Excuses aux eurosceptiques

« Si seulement nous avions écouté les eurosceptiques il y a vingt ans… »

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Excuses aux eurosceptiques

Publié le 16 septembre 2011
- A +

Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume-Uni

Comme tous les autres éditorialistes européistes, j’ai passé les vingt dernières années à décrire les opposants à l’U.E. comme ne valant guère mieux que les pires des hooligans. Quels qu’aient pu être leurs arguments, j’ai persisté à indiquer que le chauvinisme était leur seul et réel motif d’opposition. Les eurosceptiques ont eu beau affirmer que la Commission européenne était anti-démocratique, le budget de l’U.E. au service d’intérêts particuliers et la PAC et les politiques de pêche désastreuses ; je n’ai considéré ces objections que comme étant de grossiers appels du pied aux xénophobes. Les opposants au système bruxellois pouvaient bien parler l’esperanto (comme Sir Teddy) ou être mariés à des Allemandes (comme Nigel Farage), je les ai dénigrés comme des petits provinciaux de la pire espèce.

Je reconnais aujourd’hui qu’ils avaient raison depuis le début. L’U.E. a ruiné notre économie, corrompu notre démocratie et brimé nos libertés. Si seulement nous avions écouté les eurosceptiques il y a vingt ans, nous pourrions alors être aujourd’hui dans la même situation enviable que la Suisse ou la Norvège. En fait, ceux qui étaient réellement bornés étaient ces pro-Européens qui, sous prétexte de marquer ostensiblement leur mépris du nationalisme, ont détourné les yeux des échecs de l’U.E.. Il s’avère que, durant tout ce temps, nous étions ceux qui avions des œillères et je tiens à présenter mes excuses pour les torts que cela a pu causer.

Jusqu’à présent deux éditorialistes pro-Européens ont publiquement fait amende honorable : Matthew Parris et Max Hastings. Martin Kettle du Guardian mérite aussi la mention bien. Il y aura de la joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentance. [Luc 15 7] Ceci dit, quand ces politiciens-ci vont-ils enfin revoir leur position ?

—-
Sur le web.
Traduction : MXI pour Contrepoints.

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  • bravo a vous et stop au n importe quoi ambiant…

  • ce n’est pas moi qui dirais le contraire mais il faut bien y voir (favorisée par l’euro et par l’impact des délocalisations), l’inconséquence budgétaire des Etats du Sud et de l’Ouest et la « complicité » indirecte des citoyens qui s’en sont accomodés.

  • Merci Daniel Hannan. J’ai voté OUI pour l’Europe, je le regrette amérement maintenant et vous rejoins totalement dans votre analyse.

    • Idem. Totalement guéri depuis que les élus « du peuple » on outrepassé le referendum sur la constitution. Du coup, moi qui étais pour, je suis devenu contre en constatant l’autoritarisme de « nos » « élites » « démocratiques » … Libre échange ok, libre circulation des personnes je suis plutôt pour à condition que les nouveaux arrivants s’assument au lieu de pomper les autres, mais politique NYET!!!
      C’est ma faute, c’est ma très grande faute, etc.
      🙁
      Bon maintenant la repentance stérile ça va : on regarde DEVANT!!!
      🙂

  • Moi aussi je fus européen, je fais acte de repentance.

  • Moi aussi, en tant que suisse j’ai même voté oui. Mais c’est quand même le collectivisme socialiste des états du sud qui a mis le souk, pas l’Europe qui elle s’en sortait plutôt bien avant. Je pense que même sans l’Europe ces pays seraient mal actuellement. Qu’un alcoolique soit membre du club de golf ou de foot ça reste un alcoolique,

  • Ah l’exemple classique de la Suisse et de la Norvège… sauf qu’on oublis de dire que ces derniers ont deux ENORMES avantages compétitifs (respectivement les banques et le pétrole) qui, peut importe leur monnaie, permet la prospérité économique…

    Retournons au monde d’avant, ou chacun dévaluait quand ca le chantait au dépend de ses voisins, ou les politiques ne faisait jamais certaines réformes nécessaire mais difficiles (sans la libéralisation des telecom je taperais ce message sur un minitel).

    La vrai crise, UE ou non, Euro ou non, c’est la remise en question de la suprématie de l’occident. La connaissance à haute valeur ajoutée (qui d’entant nous assurait un avantage significatif sur le reste du monde) est à présent une commodité, et dans le même temps, la France est devenu un pays qui ne pense qu’à s’amuser et à travailler le moins possible, tout en refusant de changer quoi que ce soit…

    • Le secteur bancaire en Suisse ne couvre que 15% de son activité économique et le fait d’avoir un avantage compétitif n’est pas une situation de rente, c’est juste une opportunité de profits que l’on exploite bien.

      • Et si c’est une opportunité de profit bien exploitée, elle peut suffire à faire une grosse différence rendant caduque toute prétention de comparaison n’en tenant pas compte.

        L’Europe qui échoue aujourd’hui, ce n’est pas l’Union Européenne, mais l’Europe en tant qu’intergouvernementale. L’Europe qu’il fallait, c’est celle prévue initialement: une Europe fédérale et démocratique. Une Europe libérale-démocrate. Une Europe qui ne se bloque pas au moindre désaccord d’un chef de gouvernement d’un petit pays perdu, mais qui fonctionne de manière démocratique centrée autour du Parlement Européen, pour élaborer des compromis dans le respect de tous.

        Ce n’est pas l’Union Européenne qui a échoué, c’est sa forme actuelle. Et aujourd’hui, soit elle trouvera le moyen de se reformer dans l’entité précédemment décrite, soit elle se dissolvera: elle sera fédérale ou ne sera plus.

        Au final, rien de neuf, on se rend simplement compte maintenant de quelque chose qui allait nécessairement ressurgir depuis bien longtemps: une union économique intergouvernementale n’est pas possible, car au moindre problème c’est l’ensemble qui vacille à cause des déséquilibres internes.

  • Je suis désolé de devoir doucher l’enthousiasme général mais cette conversion est une escroquerie doublée d’un mensonge.

    L’auteur de cette poignante confession est un euro-sceptique patenté dont les positions sont officiellement connues depuis 1991 c’est-à-dire depuis exactement vingt ans. Contrairement à ce qu’il écrit (« j’ai passé les vingt dernières années à décrire les opposants à l’UE comme ne valant guère mieux que les pires des hooligans »). Pour s’en convaincre il suffit de se rendre sur son profil wikipedia…..

    Que l’on ne se méprenne pas : je suis moins même un euro-sceptique et un euro-sceptique de plus en plus convaincu au fur et à mesure que le temps qui passe me conforte dans mes intuitions. Ma première intuition remonte au référendum pour la ratification du traité de Maastricht. Alors que je n’avais pas de conviction très ferme sur le fond (l’opportunité de voter pour ou contre) je me suis décidé à voter contre pour une seule bonne raison: les partisans du OUI utilisaient des arguments allant du mensonge le plus massif (« mais non la supra-nationalité n’est pas une perte de souveraineté ») au chantage moral (« si tu votes NON c’est que tu es un nationaliste et que tu as peur de l’Autre »). A l’époque j’en avais tiré la conclusion que des personnes ayant raison ne devaient pas avoir besoin de recourir à de tels arguments et que, selon toute probabilité, mes interlocuteurs n’avaient pas raison puisqu’ils en étaient réduits à de tels expédients.

    C’est aujourd’hui encore ce qui me pousse à dénoncer ce qui est une fausse conversion. Quand on a raison on n’a pas besoin de mentir….

    • Je me demande s’il n’y a pqs confusion.

      La citation n’est pas de Hannan, mais il s’agit de la citation d’un eurosceptique qu’il rapporte sur son blog.

      Maintenant, si cette situation provient d’un eurosceptique depuis 20 ans, je prends les liens/informations complementaires avec plaisir 🙂

  • il est bien temps de faire des excuses,le mal est fait.il sera tres difficile,voir impossible de fairemarche arriere!!

    • Commettre une erreur, c’est s’apercevoir d’une faute et décider de ne pas la corriger…
      Il n’est jamais trop tard pour bien faire…
      Mieux vaut tard que jamais…
      Etc…

  • A tous ceux qui plaident pour une Europe fédérale,
    Vous semblez ignorer le fait primordial qu’il n’y a pas de « peuple européen ». Vouloir fusionner à froid des peuples dont les rapports affectifs sont inexistants et les histoires radicalement différentes est une escroquerie intellectuelle.du plus bas niveau. Depuis 60 ans, l’inévitable téléscopage des intérêts nationaux, à peu près tous divergents, a servi uniquement les intérêts américains tout en sacrifiant la croissance des pays européens. La vérité c’est que l’Europe telle qu’elle a été conçue a enferré ses membres dans un mécanisme auto-blocant ridicule promu par une classe politique carriériste et corrompue qui a vendu son derrière bien volontiers à Washington. Qu’on se le dise, l’Europe ne se fédère ni se fédérera pas d’elle même, elle le fera par un fédérateur exterieur qui se moque bien de son destin. Les invectives de Tim Geithner ce week-end en Pologne le démontrent parfaitement, paniqué qu’il est de voir son glacis géostratégique en danger. De Gaulle l’avait bien compris dés 1962, et j’achèverai mon commentaire en le citant :
    « On nous dit : ‘‘Fondons ensemble les Six États dans une entité supranationale : ainsi ce sera très simple et très pratique ». Ce sont des idées qui peuvent peut-être charmer quelques esprits, mais je ne vois pas du tout comment on pourrait les réaliser pratiquement, quand bien même on aurait six signatures au bas d’un papier. Il est vrai que, dans cette Europe « intégrée » comme on dit, il n’y aurait peut-être pas de politique du tout. Cela simplifierait beaucoup les choses. En effet, dès lors qu’il n’y aurait pas de France, pas d’Europe, qu’il n’y aurait pas une politique faute qu’on puisse en imposer une à chacun des Six États, on s’abstiendrait d’en faire. Mais alors peut-être ce monde se mettrait-il à la suite de quelqu’un du dehors qui, lui, en aurait une. Il y aurait peut-être un fédérateur, mais il ne serait pas Européen. Et ce ne serait pas l’Europe intégrée, ce serait tout autre chose de beaucoup plus large et de beaucoup plus étendu avec, je le répète, un fédérateur. Peut-être est-ce cela qui, dans quelque mesure et quelquefois, inspire certains propos de tel ou tel partisan de l’intégration de l’Europe. Alors, il vaudrait mieux le dire.  »
    15 mai 1962.
    Le SEUL homme politique aujourd’hui qui a compris l’importance fondamentale de remettre la construction européenne dans une perspective historique et géopolitique est Asselineau et personne d’autre.

  • Moi aussi, je parle l’espéranto, je suis euro-sceptique, et je suis devenu libéral.

  • A mon avis, ce n’est pas l’Europe en soi le problème, ou sa monnaie l’Euro, mais justement l’absence de concertation entre chaque pays membres sur le plan politique.
    Si on avait donné les moyens à cette communauté d’être libéral, en veillant à ce que les ETATS respecent scrupuleusement leur budget général et leur niveau d’endettement, je peux vous assurer, que la crise actuelle des dettes souveraines n’auraient pas vu le jour.
    Alors, ne nous trompons pas de cible… Ceux aujourd’hui qu’il convient d’accabler, sont ceux qui ont fait semblant de vouloir des pays riches et developpés, via un programme européen séduisant, et qui n’ont eu de cesse de profiter allègrement de ce que l’ETAT spolié à ses contribuables, toute nation confondue ou pire en dépensant l’argent emprunté sur les marchés à prix d’or, sans création de richesse en retour. N’oublions pas nos fondamentaux: L’europe libéral c’est la paix, le retour au nationalisme c’est le terreau d’une guerre à venir.

  • Les USA n’auraient jamais dû rentrer dans l’UE et le Royaume-Uni n’aurait jamais dû lâcher sa livre sterling pour l’euro… c’est clair. S’ils ne l’avaient pas fait, ils ne seraient pas en crise comme aujourd’hui !

    Ah on me souffle que les USA ne sont pas dans l’UE, que le RU a toujours sa livre sterling…

    Hé oui, le problème ce n’est pas l’UE, ni l’euro, c’est l’inconséquence des gouvernements………. nationaux.

    L’Irlande, qui fait encore partie de l’UE, qui a encore l’euro, s’en sort remarquablement bien après leur crise (qui n’a pas été causée par l’UE ni par l’euro).

    L’UE (qui est trèèèès loin d’être parfaite je le concède) et l’euro ne sont jamais que des têtes de turcs qui permettent aux politiciens nationaux d’éviter de remettre en questions leurs politiques, leurs idées, leurs solutions.

    Mais allez-y, votez pour les partis qui souhaitent la sortie de l’UE, de l’euro, et nous verrons bien où cela nous mènera. Néanmoins je ne vous incite pas à le faire, parce que le plaisir de vous dire « vous voyez, les pro-européens avaient raison » sera contrebalancée par une situation tragique.

    L’UE est à réformer en profondeur, elle a beaucoup trop de prérogatives et souvent pas les bonnes (diplomatie, armée, douanes), mais soyons responsables, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.

    Enfin, ce n’est pas parce que quelques pro-eurpéens cèdent aux sirènes du populisme qu’il faut en conclure qu’ils ont raison. 😉

  • C’est noble de reconnaitre ses erreurs. Et c’est rare venant de journalistes.

  • Quelle complicité ?? On est nombreux a avoir été eurosceptique depuis le début … si il y a complicité, ce sont les autres !!!

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Par Daniel Hannan - Un article de CapX.

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