Noël avant l’heure : le bêtisier des politocards

Aubry a la pêche (Crédits : H16, licence Creative Commons)

Les récentes déclarations des politiciens sur la crise de la dette permettent de bien déceler les tocards.

Noël avant l’heure : le bêtisier des politocards

Les événements de taille planétaire sont généralement l’occasion pour les politiciens de révéler en eux l’étoffe des leaders, des grands hommes ou des penseurs majeurs. Ils sont aussi une occasion rare de déceler les tocards et les simplets. Avec la dégradation américaine et l’aggravation de la crise économique ces derniers jours, c’est un véritable festival de déclarations idiotes que la presse nous relaie.

Je n’évoquerai que très rapidement le cas pathétique d’un Nobel d’économie qui, définitivement enterré sous des kilomètres de gravats keynésiens, continue de serrer ses petits poings en trépignant à l’idée qu’on ne va plus pouvoir dépenser de l’argent qu’on n’a plus. Tout comme Rocard, Krugman nous aura prouvé que la vieillesse des socialauds est plus qu’un naufrage, c’est un hiver nucléaire, radiations létales comprises.

Aubry, elle a de la pwâgneEn revanche, on pourra s’attarder sur le cas Martine Aubry, celle-là même qui, dernièrement, proposait d’augmenter de plus de 30% le budget de la Culture. Elle nous gratifie d’une véritable leçon d’économie: pour elle, il faut que la BCE intervienne sur le marché… Ah oups j’oubliais : « massivement ». Oui, parce que la dernière intervention — rachat de bons irlandais et espagnols — qui n’était pourtant pas rikiki, était trop petite et n’a déclenché qu’une dégringolade des bourses mondiales. En intervenant « massivement », on peut donc s’attendre à une réponse « massive » des marchés. Et cette aimable pyromane veut donc devenir présidente. Votez pour elle : vous assisterez à des spectacles pyrotechniques de haute volée et on peut prédire la joie « massive » du peuple à compter les belles rouges.

Et à propos de belles rouges, on pourra aller jeter un œil effaré sur le blog de Méluche, qui propose… exactement la même chose (le rachat massif et systématique par la BCE des dettes des États). Oui, le socialisme, qu’il soit en tutu rose ou en salopette rouge, ça reste du bon gros socialisme, du qui n’a rien compris à l’économie, du qui s’entête à ignorer les causes alors qu’il obtient toujours les mêmes effets…

Arnaud Montebourg, le gentleman farmer du Parti Socialiste, a perdu plusieurs bouclettes de sa riche toison en apprenant la nouvelle note des États-Unis. Pour lui, une seule soluce qui vaille : démanteler les agences de notations. Plus de notations, plus de problèmes. Fastoche. Et puis, plus de notes, c’est plus de mauvais carnets à ramener devant les parents, et la certitude de beaux joujoux à Noël.

Collection Montebourg - bannière

Au passage, comme d’autres, il nous explique désirer ardemment la gratuité des bonbons les mercredis puisqu’il nous propose, sans douter le moins du monde, le rachat par la BCE des dettes émises (oh, mais, on dirait que c’est ce qu’elle fait déjà), leur mutualisation (parce qu’une grande soupière de merde, c’est plus facile à avaler que cent petits shots de chiasse, sans doute ?) et, évidemment, la création d’une agence bidule truc, puisque la création de comités, d’agences, d’institutions et de fonds internationaux nous ont toujours prémunis contre les crises et les caries dentaires. Yeah.

Arnaud, il est vraiment fortiche.

Royal, elle, fustige le manque de courage. Elle, qui n’est pas aux manettes suite à ses cuisantes défaites, en a deux caisses pleines, encore sous blister, état neuf, jamais servi cause pas d’emploi.

Ce courage, pour elle, se traduit par la mise en place de règles qui existent déjà et ne servent déjà à rien, et, bien sûr, une bonne grosse taxe sur les mouvements financiers, dont on ne voit pas, même de loin, le rapport avec la crise ou sa solution. Le pompon est sa proposition d’interdire la spéculation sur les dettes des États, qui permettra de ne pas coter le risque d’un État à faire défaut. Au moins, lorsque ce dernier se retrouve en cessation de paiement, du jour au lendemain, c’est une vraie surprise. Là encore, c’est Noël avant l’heure.

De son côté, Dominique de Villepin, Président de la République solidaire, un micro-parti de socialistes d’extrême-centre ultra-néo-gaullistes, envisage un petit bonneteau rigolo. Dans le petit godet, ici, tu mets la dette de tout le monde, et dans l’autre, là, tu mets un Grand Emprunt National (v2.0) et là tu déplaces les deux godets, tu en ajoutes un troisième, zip, zoup, la main est plus rapide que l’œil, zip, zoup, et pouf, tu soulèves les godets et là : fini les dettes. Disparues. Si Arnaud avait vu les manips de Dominique, il aurait encore perdu quelques bouclettes supplémentaires.

Il est vraiment fortiche, Dominique.

Mais rassurez-vous : malgré les petites bourrasques économiques, le ministre grec des Finances, Evangélos Vénizélos, se dit certain du versement de la sixième tranche de 8 milliards d’euros du prêt UE-FMI prévue pour septembre. Parce que même quand il n’y a plus d’euros, il y en a encore. C’est toujours Noël avant l’heure.

Parallèlement à ces déclarations, on apprend par un sondage IFOP un peu bidon mais rigolo que les Français sont un tantinet sceptiques sur la capacité de leurs dirigeants à réduire les déficits et nous sortir de ce merdier d’ampleur biblique. Quand je dis un tantinet, je n’exagère pas puisque seulement 52% hésitent à leur faire confiance.

Lorsqu’on lit leurs déclarations ci-dessus, lorsqu’on se rappelle leurs généreux historiques de succès flamboyants et lorsqu’on factorise leurs capacités avérées de leadership, on se demande pourquoi ce taux est à 52% et pas à 98%.

Pour finir, je ne peux que vous encourager à lire l’article de Loic Abadie sur les ratings qu’il faudrait, selon les propres définitions de S&P, appliquer maintenant aux USA et à la France (respectivement CCC et B-).

Bref : nul ne peut savoir de quoi demain sera fait, mais il n’y a pas besoin d’être un grand clerc pour comprendre qu’il va y avoir du vent dans les branchages, et que tout ce ramassis de clowns à roulettes, tous responsables au premier chef, n’y pourra rien changer.
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