Interview de Vincent Bénard

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Vincent Bénard revient sur la validité des grands mythes qui alimentent les courants antilibéraux

Liberté Chérie a eu le plaisir d’interviewer Vincent Bénard, ingénieur français, président de l’Institut Hayek et éminent conférencier libéral. Spécialiste des questions liées à l’aménagement du territoire et possédant une vision claire et logique de l’économie actuelle, il nous a fait l’honneur d’être le premier invité des interviews de Liberté Chérie. Nous avons voulu examiner avec lui la validité des grands mythes qui alimentent les courants antilibéraux. Nous vous recommandons la lecture de son blog Objectif Liberté.

Interview de Youness El Mouhafidi
Un article de Liberté Chérie Belgique de 2009

Youness El Mouhafidi : Tout d’abord, au cœur de l’actualité, on entend partout parler de cette fameuse crise du libéralisme ; malgré tout vous continuez à le défendre, pour quelle raison ?

Vincent Bénard : Parce que la crise n’est pas une crise des marchés libéraux. C’est une terrible « erreur » de diagnostic. C’est une crise liée à la volonté des politiques d’intervenir sur les marchés pour y imposer leurs agendas politiques. Et ce faisant, ils ont brisé les mécanismes auto-correcteurs qui en temps normal protègent les marchés des risques systémiques que nous vivons.

YEM : À quels mécanismes auto-correcteurs du marché faites-vous allusion ?

VB : À la base, aux mécanismes de l’offre et de la demande, au droit de la responsabilité individuelle, et  aux mécanismes de compensation de la prise de risque par un coût d’accès au crédit plus élevé.

Par exemple, en donnant sa garantie et quantité d’avantages fiscaux à deux entreprises sous sa tutelle qui pratiquaient un modèle bien particulier de refinancement du crédit (Ndlr : Fannie Mae et Freddie Mac), l’État américain a empêché des banques pratiquant un autre modèle intrinsèquement plus solide de s’imposer. En accordant sa garantie, l’État a empêché que la prise de risque excessive de ces deux entreprises en regard de leurs fonds propres ne soit sanctionnée par le marché sous la forme de taux d’emprunts plus élevés pour ces deux entreprises.

En outre, en forçant les banques à prêter à des ménages que des banques libres de leurs choix auraient considéré comme insolvables et aiguillé vers la location, les lois bancaires US les ont conduit à devoir trouver des moyens de s’affranchir de la traditionnelle prudence qui sied à l’activité bancaire.

Autre exemple : en imposant un droit du sol très contraignant et en violation complète du droit de propriété, la douzaine d’États sur 50 où s’est localisée la bulle immobilière a empêché qu’un nombre suffisant de logements ne soient construits pour répondre à la demande artificiellement boostée par le crédit facile. Dans les États où le droit du sol était plus respectueux des droits des propriétaires fonciers, malgré une demande de logement plus forte encore, il n’y a pas eu de bulle, et par voie de conséquence nettement moins de défaillances d’emprunteurs. Les surcoûts liés aux réglementations du sol ont conduit à surexposer le secteur financier américain de 4.000 milliards de dollars sur les crédits immobiliers, sur un encours de 12.000 ! Sans ces lois empêchant les propriétaires fonciers de convertir leur sol en logements, la bulle qui aurait explosé aurait été bien moins développée…

Encore un autre : les réglementations Bâle I et Bâle II ont uniformisé les modèles de gestion bancaire, ne permettant pas aux marchés de récompenser les modèles de gestion bancaire les plus sains ou de sanctionner les autres…

Et l’on pourrait continuer ainsi sur plusieurs pages (*)…

YEM : Pourquoi selon vous est-ce le libéralisme et le capitalisme qui sont pointés du doigt plutôt que l’État ?

VB : Certains de ceux qui le font sont ignorants, d’autres de mauvaise foi. Nous assistons depuis plusieurs décennies à une intrusion massive et insidieuse des États dans les marchés, dans les économies. Il n’y a pas un État majeur qui n’ait vu son poids dans son économie croître depuis les années 60, même si quelques dirigeants ont tenté d’inverser la tendance. Lorsque le socialisme échouait directement, on pouvait lui imputer ses échecs. Aujourd’hui, la situation est plus insidieuse : les politiciens qui ont totalement brisé les mécanismes auto-correcteurs des marchés imputent la crise à une défaillance des marchés, et en appellent à plus d’État pour corriger les soi-disant « market failures », défaillances de marché.

C’est une terrible méprise, qu’elle soit involontaire ou de mauvaise foi.

YEM : En tant que libéral, cautionnez-vous les mesures de renflouement des banques et industries prises récemment par les partis de droite en France et en Belgique ?

VB : Non. Certes, les États, qui se sont bien imprudemment portés garants des comptes des déposants, ne peuvent pas laisser sans réagir les banques tomber, au risque de voir les épargnants descendre dans la rue et se laisser mener par quelque extrémisme. Mais il y avait d’autres moyens d’intervenir sans mettre sous pression le contribuable.

Notamment, il serait préférable de forcer des accords d’échange « dette contre capital », qui permettraient à la trésorerie des établissements financiers de respirer, tout en améliorant les ratios fonds propres sur dette des banques, et obligeraient les créanciers qui ont mal prêté leur argent à porter une partie du poids de la faillite actuelle.

Par la suite, il conviendra de se demander comment passer d’une société où on encourage aussi bien le prêt que l’emprunt au détriment de la formation de capital, à des modes de développement des entreprises, notamment des entreprises financières, moins léveragés, donc plus sains.

Entre autres, notre fiscalité actuelle des entreprises, en France, et dans la plupart des pays du monde, pousse à l’imprudence, en permettant de déduire la rémunération du créancier des bases taxables, mais pas celle de l’actionnaire. Il faudrait réintégrer les intérêts versés dans la base taxable tout en abaissant très fortement les taux d’imposition des sociétés, ce qui permettrait à celles qui choisiraient de bâtir leur croissance sur l’accumulation de capital de ne pas être pénalisées fiscalement par rapport à celles qui choisissent de se surléverager (**).

YEM : Pourtant les politiciens ont inquiété la population en affirmant que le risque de voir une grosse partie de notre système s’effondrer par la perte d’une seule banque était réel.

VB : Ils n’ont pas totalement tort. Certaines banques ont des totaux de bilan plus élevés que le PIB de leur pays d’origine ! Une faillite d’une banque importante, comme peut l’être une grande banque française, serait absolument désastreuse.

Cependant, les interventions de l’État, d’une part, ne contribuent pas au désendettement des banques, même si l’on nous fait croire que l’injection de dette subordonnée est équivalente à l’injection de capital, d’autre part, toutes les garanties données par l’État à tout et n’importe quoi transfèrent le risque de cessation de paiement à l’État. Car les États n’ont pas l’argent qu’ils injectent dans les banques : ils l’empruntent. Or, que se passera-t-il si, une tranche d’emprunts arrivant à échéance, et un déficit important étant à financer, un gros État ne parvient pas à lever suffisamment de fonds pour faire face à ses dépenses ? Soit les taux que l’État devra verser augmenteront dans des proportions déraisonnables, soit, au pire, l’État devra se déclarer en cessation de paiement… Cela aurait des conséquences bien plus calamiteuses que la faillite d’une banque.

YEM : Les États semblent s’opposer de plus en plus au libéralisme économique. On voit aujourd’hui les États monter à l’assaut des paradis fiscaux, de la détaxation de certaines marchandises, ou de la dérégulation de certains marchés. En Belgique, les opposants à ces mouvements de libéralisation utilisent comme argument  la libéralisation du marché du pain et de l’énergie qui auraient fait flamber les prix. À tort ou à raison ? Qu’en pensez-vous?

VB : Les contrôles de prix ont toujours pour conséquence d’amener une pénurie du bien ou du service sous contrôle. Dans ce domaine, la France a eu des expériences cuisantes, notamment en matière de logement, ou les contrôles de loyer quasi permanents entretiennent une pénurie qui pénalise d’abord les revenus les plus faibles.

L’État a un rôle à jouer pour permettre le bon fonctionnement d’un marché libre, à savoir s’assurer qu’en dernier ressort, les malhonnêtes, les voleurs, les escrocs, les menteurs, seront découverts et contraints de réparer leurs préjudices. De ce point de vue-là, je ne partage pas l’avis de ceux qui croient possible une régulation judiciaire 100% privée des conflits. Mais au-delà de cela, et de la fourniture d’une sorte de filet social de subsistance permettant aux plus malchanceux de se maintenir à flots dans les mauvaises périodes, je ne vois pas quelle valeur ajoutée l’État peut apporter…

Je ne connais pas le problème du prix du pain en Belgique, mais en France, Raymond Barre a eu le courage d’abolir tout contrôle des prix en 1976, alors que l’inflation moyenne était supérieure à 10% : le contrôle des prix ne peut rien quand la quantité de monnaie galope plus vite que les biens qui s’échangent avec cette monnaie !

Les prix ne sont pas revenus à une inflation nulle du jour au lendemain, mais cela a permis, toutefois, à l’offre de se diversifier, à des nouveaux produits de trouver des débouchés, et paradoxalement, à permettre à des acteurs « low cost » de se distinguer, puisqu’il n’y avait plus de « norme » implicite fixée par le prix d’État.

Rappelons que la hausse des prix est essentiellement un phénomène monétaire. Les prix des choses exprimés en temps de travail nécessaire pour les obtenir baissent. Mais notre système monétaire est conçu de façon à ce que la quantité de monnaie mise sur le marché pour liquéfier nos transactions augmente un peu plus vite que les échanges : les prix affichés tendent à monter. Cela n’empêche pas notre niveau de vie, en tendance longue, de monter, même si la crise présente va temporairement casser ce mouvement haussier.

YEM : Vous dites : « au delà de la fourniture d’une sorte de filet social de subsistance permettant aux plus malchanceux de se maintenir à flots dans les mauvaises périodes, je ne vois pas quelle valeur ajoutée l’État peut apporter. » Par « filet social », entendez-vous une forme de sécurité sociale allégée ? Une sorte de Salaire De Vie ?

VB : Peu importe la forme, il y a sûrement plusieurs formes possibles : salaire de vie, comme vous dites, ou encore « vouchers » dégressifs en fonction des revenus pour certains services de base comme le logement ou l’assurance santé…

Ou encore le chèque éducation – correspondant grosso modo au budget de l’éducation divisé par le nombre d’enfants scolarisés –, pour arrêter de reconduire automatiquement le financement de mauvaises écoles, permettre aux parents de choisir des écoles selon leur jugement, et donc de donner aux enfants issus des milieux les moins aisés de réelles chances de progression sociale par l’éducation. Toutes les réformes de l’éducation qui ont réussi obéissent à un principe : « Money must follow students ».

Les systèmes sociaux actuels ont pas mal de défauts : ils sont rarement dégressifs en fonction du revenu, et donc induisent de terribles effets de seuil, ils contribuent à financer des bureaucraties plutôt que les populations cibles de l’aide sociale, et tendent à désinciter au travail. Les « revenus de vie » dégressifs ou les « vouchers » calculés en fonction décroissante des revenus du travail, dans une offre de services 100% privée, apporteraient de bien meilleures réponses aux problèmes sociaux de notre temps.

YEM : Certains affirment que libéralisme et écologie sont antinomiques.  Qu’est-ce qu’un libéral peut y répondre ?

VB : Que Karl Marx lui-même constatait que les capitalistes étaient obsédés par l’amélioration constante de l’utilisation de leurs ressources. Plus une ressource finie se raréfie, plus son prix augmente, plus les producteurs tendent à essayer de l’économiser

Le respect de l’environnement, pour être garanti, s’appuie sur trois piliers : la connaissance, sans laquelle l’on ne peut diagnostiquer les dangers, la liberté, qui permet aux groupes de défense de l’environnement de faire entendre leur point de vue, et le droit de propriété, qui permet de faire payer les dommages à la propriété d’autrui aux fauteurs de pollution. Liberté et Droit de propriété sont deux constituants majeurs d’un droit libéral !  Toutefois, concernant les biens sur lesquels il est difficile ou impossible de définir des droits de propriété, comme l’air que nous respirons, des interventions étatiques de type législatif sont nécessaires.

J’ajouterai que les plus grands drames écologiques vécus par la planète ont toujours été le fait de sociétés autoritaires : Tchernobyl, l’assèchement de la mer d’Aral, etc.  Cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas des individus capables de sacrifier l’environnement à l’appât du gain dans nos sociétés, mais leurs exactions sont mieux combattues, et donc mieux dissuadées, dans une société libérale.

YEM : Bref, il semble que le système libéral soit imaginatif en termes de réponses aux problèmes sociaux et sociétaux et qu’il propose de nombreuses alternatives que le système actuel ne trouve pas.

Mis à part cela, qu’est-ce que les gens ont à gagner avec le libéralisme alors que le socialisme offre une sécurité sociale, des subventions pour les organismes qu’il juge utile et qu’il gère notre société pour aller dans le meilleur des sens – selon nos politiciens ?

VB : Dans une société libérale, ces services sociaux continuent d’exister, mais sous forme concurrentielle, et donc sont incités à être performants. De même l’individu est libre de financer les associations qu’il juge efficaces, et non celles qui savent plaire aux bureaucrates. De fait, l’argent tend à être dépensé plus intelligemment, pour répondre aux vrais besoins des individus, ceux pour lesquels ils sont prêts à payer volontairement. Mais dès que l’État décide d’affecter l’argent à votre place, vous pouvez être certain qu’il favorisera non pas vos intérêts, mais ceux des groupes les plus organisés, au détriment des autres. Si vous faites partie de ces groupes, ce peut être un jeu gagnant, mais pour l’immense majorité de la société, cela se paie au final par moins de richesse et, paradoxalement, une redistribution plus inégalitaire aux franges de la société, par la forme d’un chômage plus élevé, ou de la moindre accessibilité de services essentiels comme le logement.

YEM : Le libéralisme n’oblige-t-il pas les gens à se faire exploiter par le marché ? La redistribution des revenus n’est elle pas injuste dans une société libérale ?

VB : Ah, la vieille antienne de l’exploitation… Sur un marché, la plupart des accords conclus le sont librement, et ceux qui sont passés sous conditions coercitives sont susceptibles d’entrainer des suites judiciaires.

Ceci dit, les adversaires du libéralisme affirment que le rapport de force est tellement défavorable au salarié que les accords signés (que ce soient des contrats de travail ou des achats, d’ailleurs) sont outrageusement biaisés en faveur des offreurs. Mais c’est oublier qu’en période de forte croissance économique, le rapport de force change de camp et permet aux salariés d’obtenir de meilleures rémunérations. En outre, le fait que certains puissent s’enrichir s’ils créent une entreprise performante signifie que sont récompensés ceux qui apportent un vrai service à de nombreux clients, de façon productive. Et en mettant en œuvre un appareil de production efficient, les salaires tendent à s’élever.

Comment expliquer, sinon, le niveau très élevé des salaires en Suisse, pays où traditionnellement, la pression fiscale marginale est faible, et où les entrepreneurs qui s’enrichissent ne sont pas montré du doigt comme de « sales exploiteurs », mais comme des gens dont l’apport à la communauté est extrêmement appréciable ?

YEM : Comment expliquez-vous qu’un patron gagne plus d’argent qu’un ouvrier en prestant les mêmes heures si ce n’est en lui volant une partie de son salaire?

VB : La valeur du travail ne dépend pas du nombre d’heures effectuées, mais de la valeur ajoutée (ou retranchée) qu’un travail bien fait ou mal fait peut avoir, et de la rareté ou de l’abondance de certains savoir-faire sur le marché. N’en déplaise à certains, diriger une entreprise de plusieurs milliers de salariés est très difficile, ceux qui peuvent faire ce métier efficacement sont assez rares, et leurs décisions peuvent rapporter ou coûter des dizaines de millions, ou de milliards, à leurs entreprises. Un mauvais patron, même peu payé, coûte beaucoup plus cher à une entreprise qu’un bon patron très bien payé.

Cela dit, il est exact que nous avons vu bien des patrons de grands établissements financiers se payer très bien et perdre énormément d’argent. Mais là encore, à bien y regarder, l’État, et l’État américain en particulier, en permettant à de très grands acteurs de la finance de se surléverager sans considération pour le risque réellement pris, a permis à des patrons prédateurs de plus facilement arbitrer entre gros bonus récompensant la prise de risque, et négligence vis-à-vis des risques de pertes. Ces dirigeants ont arbitré leurs bonus à courts terme contre leurs actionnaires et leurs salariés.

Le remède n’est pas dans plus d’interventions de l’État mais au contraire dans des interventions plus ciblées sur le niveau « régalien », c’est-à-dire sur la transparence des opérations financières, et une meilleure prise en compte judiciaire des petits actionnaires, en rendant illégales certaines manœuvres qui permettent à des pools de gros dirigeants non actionnaires de leurs boîtes de se liguer contre leurs actionnaires. Par contre, à ceux-ci de faire leur boulot ensuite. S’ils ne font pas l’effort de peser aux assemblées générales, de suivre leur management, qu’ils ne viennent pas se plaindre après !

À ce titre, des fonds d’investissement détenus par des actionnaires professionnels comme Albert Frère jouent un rôle tout à fait bénéfique dans le management des entreprises. Il a sans doute manqué de tels actionnaires sérieux de référence dans les conseils d’administration des grandes banques de Wall street et d’ailleurs.

YEM : Un gouvernement libéral dans un État libéral est-il réellement envisageable aujourd’hui alors que l’adjectif social se mêle à tout et que les médias traitent les libéraux de « populistes » ou « d’opportunistes » ?

VB : La tâche des libéraux n’est pas facile. Mais nous devons prouver qu’en termes de résultats obtenus, le libéralisme se révèle plus « social » que le socialisme ! Paradoxal, mais jouable, oui. Simplement, nous devons faire attention à ne pas rééditer certaines erreurs récentes: louer la croissance oui, mais attention aux croissances financées à crédit. L’Islande hier, et sans doute l’Estonie aujourd’hui, sont en train de payer très cher cette soif de croissance fondée sur des effets de levier excessifs. Nous devons revenir aux fondamentaux de l’école libérale autrichienne : pas de croissance durable sans saine accumulation de capital, pas de progrès social durable acheté à crédit.

YEM : Merci beaucoup pour ces opinions ô combien rares par les temps qui courent.

VB : Merci à vous, et bon courage pour la suite!

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Notes

(*) Tous ces points sont développés aussi bien sur le site de l’institut Hayek que sur objectif liberté, le blog de l’auteur.

(**) Nb. La loi fiscale Belge a tenté de résoudre ce problème par une législation adaptée, mais complexe, votée récemment. L’on manque de recul pour en analyser les résultats.
http://www.droit-fiscalite-belge.com/article1240.html