Les Québécois et l’argent

Un mythe à enterrer?

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Drapeau Québec (CC, abdallahh)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Les Québécois et l’argent

Publié le 31 août 2011
- A +

Le succès financier serait plus mal vu au Québec que dans le reste du Canada. Une différence qui intrigue David Descôteaux, qui la remet en cause et essaie de l’expliquer.

Par David Descôteaux, depuis Montréal, Québec

On nous le répète ad nauseam : les Québécois voient d’un mauvais œil le succès financier.

Chaque fois, j’imagine des Québécois un peu tarés, entassés dans une église un dimanche après-midi, se faisant enfirouaper par le curé du coin. « Argent = pas bon. Pauvreté = paradis ».

Nous sommes en 2011, bordel. Les Québécois ont changé. Ils suivent leur époque, et sont aujourd’hui comme la plupart des Nord-américains : plus individualistes, calculateurs et rationnels. Même les centrales syndicales — qui récoltent plus de 800 millions $ par année en cotisations — en veulent toujours plus! C’est tout dire.

Mais on nous le répète : au Québec, on perçoit négativement le succès financier. Aujourd’hui, c’est écrit dans le Bulletin de la prospérité du Québec, que vient de dévoiler le Conseil du patronat (CPQ). On y note entre autres que pour l’« intensité entrepreneuriale », le Québec traîne au dernier rang des provinces de références (Ontario, Alberta et Colombie-Britannique). On y trouve moins d’entreprises par habitant, et moins d’entrepreneurs par rapport à l’emploi total.

Sondage troublant

Ces données font écho à un sondage de la Fondation de l’entrepreneurship d’avril dernier, qui a fait couler beaucoup d’encre : deux fois moins de Québécois que de Canadiens affirment vouloir créer une nouvelle entreprise. On ne peut accuser la langue : les francophones du reste du Canada sont deux fois plus entrepreneurs qu’au Québec!

Selon ce sondage, que cite le Conseil du patronat, un important facteur explique cette réalité : eh oui, le succès financier perçu négativement… Avec chiffres à l’appui : 40 % au Québec, contre 28 % dans le reste du Canada.

Je lisais ça hier soir. Et j’avais beaucoup de misère à croire que 40 % de mes concitoyens considèrent négativement le succès financier. J’ai donc fouillé pour retrouver le document original de la Fondation, et le libellé des questions.

À la page 20 du sondage apparaît un tableau : « Les plus grandes forces et faiblesses reconnues aux entrepreneurs par la population ». Dans la section « faiblesses » se trouve le libellé « Trop orienté vers l’argent, succès financier à court terme à tout prix ». Les chiffres : 40,2 % (Québec), 28 % (Reste du Canada).

Wow. De là à conclure que « le succès financier est perçu négativement au Québec », il y a une marge. Tout ce que cela veut dire c’est qu’au Québec, quand un entrepreneur est obsédé par l’argent et le succès à court terme « à tout prix », on juge qu’il y a un problème. À ce titre, c’est plutôt le 28 % de nos amis du ROC qui me laisse songeur…

Rien pour freiner la création d’entreprises, donc. D’ailleurs le même document affirme que les Québécois, plus que les autres Canadiens, voient l’entrepreneuriat comme un bon choix de carrière (62,6 % contre 46,6 %).

Le mystère Québec

Il y a quelque chose, au Québec, qui nuit à l’entrepreneuriat. Mais difficile de mettre le doigt dessus. Il y a les taxes élevées sur la masse salariale. Et ce serait facile d’accuser la lourdeur administrative, les syndicats, la réglementation. Mais de la paperasse et des règlements, il en existe aussi ailleurs. Et on trouve rarement les syndicats dans les très petites entreprises. J’ai l’impression qu’on parle ici d’irritants — non négligeables, certes — plus que d’obstacles. Un frein à l’entrepreneuriat, oui, mais à quel point?

D’autre part, doit-on se surprendre que notre économie, où l’État occupe une place plus grande qu’ailleurs dans la production de biens et services, laisse moins de place aux entrepreneurs (qui pourraient produire ces mêmes biens et services)?

Je n’ai pas réponse à ces questions. Et j’aimerais bien entendre des entrepreneurs là-dessus. Mais je demeure convaincu que notre rapport à l’argent a très peu à y voir. Nous devrions enterrer ce mythe, une fois pour toutes.


Sur le web

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

L’expatriation est un phénomène de plus en plus courant dans un environnement mondialisé. Cette tendance est particulièrement présente chez les jeunes générations. Dans le cas de la France, ce sont plus de 2,5 millions de Français qui vivent à l’étranger.

Quelles sont les raisons de cette expatriation ? Où vont-ils ? Quels sont leurs profils ?

Si les profils des expatriés français sont variés, on constate que certaines tendances se dessinent.

Des expatriés français réputés pour le travail

Selon le site internations : « 56... Poursuivre la lecture

Le Canada traverse une importante crise de la représentation qui a culminé en février dernier durant la révolte des camionneurs. Si la confiance d’une partie de la population envers la classe politique est chancelante, sa confiance envers les médias traditionnels est en chute libre, la montée dudit « complotisme » étant la plus forte manifestation de cette récente rupture. Au Québec, 50 % des gens croient aujourd’hui que les journalistes cherchent délibérément à les tromper, selon un sondage de la firme Edelman, publié fin mars dernier.

<... Poursuivre la lecture

Si le vote des Français en France concentre logiquement toute l’attention, celui des Français à l’étranger donne des éléments sur la mentalité des expatriés, émigrés voire des binationaux. Un vote qui peut toutefois avoir une certaine importance.

Le vote des Français à l’étranger a représenté 500 000 votes sur 1,4 million d’inscrits (un taux de participation de 35 %). 45 % ont voté pour Macron et 22 % pour Mélenchon, Zemmour faisant 8 % et Le Pen ne représentant que 5 %.

Ces chiffres méritent d’être étudiés de plus près, car ils... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles