercantiliste si tu ne peux pas. Le marché unique est né sans monnaie commune et peut vivre sans ; il est assez bien installé pour qu’il soit assez douteux qu’il crève, ça peut arriver mais c’est disjoint de l’affaire de l’euro.

      point 3 : l’auteur ne parle pas d’annuler mais d’amortir l’impact, il n’y a rien à redire ; l’énergie en particulier est une MP qui pèse très lourd.

      point 4 : les pays à monnaie forte ne sont en général pas ceux qui font des orgies de dette publique (l’exception japonaise m’étant incompréhensible), pourquoi les allemands changeraient de politique ?

      point 5 : les taxes sont un élément parmi d’autres, pas le seul et les pays à monnaie dépréciée ne sont pas les plus modérés en taxes. Mais c’est surtout les profits qui comptent, et il vaut bien mieux faire des profits dans une monnaie forte qu’en bolivars inconvertibles …

      • La déréglementation suivrait immanquablement la sortie de l’euro et les traités seraient caducs. On en reviendrait aux bons vieux accords bilatéraux, aux manipulations monétaires par les gouvernements (pas très libéral, ça) et aux petits arrangements entre fonctionnaires de chaque pays (pas super-libéral non plus), sources de tous les protectionnismes. Le marché commun n’y survivrait pas, c’est certain. Il ne peut y avoir de marché libre sans un environnement juridique stable et communément admis (traités européens multilatéraux, dont l’euro est un élément essentiel).

        P1 : il est vraiment naïf de croire que la question du marché commun n’est pas intimement liée à celle de l’euro.
        P3 : il ne s’agit pas de dire que l’énergie est négligeable mais que ce n’est pas la variable principale.
        P4 : regardez les statistiques, vous constaterez que l’Allemagne fait actuellement une orgie de dettes publiques.
        P5 : étrangement, ce que vous affirmez est rarement l’opinion des industriels ou des grands exportateurs, qui iront investir ailleurs avant de rapatrier quelques maigres profits en Allemagne. On en a un avant goût avec la Suisse (http://www.tdg.ch/actu/economie/chute-euro-inquiete-industrie-genevoise-2011-07-12 ; http://www.daily-bourse.fr/le-secteur-industriel-des-machines-tres-inquiet-pa-Feed-AFP110824124152.t6vur9ju.php)

        • P1 : il est naïf de croire que la liaison est aussi simple que « ils vivent et meurent ensemble ». Il est au contraire implicitement question de sacrifier l’euro pour laisser vivre le marché commun, que (quasiment) personne ne remet en cause.

          P3 : je vais me répéter : l’auteur ne fait que rapeller qu’une monnaie forte ne fait pas que peser sur les exportation, elle permet aussi des importations moins chères, ce qui va (ce sont ses mots) « amortir l’impact ». Et quand on importe pour plus de 800 milliards (dollar constant 2000), une revalorisation de 10 % ça fait économiser 80 milliards…

          P4 : bon, et bien dans ce cas le futur DM aura le même destin que l’euro, il ne se renchérira pas et toute cette discussion devient sans objet

          P5 : on ne juge pas l’état de la forêt à celui de quelques arbres. Certains souffriront ? D’autres prospéreront. L’Allemagne vit depuis 1945 avec une monnaie forte, et ça fait partie des éléments qui lui ont permis de construire une économie du même métal.

  • bubulle a tort. L’Allemagne fabrique des produits à très forte valeur ajoutée dont l’Europe a besoin. Par ailleurs, une sortie de l’Allemagne provoquerait une rupture en l’Europe du Nord et celle du Sud. Il n’y aurait pas de barrières douanières mais une attaque immédiate des marchés sur les pays de la zone sud qui s’effondreraient en un rien de temps. En deuxième lieu, l’Allemagne a toutes possibilités de compenser une tendance haussière du mark par une baisse de ses prix à la vente. En fait grosso modo, cela reviendrait à créer une zone de l’Europe « morale » (une zone essentiellement germanique plus ce qui appartenait à l’empire austro-hongrois) contre une zone latine dont les structures sociales sont beaucoup basées sur le clientélisme et les réseaux. Il se passe exactement une réédition de la fin de l’Empire romain. La monnaie romaine est devenue dépendante de ses territoires situés aux limes, aux frontières. Puis les Germains ont été intégrés à l’appareil romain. Ils ont fini par avoir un empereur puis Rome s’est écroulée. Le monde latin est la Rome moderne. L’Allemagne a, de toutes époques posséder une boussole qui lui montrait la voie de l’Est : pays baltes et Russie à l’époque du Moyen-Age et de la Renaissance, empire austro-hongrois et enfin invasion de l’Union soviétique. Les relations entre la Russie et l’Allemagne ont toujours été un mélange d’attirance et de répulsion. Et ça continue. Mais ils savent s’allier quant il le faut contre des adversaires communs à commencer par les Etats-Unis. Un autre adversaire séculaire a été l’empire ottoman. On remarquera qu’à travers l’affaire palestinienne, la Turquie reprend du poil de la bête d’autant que l’Europe l’a rejeté. Bref, je suis d’accord avec l’auteur. J’irai même plus loin. Plus l’arc méditerranéen de l’Europe va être attaqué par les marchés plus l’échéance d’un éclatement de la zone euro va se rapprocher. Le monde change et on ne peut plus se permettre de raisonner avec nos œillères de l’après-guerre. Les Allemands sont en train de remporter des victoires que la guerre ne leur avait pas apportée.

    • L’Allemagne a beau fabriquer des produits dont tout le monde a besoin, on peut également apprendre à s’en passer, d’autant plus facilement que ce sera contraint et forcé par l’artifice des monnaies monopoles rendues au pouvoir sans limite des fonctionnaires nationaux.

      Loin des oeillères d’après guerre, vous avez chaussé celles d’avant-guerre (de 1870).

  • @minarchiste. Globalement d’accord

    une faute de frappe: « sa devise s’apprécierait fortement, ce qui nuirait à ses importations et minerait l’économie » – exportations, ici.

  • @Vincent

    En effet! J’ai corrigé sur mon propre blogue.
    J’espère que quelqu’un le fera ici.

    Contrepoints >> Corrigé !

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